Monaco : vers une politiq

Monaco : vers une politique ferroviaire plus engagée

Philippe Tabarot, vice-président délégué aux Transports de la région PACA et Iveta Radicova, la coordinatrice slovaque de l’Union européenne pour le Corridor méditerranéen (Marseille-Gênes), se sont réunis la semaine dernière, avec des représentants de la Métropole Nice Côte d’Azur et des régions Ligurie et Piémont, pour discuter de la nouvelle politique ferroviaire de la gare de Monaco.

C’est officiel, le gouvernement monégasque a annoncé accepter financer le développement et l’entretien des TER. C’est un renforcement de la politique ferroviaire qui se met en marche en ce début d’année 2020, dont le but est de mieux gérer le trafic et d’améliorer les conditions de voyage des passagers prenant le train en gare de Monaco. Un travail à long terme, qui commence à se mettre en place, dont les premiers résultats pourront être constatés à la fin de l’année, « la perception de l’amélioration par les usagers n’est peut-être pas aussi évidente que ça après deux périodes de grève - contre la loi sur le Pacte ferroviaire et la réforme des retraites - très longues et compliquées  » avoue le délégué aux Transports.

Plus de trains, moins de retards

La gare de Monaco est la troisième gare de la région la plus fréquentée, après celles de Marseille Saint-Charles et Nice-Ville. C’est la raison pour laquelle, la région souhaite augmenter le nombre de trains en circulation au quotidien « nous militons pour améliorer et intensifier l’offre actuelle de la desserte ferroviaire de la Principauté, avec un accroissement de l’offre aux heures de pointe du matin et du soir » explique Philippe Tabarot. Mais pour permettre une meilleure circulation des trains, il faut déjà que ceux qui roulent soient à l’heure. Une première mission qu’il va falloir mener à bien, car même si la plupart des trains est retardée, la volonté de changer cette mauvaise habitude est belle et bien présente « tous les matins et soirs, on a environ 30 000 voyageurs à Monaco. Ils veulent voyager dans de bonnes conditions, à de bons tarifs, avoir des places et être à l’heure, car leurs employeurs n’en ont rien à faire que le train soit en retard  », ajoute-t-il. Cependant il souligne que même si les usagers râlent énormément, il faut tout de même constater une nette amélioration concernant la gestion des retards : « En 2015, il y avait 25 % des trains qui étaient, soit en retard (15 %), soit supprimés (10 %). Aujourd’hui, on dénombre 10 % de retard et 1,5 % de trains supprimés.  » Un élément important à souligner.

De nombreux changements pour une meilleure gestion

La Principauté va, dans les mois à venir, renforcer ses compétences afin de mieux gérer ses rails au quotidien. En effet, quelques changements sont à prévoir. À partir de maintenant, celle-ci participera - physiquement mais aussi financièrement - au fonctionnement du service TER (le service des usagers qui prennent les TER monégasques pour voyager). Elle participera aussi à l’entretien du matériel (révisions mi-vie, bon fonctionnement, remise en état des rames etc). Elle renforcera son système de vidéosurveillance des trafics. Et pour finir, réalisera quelques travaux au cours de l’année, afin de doubler la longueur des rames.

Renforcer les liens avec l’Italie

Monaco cherche aussi à renforcer la communication avec l’Italie, et plus précisément avec la Ligurie, une région du nord-ouest. Une volonté fortement partagée par les principaux concernés, « nous avons besoin de l’Europe, de la France et de Monaco pour faire pression sur le gouvernement italien  » explique Gianni Berrino, le représentant de la région de la Ligurie. Un projet estimé à plus de 1,6 milliard d’euros qui permettra de doubler les lignes ferroviaires jusqu’en Italie. «  On a encore des infrastructures vieillissantes et c’est là qu’on a besoin de l’État et de l’Europe pour pouvoir avancer. Avoir des interlocuteurs et décideurs européens qui s’intéressent à nos problèmes, voire à nos galères de transport, c’est très réconfortant pour l’avenir pour trouver des solutions et, quelquefois, des financements  » a conclu optimiste Philippe Tabarot.

Photo de Une : Une vue de la Gare de Monaco (DR)

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