Economie

Identification

16 avril 2019

DOSSIER - MIPIM 2019,
profil
Dominique Ruffat
Les Petites Affiches

Les 26 000 acteurs internationaux du secteur immobilier participant à cette 30ème édition du 12 au 15 mars 2019 à Cannes vont devoir relever un nouveau défi à la hauteur des enjeux planétaires : intégrer dans tous leurs programmes une dimension sociétale, solidaire, économique et responsable. L’objectif prioritaire désormais : offrir une qualité de vie optimale aux populations urbaines, facteur clé de croissance économique, en réalisant la subtile alchimie - une nature foisonnante en cœur de ville jusqu’aux plus hauts sommets des gratte-ciels, une architecture esthétique et bioclimatique tout en utilisant de façon raisonnée les ressources énergétiques existantes pour bâtir les villes du futur à l’horizon 2030. Retour sur ce millésime 2019.

Sauver le monde, un challenge mondial à relever d’urgence


D’emblée, lors de l’inauguration officielle de ce salon incontournable, Ban Ki-Moon, Secrétaire Général des Nations Unies donne le ton. Invectivant les professionnels présents de l’industrie immobilière, il les
exhorte à prendre une part active dans la lutte contre le réchauffement climatique en contribuant dès aujourd’hui à une expansion urbaine. Et ce, dans le respect des directives de l’agenda 2030 du Plan Climat de Paris et des 17 Objectifs de Développement Durable fixés par les Nations Unies. "Le compte à rebours de la 4ème révolution industrielle a démarré. Nous ne pouvons négocier avec la Nature ou attendre qu’elle nous suive. Le changement climatique n’est plus l’objet d’un débat. C’est un fait. Il n’y a pas de plan B car il n’y a pas de planète B. Plus de 100 millions de personnes rejoignent chaque année les grandes métropoles. D’ici 2050, les experts estiment que 68 % de la population mondiale vivra dans les villes. Il nous faut donc redoubler d’efforts pour proposer au plus vite aux générations futures des modèles communautaires de cités créatives, durables et intelligentes." 
Architectes, promoteurs, investisseurs, institutions financières et collectivités ont saisi le message et promis de "s’engager pour le futur". S’inscrivant d’ores et déjà dans cette prospective, une floraison de projets aussi
esthétiques qu’audacieux au plan architectural et exemplaires en termes de consommation énergétique ont été récompensés lors des MIPIM Awards.

6 projets lauréats français sur 12 sélectionnés

Six programmes nationaux dont 4 franciliens ont été primés cette année parmi douze projets internationaux répondant à ces nouvelles exigences. Une gageure !

JPEG - 47 ko
Le bâtiment KOSMO lauréat du MIPIM Award catégorie Meilleur immeuble rénové. DR

Le premier lauréat dans la catégorie "Meilleur immeuble rénové" est Kosmo, siège des Parfums Dior. Le bâtiment de 27 000 m2 a été scindé en deux immeubles distincts comprenant 3 blocs-étages rectangulaires translucides, superposés de façon décalée par les architectes Laure Mériaud et Simon Rodriguez-Pagès du cabinet Ateliers 2/3/4. Restructurés par Altarea Cogedim, ils sont reliés par une rue intérieure, permettant aux salariés d’accéder aisément aux espaces de service hébergés dans le socle en toute intimité.

Toujours à Paris, à l’inverse, la rénovation harmonieuse réussie par le cabinet MEAG Munich Ergo de 3 immeubles du 19ème réunis en un seul bâtiment de caractère, rebaptisé "Shift 54 Londres", lui a valu de remporter le trophée de la catégorie "Meilleure Restructuration".

Dans la catégorie "Meilleur Centre d’affaires", c’est le programme Laborde, près de la gare Saint-Lazare, livré en 2018, qui s’est distingué par son originalité. Cette ancienne caserne militaire a été totalement métamorphosée par ACM sous maîtrise d’œuvre de PCA-Stream, en un ensemble de bureaux-verrière de 20 000 m2 dans un esprit atelier d’artistes. Surmonté d’une toiture potager et ceinturant une cour végétalisée, il comprend un restaurant, un working café et une bibliothèque.

Dans la catégorie "Meilleur complexe médical", la Polyclinique Reims-Bezannes dessinée par l’architecte Jean-Michel Jacquet et réalisée par le promoteur Icade en partenariat étroit avec Courlancy Santé, Artelia,
Eiffage Construction et le groupe Cari impose un nouveau style avant gardiste, aéré, épuré et très lumineux grâce à une succession de patios intérieurs.

Un dernier projet dans la catégorie "Meilleur projet de tourisme et hôtel développé à l’étranger" a recueilli tous les suffrages, l’Hôtel & Spa Le Barthelemy à Saint-Barth pour son architecture esthétique totalement immergée dans son environnement et reconstruite en un temps record après sa destruction totale en 2017 par l’ouragan Irma.

JPEG - 168 ko
Lauréat dans la catégorie Meilleur projet de tourisme et hôtel développé à l’étranger : L’Hôtel & Spa Le Barthelemy (DR)

Focus sur le projet Mille Arbres qui sème les graines de la nouvelle skyline parisienne

Planter 1 000 arbres au-dessus du périphérique plutôt qu’une énième tour de 1 000 mètres, le challenge était osé. Pari réussi avec brio par deux architectes talentueux à la vision complémentaire, le japonais Sou
Fujimoto et le français Manal Rachdi. "Avec Mille Arbres, vous voyez, comme dans un rêve, un village flottant au milieu d’une forêt, dans Paris, abritant en un lieu unique des immeubles d’habitation et de bureaux, un hôtel, des restaurants, un grand pôle dédié aux enfants, une gare routière. Le concept hybride et écologique avec 95% d’énergies renouvelables, crée une intégration tridimensionnelle de la nature et de l’architecture. Les essences
seront sélectionnées en fonction de leur capacité à s’adapter à l’atmosphère urbaine et créeront un véritable rempart contre la pollution. Ce projet certifié HQE-BREEAM et WELL-BIODIVERCITY propose un nouveau style de vie urbain pour le XXIe siècle
" expliquent-ils.

Un modèle de forêt urbaine
Situé stratégiquement Porte Maillot au centre du hub des transports franciliens, au sein d’un quartier en pleine métamorphose, Mille Arbres trace un pont entre Paris et Neuilly-sur-Seine et se positionne comme un ensemble mixte modulable de 60 000 m² sur 6 niveaux. En forme d’immense vaisseau translucide culminant à 30 mètres de hauteur, il comprend sur 27 589 m² de surface des espaces coworking avec des plateaux de bureaux divisibles et un centre de conférence ERP, 11 000 m2 de logements, un service de conciergerie digitale, un parc, des crèches, une offre diversifiée de restauration et d’hôtellerie sur 8000 m2 dont un hôtel 4 étoiles de 250 chambres.

Une rue gourmande principalement constituée d’un Food Court "nouvelle génération", créé par Philippe Starck avec une place dédiée aux tables d’hôtes, ateliers ou école de cuisine diététique, agrémentera les lieux. Lauréat dans la catégorie meilleur projet futur, "Mille Arbres", programme-phare du concours d’urbanisme "Réinventer Paris", porté par la Compagnie de Phalsbourg et OGIC, préfigure la nouvelle génération de complexes immobiliers qui coupleront bureaux partagés évolutifs, résidences pour actifs, services de proximité et écosystème naturel au service du mieux vivre et du mieux travailler en cœur de Ville !
Le projet représente un investissement de 550 millions d’euros.
Sa livraison est prévue en mars 2022.

JPEG - 81 ko
Le projet Mille arbres, un modèle de forêt urbaine DR

L’immobilier tertiaire du futur, plutôt "office sweet home" ou smartworking ?

Pour Julia de Funès, philosophe, intervenant sur cette thématique dans le cadre de la conférence organisée par Bouygues Immobilier sur son stand, le bonheur au travail ne se situe pas plus dans les openspaces (trop de visibilité) que dans le flexoffice.

JPEG - 189.3 ko
Julia de Funès, philosophe au centre, entourée de Gregory Frapet, Président du Directoire de Primonial REIM et de Éric Mazoyer, Conseiller du Président de Bouygues Immobilier. DR

Il résiderait davantage aujourd’hui dans le télétravail favorisant concentration, gain de temps et donc une plus grande efficience des salariés. Le nouvel enjeu aujourd’hui pour les promoteurs devrait être de penser logements des actifs avant les espaces de travail pour mieux répondre aux nouvelles problématiques urbaines. Gregory Frapet, Président du Directoire de Primonial REIM (170 collaborateurs, plus de 20 milliards d’actifs de gestion) confirme ce changement au sein de son entreprise.

Vers un urbanisme plus humain

"Nous avons évolué d’un concept de co-propriété à la nécessité d’une mutualisation et d’une diversification des usages des bâtiments (coliving, coworking, smartworking). Les salariés ont besoin d’espaces privés, ludiques voire de logements intégrés pour faire l’économie du temps de transport". Les nouvelles tendances se confirment donc. Preuves à l’appui : l’alliance nouée entre Nextdoor et Accor hôtels pour renforcer l’offre d’hébergement au sein de ses espaces coworking entérinée sous la marque Wojo et l’émergence avec le bâtiment tertiaire Sways à Issy-les-Moulineaux d’une nouvelle génération de smartbuildings centrés sur le bien-être des usagers pour un "Smart ways to work ".

JPEG - 141.2 ko
Maquette du Bâtiment SWAYS à Issy les Moulineaux : une idée de la nouvelle génération de smartbuildings. DR

Conçu par Bouygues Immobilier et l’Agence d’Architecture Anthony Béchu, le bâtiment qui sera livré au cours du 2ème trimestre 2021 sera le premier immeuble hybride à économie positive avec une mixité d’usages au bénéfice des utilisateurs de l’immeuble, mais également des habitants et salariés du quartier. "Ce sera également un lieu où l’on pourra faire du coworking, visiter une exposition culturelle, se restaurer, faire du shopping ou du sport, avoir des activités de loisirs ou suivre une formation professionnelle" explique Éric Mazoyer, Conseiller du Président de Bouygues Immobilier. "Selon les principes du smart building, les 35000 m2 d’espaces bureaux seront connectés à IssyGrid, avec une couverture wi-fi et 4G omniprésente, une maintenance prédictive, une cyber-sécurisation renforcée, une offre innovante de services sur smartphone. Enfin, le cadre environnemental sera particulièrement soigné pour offrir aux utilisateurs une immersion optimale dans la nature, avec des patios paysagers, des micro-potagers, des murs vivants décoratifs faisant appel à la biophilie et la réalisation d’une toiture végétalisée de 2 200 m². 88 % des espaces de bureaux seront éclairés par la lumière naturelle", ajoute Sabine Bourrut-Lacouture Lépine, Directrice Générale Immobilier d’Entreprise France de Bouygues Immobilier. Particulièrement ambitieux en matière de bâtiment numérique et de qualité de vie au travail, le projet vise l’obtention de nombreux labels : WiredScore Platinum et Ready2Services, HQE Exceptionnel, BREEAM Excellent, E2C1"…

Asie, Amérique du Nord et Moyen-Orient : tendances & nouveaux venus

Sous la thématique fédératrice "Engaging the Future", L’organisateur Reed Midem a souhaité mettre l’accent cette année sur la croissance économique, la cohésion des populations et le développement durable. L’objectif de cette édition était également l’attention des collectivités et des entreprises du secteur de l’immobilier sur l’impérieuse nécessité d’adopter dans cette optique une approche stratégique commune du développement urbain sur les 5 continents.
De nouveaux entrants et pas des moindres comme le Japon et la Chine ont marqué de leur présence cette nouvelle édition. L’Amérique du Nord, le Canada et plus particulièrement les États-Unis sont venus présenter discrètement leurs projets à fleur d’eau en Floride et Rhodes Island, de gratte-ciel futuriste One Vandelbilt à New York ou son original projet de dômes translucides "Amazon spheres" à Seattle favorisant lien social entre habitants et reconnexion à la nature en centre ville.

L’Égypte en force

D’autres ont effectué une entrée ostentatoire comme l’Égypte qui se lance dans des chantiers pharaoniques renouant ainsi avec sa tradition millénaire bâtisseuse. Venue avec une délégation importante d’institutionnels et des acteurs du secteur immobilier privé de haut niveau, elle occupe un pavillon officiel et couvre les murs du Palais, supplantant en visibilité Dubaï cette année.
Sa priorité  : anticiper les besoins d’une population à la croissance démographique galopante (95 millions d’habitants en 2018, 151 millions en prévision d’ici 2050 pour une surface d´un million de kilomètres carrés, soit un peu moins de deux fois la France) et tenter de combler le manque crucial de logements par un programme ambitieux de construction de quinze villes à travers tout le pays.

JPEG - 105.3 ko
Stand de l’Égypte au MIPIM 2019 - DR

Le plus spectaculaire de ces chantiers est incontestablement celui de la future capitale égyptienne, située en plein désert, à 45 kilomètres du Caire : une ville de 700 kilomètres carrés qui accueillera près de 7 millions d’habitants. "La première phase de ce chantier sera achevée en juin 2020, a annoncé Khaled Abbas, Vice-Ministre du Logement chargé des projets nationaux. "Elle englobera le quartier des Ministères et des affaires, trois districts résidentiels arborés et des logements pouvant accueillir 1 million d’habitants, un parc central de 20 kilomètres de long avec en son cœur à terme surplombant le site une tour de 385 mètres de haut, la plus haute d’Afrique. Le chantier devrait être finalisé en 2029." 

Quand la Chine se réveille

Si les investisseurs asiatiques avaient investi en 2017 39,5 milliards de dollars dans des projets immobiliers européens, la tendance s’est désormais
inversée. Ils viennent présenter leurs projets multisectoriels, mixant influences architecturales occidentales et orientales, désireux de démontrer leur savoir-faire et leur créativité, en quête tout à la fois de reconnaissance et de partenaires européens. Cinq projets ont été sélectionnés par le jury des MIPIM Awards parmi 45 retenus. "Hangzhou Sports Tower" vaste complexe environnemental multi-sport à 200 kms au sud-ouest de Shangaï agrémentant le Centre Olympique qui accueillera les JO de 2022.
Autre projet "Changchun Culture of Water Ecology Park", projet de régénération urbaine industrielle de 300 000 m2 alliant parc économique moderne et parcours aquatique attractif, rendant hommage à l’eau et ses sources sacrées pour Changchun depuis 80 ans, la "City Tower" à Pékin, à l’artefact rituel,évasée à sa base et longiligne au sommet, perchée à 69 mètres de hauteur et implantée au sein d’un nouveau quartier d’affaires sur 30ha, "la West Koolong Station" à Hong Kong, le plus long TGV souterrain reliant la Cité à Pékin et enfin dans le secteur de l’hôtellerie de luxe, le complexe durable Muhshoou Xixi" (photo) à l’architecture moderne et traditionnelle au sein du parc wetland valorisant un écosystème exceptionnel.

Coup de projecteur sur le Japon

JPEG - 70 ko
Construire un quartier de tours en bois culminant à 350 mètres de hauteur, pari du Japon. (DR)

Sous le soleil levant cannois, le stand du Japon situé idéalement dans l’allée centrale multiplie les conférences sur son stand pour présenter ses projets de gratte-ciels avec une orientation plus marquée développement durable.
Parmi les représentants asiatiques, c’est le seul pays à avoir été primé pour son projet audacieux imaginé par le cabinet d’architecture Sumimoto Forestry and co sous l’intitulé forests W350. Il s’agit ni plus ni moins que d’édifier un quartier de tours en bois accueillant en son sein de véritables forêts culminant à 350 mètres de hauteur. L’enjeu environnemental au travers de ce projet écologique est de stimuler la filière bois dans le domaine de la construction qui s’est effondré induisant un arrêt des plantations et la fragilisation des forêts nippones couvrant 70% du territoire. Une initiative durable vertueuse pour l’environnement et l’économie insulaire qui a séduit l’ensemble des membres du jury. Cette nouvelle génération de tours, là encore, pourrait bien faire des émules dans d’autres pays, ouvrant la voie à de futures cités forestières aériennes, symbioses parfaites de l’homme et de la nature.

L’Europe en forte croissance maintient son attractivité auprès des investisseurs

"Le Mipim 2019 reste marqué par une croissance renforcée de la présence européenne notamment allemande, française, britannique, belge, néerlandaise et scandinave" souligne My-Lan Cao, directrice presse de Reed Midem. L’Allemagne a réuni sous sa bannière toutes les grandes villes d’Outre-Rhin. La France, s’est distinguée avec une forte représentativité de toutes les métropoles et grandes collectivités du territoire avec en tête le pavillon Grand Paris Région. Le Royaume-Uni intégrant une première un pavillon écossais dans sa zone d’exposition est arrivé avec une importante délégation d’élus régionaux qui ont présenté les opportunités d’investissement dans leurs régions respectives et la mise en lumière de nombreux projets de régénération urbaine (Londres bien sûr mais aussi Manchester, Liverpool, Leeds, Birminghan et Cardiff). Avec un objectif clair : rassurer les investisseurs internationaux avant leur imminente sortie de l’U.E quant au dynamisme du secteur immobilier,pilier de l’économie britannique avec chaque année quelques 94 milliards de livres générés et plus d’un million de personnes employées.. "Nous devons favoriser les projets de réhabilitation au profit des entreprises et des populations britanniques pour préserver post-brexit notre dynamique et offrir un avenir meilleur au Royaume-Uni."a déclaré Melanie Leech, Chief Executive, British Property Federation.

Paris, toujours la course en tête

Le Grand Paris s’affirme comme le premier pôle de développement européen avec l’impulsion d’un nouveau réseau de transports et la dynamique des J.O de 2024.

JPEG - 176.5 ko
Le projet Grand Paris présenté sur le stand de la ville de Paris (DR)

Premier quartier d’affaires européen et quatrième au monde en terme d’attractivité selon le baromètre EYULI 2018, Paris La Défense conserve son leadership et continue de séduire entreprises et investisseurs internationaux. Sa métamorphose progressive en véritable quartier de vie et l’arrivée de nouveaux projets immobiliers emblématiques dynamisent l’attractivité du territoire. Les immeubles coworking s’y taillent la part du lion avec 35 000 m2 dédiés et l’ouverture début 2019 de l’immeuble Space par le groupe Régus. Une tendance qui illustre la diversification du tissu économique au sein du quartier d’affaires et la nécessaire création d’une offre compatible avec les nouveaux modes de travail. Son expansion accélérée aussi avec 25 projets multisectoriels en majorité livrés en 2020 : la création de quartiers mixtes tels "Les Groues" (65 hectares) à Nanterre, La Rose de Cherbourg à Puteaux avec ses commerces et jardins suspendus, des tours-babel comme la Tour des jardins de l’Arche (200m),
Sisters (200 et 100 m de hauteur) à Puteaux, Trinity (140 m) et l’Hermitage Plaza (320 m) à Courbevoie ou des villes dans la ville tel "les jardins de l’Arche", complexe qui intègre une tour de 200 m de hauteur au cœur de la plus grande enceinte indoor d’Europe (40 000 places sur 15 ha) avec commerces, bureaux, restaurants, hôtel, établissement d’enseignement supérieur, logements étudiants, espaces verts.

Grand Sud : Toulouse prend son envol

Bordeaux confirme son leadership dans le Sud-ouest avec notamment 151 000 m2 de bureaux placés en 2018 et de multiples projets innovants, tout comme Montpellier. La capitale languedocienne propose des projets
durables ambitieux à l’instar de "Port Marianne" rassemblant sur 400 ha un éco-quartier de 70 000 m2 de bureaux, 40 000 m2 de commerces et services, 18 000 logements, un parc de 1 500 arbres, reliés par des trames vertes.

JPEG - 53.1 ko
Vue du parc Sud du projet Toulouse Aerospace (DR)

Mais c’est Toulouse qui prend cette année une nouvelle dimension. Elle s’impose d’emblée par la signature unique et l’ampleur du projet de son pôle d’innovation international "Toulouse Aerospace" agréé comme le plus grand site européen R&D dédié à l’aéronautique, à l’espace et aux systèmes embarqués avec 50 000 m2 dédiés à la recherche et à l’enseignement supérieur, 190 000 m2 d’immobilier tertiaire, 80 000 m2 d’habitat, 20 000 m2 de commerces et services. Mais pas que. La ville rose réinvente désormais son futur en centre-ville, portée par l’appel d’offres "Dessine-moi Toulouse".

"Ces énergies créatrices de tous horizons, confirme Jean-luc Moudenc, Maire de Toulouse et Président de Toulouse Métropole, favorisent des projets plus humains, métamorphosent les sites structurants à forts potentiels, redonnent toute sa place à la nature et nous guident vers un urbanisme stimulant, exemplaire". Parmi les projets lauréats, citons Agriville (12 911 m2) qui valorise urbanisme agricole, biodiversité avec une symbiosphère et écosystème circulaire de proximité sur le site du château de Paléficat qui abritera 210 logements, 368 m2 de commerces et un restaurant bistronomique, halle et préau, guinguette en bord d’étang, jeux d’enfants.

Plus surprenant, une crypte millénaire au cœur de Toulouse métamorphosée en totem "Light House" - pilote pour les starts-ups du numérique qui viendront y réaliser diverses expériences digitales, émotionnelles et sensorielles (acoustiques, visuelles, thermiques et olfactives). Le projet Drop (100 800 m2) met l’accent de son côté sur une Cité des Sports avec un focus particulier sur le sport régional mythique, le rugby qui disposera désormais outre d’un stade dernière génération, de son Musée, d’un campus, d’un hôtel et de bureaux.

Enfin, en matière de communauté solidaire, Toulouse a souhaité avec le site de Bordeblanche dans le quartier des pradettes faire vivre à ses habitants une expérience hors du commun avec un projet d’habitat partagé, transgénérationnel et responsable. Ce sont ainsi 45 logements et 25 logements en accession sociale à la propriété en matériaux bio-sourcés qui permettront aux résidents de bénéficier d’une mixité d’offices et d’usages : cuisine, salon, serre, buanderie, verger, potager, espace co-working, chambres. Tous les espaces seront en commun. Le projet Co-habitants vise les labels E3C1et Biodivercity.


Reed Midem fort de son succès, lance un MIPIM Japon en mai 2019 et un MIPIM Royaume-Uni en octobre prochain.
Avec l’accueil en 2019 de 3 000 exposants et 5 400 investisseurs de plus de 100 pays, le MIPIM s’impose plus que jamais comme le Davos de la communauté internationale de l’immobilier.

Dossier réalisé par Dominique RUFFAT envoyée spéciale Petites Affiches au MIPIM

deconnecte