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12 mars 2015

Coup pouce jeunes pousses
Coup pouce jeunes pousses #4 : BIOMANDA
Valérie Noriega
Les Petites Affiches

Nos interviews « Coup de Pouce Jeunes Pousses » permettent de valoriser le travail de jeunes entreprises et de leur donner un coup de pouce en terme de visibilité. Rencontre cette semaine avec Julien Gardès, créateur de l’entreprise BIOMANDA spécialisée en bioinformatique.

PRESENTATION DE LA START UP BIOMANDA

Julien Gardès : Biomanda est une société de prestation de services en bioinformatique spécialisée dans l’expertise de l’ADN et les thématiques de détection et de biodiversité.

Nous conseillons sur le choix de la méthodologie, nous modélisons l’expérience pour en valider sa faisabilité avant le passage en phase de laboratoire et nous analysons et interprétons les résultats obtenus. Notre double compétence en biologie et en bioinformatique nous assure une parfaite compréhension des enjeux et l’établissement de la stratégie scientifique la mieux adaptée à la situation.
Si nos clients n’ont pas les moyens en interne d’avoir accès à certaines technologies de biologie moléculaire, nous pouvons leur faire profiter de notre réseau de laboratoires partenaires.
Notre indépendance vis à vis des technologies de biologie moléculaire assure une impartialité dans nos choix. Nous offrons également des solutions de recherche bibliographique automatisées pour améliorer les résultats de la veille technologie et limiter le temps nécessaire.

RETOUR SUR LA PHASE DE CRÉATION

Aviez-vous une expérience professionnelle avant de vous lancer dans l’aventure de l’entreprenariat avec Biomanda ?

Oui, j’ai travaillé pendant 1 ans et demi comme manager de la bioinformatique et du génotypage au sein du Ceeram, une entreprise spécialisée dans la détection des virus. J’ai également participé à des projets de recherche fondamentale au sein de laboratoires publics :
-  L’impact de la pression sur les micro-organismes afin de comprendre la vie dans les fosses océaniques ;
-  L’évolution de la méiose (étape dans la reproduction des eucaryotes) ;
-  LUCA, la forme de vie à l’origine des espèces vivantes actuellement ;
-  L’analyse des systèmes de détection des pathogènes pour des applications biodéfenses.

Etiez-vous seul au démarrage de ce projet ou associé avec d’autres personnes ?

J’ai démarré le projet seul, puis je me suis entouré de conseillers en stratégie économique et scientifique pour assurer une viabilité à la société. Le Pr. Richard Christen de la faculté de Nice Sophia Antipolis participe aujourd’hui au Conseil scientifique de la société et M. Martel, PDG de la société Sterlab, m’accompagne dans mes choix stratégiques.

Dès 2013 la Société a été incubée par l’INCUBATEUR PACA EST
Pouvez-vous avec le recul identifier la phase de l’accompagnement qui a été essentielle pour vous et sans laquelle vous n’auriez pas réussi ?

Ma formation ne me permettait pas de prétendre au management d’une entreprise. J’ai donc dû me former pour acquérir les notions nécessaires au chef d’entreprise.
L’incubateur a su me donner les formations pour palier à ce manque.
André Labat et Marie Fauré-Lambert ont su également me challenger sur mon modèle économique afin que je prenne conscience de ses atouts et de ses menaces. L’incubateur m’a permis de fortifier mon business plan et de vulgariser mon discours.

Votre secteur d’activité est très pointu : comment séduit-on des investisseurs en présentant un projet aussi technique ? Vous a-t-il été nécessaire de « vulgariser » vos présentations pour y parvenir ?

Pour l’instant, je n’ai pas eu besoin de recourir à des investisseurs, car les investissements en bioinformatique sont relativement limités.

Votre activité suppose de déposer des brevets ; de travailler avec des équipements informatiques spécifiques d’analyse, de traitements des échantillons etc. tout ceci représentant un engagement financier important : Est-ce que les banques vous ont suivi facilement ?

Nous avons obtenu un prêt d’honneur via le réseau entreprendre ainsi qu’une avance remboursable via l’Incubateur PACA Est qui couvre nos besoins.

Avez-vous déjà fait à appel du crowdfunding ? Ou pourriez vous y faire appel pour une étape prochaine ?

Non, bien qu’il devienne de plus à plus à la mode. Personnellement, ce type de financement me dérange car il s’agit en réalité d’une demande de dons. Une entreprise a vocation à produire de la richesse et en faire profiter ses investisseurs. Le don doit à mon sens rester dans le cadre de projet à but non lucratif ou amateur. En outre, les plateformes de crowdfunding tirent leurs bénéfices d’actes de dons et vont à l’encontre de mes convictions personnelles.

Dans votre domaine la maîtrise de la langue anglaise semble incontournable : avez-vous reçu un appui aussi pour faire face à cette problématique ?

J’ai reçu une formation à la langue anglaise lors de mes études à l’Ecole Normale Supérieure de Lyon. Cette école propose une mise à niveau personnalisée via des groupes de travail et des mises en situation (dont du théâtre), et dispense une partie de ces cours de biologie en anglais.

Avez-vous souffert d’un manque d’accompagnement précis inhérent à votre secteur d’activité ?

Non. L’incubateur PACA EST et le Réseau entreprendre me fournissent un accompagnement qui répond à mes besoins.
Walter Gervason du cabinet BBGR a également été très présent dans les phases de choix juridiques pour le développement de la société.
Team Côte d’Azur et les pôles de compétitivité Eurobiomed et Pôle Eau m’ont permis d’améliorer rapidement le réseau de notre entreprise.

Vous êtes basé à Sophia Antipolis : cette implantation au sein d’un pôle de compétitivité était-elle nécessaire ? Votre activité suppose-t-elle une collaboration et une transversalité innovante ?

Lors de la phase de création, j’ai voulu domicilier mon entreprise dans la ville de Saint Raphaël où j’habite. Cependant il m’a été impossible de trouver un local adapté. Je me suis donc tourné vers la zone d’activité la plus proche : Sophia Antipolis. En outre, Sophia Antipolis dispose d’une très belle image d’innovation. Pour l’instant, mon entreprise ne nécessite pas de collaborations en particulier, même si je dispose d’un lien fort avec mon ancien laboratoire de recherche et la Faculté de Nice Sophia Antipolis.

Est-ce que la phase d’accompagnement est terminée pour Biomanda ?

Non !

Quel a été votre frein le plus compliqué à gérer pour débuter la création et auquel vous n’aviez pas pensé ?

J’ai été choqué de perdre plus de 2 mois dans les formalités administratives requises par l’Etat, sans parler du coût des déclarations (taxes, parution dans le journal officiel, etc.). En outre, le Tribunal de Commerce a effectué des erreurs dans mon dossier et j’ai dû justifier de leur incompétence. Notre système est un reliquat du XIXème siècle, entretenu par une classe politique vieillissante culturellement. Ne nous étonnons pas de la situation actuelle de l’entreprenariat dans notre République…
J’ai un ami qui a monté récemment une entreprise à Singapour. Il ne lui en a couté que 200$ et 1 semaine.

Quel est le meilleur conseil que l’on vous ait donné ?

Elle vient de mon mentor dans le domaine des affaires, Paul Martel, PDG de la société Sterlab, que je remercie pour son soutien de tous les jours.
«  Il faut toujours être à l’écoute de son marché, car la fonction première d’une entreprise est de répondre aux besoins implicites ou explicites de ses clients. Un produit ou un service n’est qu’un moyen pour atteindre cet objectif.  »

LA SOCIÉTÉ AUJOURD’HUI - OBJECTIFS

Quel est votre modèle économique ?

Nous proposons des services et des solutions B2B personnalisées en bioinformatique et en biologie moléculaire, de la formation et des conseils dans la stratégie scientifique.

Votre marché est-il plutôt national, européen ou international ?

Nous visons un marché international.

Qui sont vos concurrents et comment faites-vous la différence ?

Le marché est encore peu concurrentiel. Aujourd’hui, la valeur ajoutée en biologie n’est pas dans la production de la donnée mais dans sa valorisation et son interprétation. Nous avons décidé de nous différencier en proposant des solutions intelligentes et personnalisées dans la résolution de problèmes biologiques.

Votre département Recherche & Développement est-il la clé de la pérennité de votre activité ?

En bioinformatique, la R&D est obligatoire pour se maintenir à la page de l’innovation et rester en avance dans certains domaines. Ce processus est donc un axe central de la stratégie de notre entreprise.

Vous avez obtenu la reconnaissance de l’Etat « d’Organisme de recherche agréé CRI (crédit d’impôt recherche) pour 2014/2016 : vous sentez vous plutôt organisme de recherche ou entreprise… ?

Nous restons avant tout une entreprise qui accompagne ses partenaires dans leurs problématiques et leurs phases de R&D.

Vous vous étiez fixés des objectifs pour deux ans en 2013 : ont-ils été atteints ? Ont-ils plutôt évolué ?

Nous avons réussi à atteindre la plupart de nos objectifs en 2013 et en 2014.

Quels sont vos objectifs pour cette année 2015 ?

Continuer la progression engagée en 2014 et se déployer à l’international.

Combien de personnes travaillent actuellement avec vous ?

Nous sommes actuellement deux personnes à Biomanda.

Prévoyez-vous des embauches ?

Non.

L’ENTREPRENEUR JULIEN GARDES

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Julien Gardès Créateur de la Start Up Biomanda

Votre parcours ?

J’ai effectué des études de biologie moléculaire et cellulaire à l’Ecole Normale Supérieure de Lyon, avant de me lancer dans l’aventure d’une thèse en bioinformatique financée par la DGA au laboratoire du Pr. Richard Christen. J’ai ainsi acquis une double compétence en biologie et en informatique afin de pouvoir profiter de l’ensemble des avancées en biologie. A la suite de cette formation, je suis rentré au Ceeram où l’on m’a confié le développement de méthodes nouvelles générations de génotypage et la bioinformatique. La rencontre avec Benoît Lebeau et Fabienne Loisy, les fondateurs du Ceeram, m’a donné envie de vivre ce qu’ils avaient vécu. J’ai donc décidé de franchir le pas et être à l’origine d’un projet de société.

Quel a été le déclic pour lancer cette entreprise ? Pourquoi avoir fait le choix de l’entrepreneuriat et non pas celui de la recherche ?

J’ai toujours eu l’envie d’entreprendre et d’être le moteur d’un projet. J’ai simplement attendu d’avoir l’expérience nécessaire pour me lancer. La recherche est une véritable passion pour moi, mais je m’épanouis encore plus dans ce projet d’entreprise à la frontière entre ces deux mondes.

Avez-vous rejoint des réseaux d’entrepreneurs pour partager et enrichir votre expérience ?

Le réseau entreprendre.

La personnalité qui vous fait rêver ?

Xavier Niel

L’entreprise modèle ?

Total

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