Les Petites Affiches des Alpes Maritimes

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12 avril 2018

Intelligence artificielle
Intelligence artificielle : le futur est déjà en marche, mais...
Jean-Michel Chevalier
Les Petites Affiches

Recherche, création de richesses et d’emplois : la France ambitionne de devenir un des leaders mondiaux de l’IA. Entre promesses et inquiétudes. Décryptage.

Au rapport !

Après six mois de consultations, le député LREM et mathématicien (médaille Fields) Cédric Villani vient de remettre son rapport "Donner un sens à l’Intelligence Artificielle" au gouvernement. Alors que nous sommes déjà engagés dans une nouvelle ère technologique, Emmanuel Macron veut faire de la France un pays en pointe en matière d’IA.

Ne pas louper le train

La compétition mondiale est ouverte. Les États-Unis et la Chine, par leurs
puissances financières, sont déjà très avancés sur ces sujets. Notre pays, grand spécialiste des mathématiques, a une belle carte à jouer même si personne ne nous attend sauf... au coin du bois. Avec de la recherche partagée entre les universités, ses grandes écoles, ses entreprises, l’Inria, le CNRS, les laboratoires déjà installés, la France dispose d’atouts.

Bouleversements à venir

L’IA, qui n’en est encore qu’à ses premiers pas, va bouleverser nos vies. On ne mesure pas encore les transformations qu’elle va engendrer dans les prochaines années sur nos sociétés. Pour le meilleur, avec la suppression de tâches ingrates qui seront confiées à des robots, mais aussi peut-être
pour le pire, avec la destruction d’emplois "répétitifs", la transformation de la façon de penser et de vivre dans un monde peuplé d’algorithmes invisibles mais bien présents...

Éthique

On n’échappera pas à un débat de société autour de l’IA, et il est raisonnable de penser à créer un code éthique et juridique pour encadrer l’usage de ces technologies. Devant le Collège de France, Emmanuel Macron a ainsi récemment évoqué la mise en place d’un groupe d’experts intergouvernemental chargé de réfléchir à ses questions pour encadrer les futures pratiques.

Science sans conscience...

Une lettre ouverte aux Nations Unies signée par une centaine d’entreprises de robotique et d’IA a réclamé en août dernier l’interdiction des robots tueurs autonomes. D’autres voix s’inquiètent de la fragilité des réseaux informatiques qui peuvent être piratés et fournir des données sensibles, par exemple dans le domaine de la vie privée, sur la santé etc. Après le calcul déjà dominé depuis longtemps par les ordinateurs, l’IA va donner aux machines des pouvoirs d’analyse dépassant de loin ceux des cerveaux humains.

Justice prédictive

Justice prédictive et algorithmes analysant des décisions rendues dans le passé pour anticiper la solution d’un litige ? Techniquement, c’est possible, sauf que cela exclurait l’humain, l’unicité des cas, le débat contradictoire. L’IA peut aider à la prise de décision du juge, en "moulinant" la jurisprudence par exemple, mais le remplacer est à la fois impossible et... dangereux.

Les chiffres en France

268 équipes de recherche, 5 300 chercheurs, 81 écoles d’ingénieurs et 38 universités. 18 diplômes de mastères spécialisés, plus de 270 startups
spécialisées avec un rythme de création de +30% par an depuis 2010. 400 M€ par an de financement public pour la recherche.

Opportunités pour la région

Cédric Villani propose dans son rapport la création d’un réseau d’Instituts interdisciplinaires d’IA, d’un supercalculateur conçu spécifiquement, de rendre plus attractives les carrières dans la recherche publique pour éviter la fuite des cerveaux vers les géants américains. Autant d’objectifs dans lesquels peut s’inscrire l’écosystème des STIC de la Côte d’Azur, les laboratoires de recherche, des entreprises comme IBM qui travaillent déjà depuis longtemps dans l’IA.

Photo de Une (illustration) DR

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