29 août 2025
Connue pour son industrie du parfum, la capitale des senteurs possède aussi une longue histoire dans le spatial
La Communauté d’agglomération du Pays de Grasse (CAPG) et la Ville de Grasse oeuvrent à renforcer l’ancrage local dans le secteur spatial, en soutenant l’installation et le développement d’entreprises innovantes spécialisées dans l’observation de la Terre et le traitement de données climatiques. Un choix qui s’inscrit dans une stratégie métropolitaine plus large, portée avec Cannes et Sophia Antipolis. Alors que l’été 2025 s’achève comme l’un des plus chauds enregistrés en France, la CAPG met en avant son engagement dans la filière spatiale. L’objectif : doter le territoire d’outils d’observation et d’anticipation face aux effets du changement climatique, tout en diversifiant l’économie locale.
Le Pays de Grasse, déjà marqué par une tradition scientifique avec l’implantation dès 1974 du site du CERGA (Centre d’Études et de Recherches Géodynamiques et Astronomiques), développe aujourd’hui un écosystème où se côtoient recherche, entreprises innovantes et infrastructures d’observation. Plusieurs sociétés spécialisées, telles qu’ACRI-ST, LuxCarta ou encore Effiblue, contribuent à cette dynamique.
La PME ACRI-ST, implantée à Sophia Antipolis depuis 1989, a choisi d’étendre ses activités à Grasse. Elle y a installé, sur le site du CERGA, un centre de commande de missions de nanosatellites en partenariat avec le LATMOS. Ces dispositifs visent notamment à collecter et analyser des données climatiques essentielles, utilisées par le GIEC. Autour d’ACRI-ST, une dizaine d’entreprises locales travaillent sur des applications variées : mécanique de précision, composants optiques, matériaux innovants ou encore cartographie issue de l’observation satellitaire.
Ce tissu industriel participe à renforcer la compétitivité de la Côte d’Azur dans un marché spatial estimé à plus de 400 milliards de dollars en 2022 et qui pourrait atteindre 1 000 milliards d’ici 2040.
Ce positionnement s’inscrit dans la stratégie du pôle métropolitain Cap Azur, qui fédère Cannes Lérins, Sophia Antipolis et le Pays de Grasse. Cannes demeure le pôle industriel du spatial, Sophia Antipolis celui de la recherche numérique et de l’intelligence artificielle, tandis que Grasse développe des services et applications liés à l’exploitation des données.
« Du parfum aux satellites, notre territoire démontre sa capacité à conjuguer héritage et innovation. Avec l’implantation par ACRI-ST d’un centre New Space au CERGA et un écosystème d’entreprises innovantes, nous affirmons notre rôle dans le développement de la filière spatiale, au bénéfice de l’économie, de l’emploi et de la recherche », résume Jérôme Viaud, président de la CAPG, soulignant la volonté politique de positionner l’Ouest azuréen comme un acteur majeur du spatial européen.