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13 juillet 2017

🇫🇷 Un an après, plus (...)
🇫🇷 Un an après, plus que jamais le devoir de vivre et de ne rien oublier 🇫🇷
Jean-Michel Chevalier
Les Petites Affiches

Parce qu’elles sont gravĂ©es au plus profond de nos cĹ“urs, il est des blessures qui ne cicatriseront jamais : la dĂ©portation vers les camps de la mort, la poignĂ©e de main de Montoire, le Vel d’Hiv, beaucoup d’autres dans notre histoire contemporaine… Ce sont des dates devenues symboliques, des rendez-vous aussi noirs que les Ă©vĂ©nements qu’ils rappellent avec rĂ©gularitĂ© chaque annĂ©e, avec la cruautĂ© des supplices chinois.
Jusqu’à l’an dernier, le 14 juillet, c’était la prise de la Bastille, la liberté conquise, une communion nationale, une promesse de vivre ensemble des jours meilleurs. C’était la fête, le maillot jaune du Tour de France, le goût de la barbe à papa. C’était la lumière de l’été, la joie des enfants épatés par les fusées des feux d’artifice. Les virées entre copains, les bals "popu" des villages, les chipolatas des barbecues copieusement arrosées au rosé jusqu’au bout de la nuit.
C’Ă©tait une autre Ă©poque.
Cette date, ce symbole a Ă©tĂ© tachĂ© de façon indĂ©lĂ©bile par le sang des 86 victimes et des 450 blessĂ©s de la Promenade. Derrière ces chiffres monstrueux se trouvent des enfants, des femmes, des familles entières, des Niçois et des vacanciers Ă©trangers, Ă  qui la vie a Ă©tĂ© enlevĂ©e de façon injuste, abominable. Ils sont nos pères, nos mères, nos bĂ©bĂ©s, nos cousins, nos amis, nos voisins, nos frères, quelles que soient leurs convictions politiques, leurs croyances. Ils Ă©taient lĂ  pour profiter d’une soirĂ©e qui aurait dĂ» ĂŞtre belle et insouciante.
Il y avait un avant 14 juillet. Il y a maintenant l’après 14 juillet, les lendemains de peine de ce cauchemar inimaginable, révoltant, qui nous oblige à la mémoire, par égard à nos anges envolés, dont la seule "faute" fut de se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment. Destins brisés.
C’est maintenant le temps de l’hommage. Le prĂ©sident de la RĂ©publique est venu Ă  Nice. Il y a rencontrĂ© les familles, ceux qui ont apportĂ© les secours. Avec un courage inouĂŻ, des anonymes ont rĂ©agi de façon humaine et fraternelle, exactement ce que ne peuvent comprendre ceux qui tuent de façon aveugle.
Aujourd’hui, un an après, des enfants se baignent dans le bleu de la mer, dĂ©vorent des glaces. Des orchestres jouent aux terrasses. Les filles sont bronzĂ©es et lĂ©gèrement vĂŞtues.
La vie a repris son cours en apparence frivole comme une fĂŞte d’Ă©tĂ©.
Vivre, c’est ce que voulaient les victimes, tout simplement. C’est ce que nous leur devons aujourd’hui.

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