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25 novembre 2016

Médical : le combat (...)
Médical : le combat de Corinne Treger pour lancer un vaccin contre le sida
Pierre BROUARD
Les Petites Affiches

La start-up Biosantech fait beaucoup parler d’elle dans le monde de la recherche médicale. Basée à Sophia-Antipolis, cette société atypique travaille sur un candidat vaccin thérapeutique contre le sida.

Dans le but d’obtenir une autorisation temporaire d’utilisation qui permettra une vaccination à l’hôpital, la Tat Oyi, principe actif du vaccin, a été découverte par le docteur Erwann Loret, chercheur au CNRS à Marseille. Essuyant des critiques d’une partie de la communauté médicale, le chercheur est soutenu et financé par Biosantech SA et son PDG, Corinne Treger.
Après des études de médecine puis de kiné, cette native de Marseille a créé une gamme de cosmétiques avant d’épouser, en 1991, Roger Treger, patron d’Interchemical, grande société privée pharmaceutique, et de Biosantech, qui devait décéder en 2012. "J’ai travaillé dix ans avec mon mari, j’ai appris avec lui en écoutant" raconte cette femme dynamique.

"Aller jusqu’au bout"

Corinne Treger prend alors les rênes de Biosantech. "Je n’avais aucune vocation à diriger une entreprise. Biosantech est une société qui n’a pas de salarié, mais des prestataires de services pour la validation de sa recherche. Il y a plusieurs années, j’ai eu l’idée de soutenir le docteur Loret. Il avait testé un vaccin contre le sida sur des macaques et avait réussi à guérir l’un d’eux. Sa publication est restée ignorée par la communauté scientifique, malgré des résultats parus dans des revues scientifiques. Le docteur Loret ne fait pas partie de leurs chapelles. Il a été mis de côté et ils ont fait en sorte que le projet ne sorte jamais. Nous avons cherché des financements pendant deux ans et nous avons sauvé Erwann qui était en pleine déconfiture".
Ayant obtenu une autorisation de l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé), le candidat vaccin du docteur Loret a réussi les deux premières phases de l’essai clinique sur des malades - la phase 1 (tolérance du produit sur les malades) et la phase 2a (trouver une dose efficace).

"Nous allons attendre la réponse de l’ANSM pour démarrer la phase 2b d’ici la fin de l’année. Je pense que fin 2017, début 2018, la phase 3 consistera en des doses de vaccin sous ATU (Autorisation Temporaire d’Utilisation) pour les hôpitaux uniquement", espère Corinne Treger qui croit fermement à son projet : "Je ne lâche pas, c’est une question de principe. Parfois, c’est très lourd, mais je me dois d’aller au bout pour les malades dont je reçois les mails d’appel à l’aide et qui attendent beaucoup de ce projet".

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