5 janvier 2026
82% des banques considèrent le risque cyber comme le risque opérationnel n°1.
Le risque cyber peut être défini comme l’« ensemble de risques liés à une utilisation malveillante des systèmes informatiques et des technologies de l’information des particuliers, des administrations ou des entreprises(1).
Par Emeline GINESTE CARLES,
Étudiante en Master 2 Juriste d’Affaires
Membre de l’Association Niçoise des Étudiants Juristes d’Affaires (ANEJA)
et membre de l’AFJE06
Publication proposée dans le cadre du Master 2 juriste d’Affaires à l’Université Nice Côte d’Azur - Cycle "Droit des assurances approfondi - La gestion du risque dans l’entreprise par le mécanisme d’assurance "
53% des entreprises ont déjà subi une attaque en 2023 contre « seulement » 48% en 2022 - provoque pas moins de 1.200 incidents informatiques sur l’espace de quatre mois dans le secteur bancaire, le plus exposé à ce risque. (2)
Aujourd’hui, 82% des banques considèrent le risque cyber comme le risque opérationnel n°1. Ce risque à effet systémique(3), prévenu par la BCE dès 2014, peut engendrer des pertes titanesques : en perpétuelle hausse(4), elles ont atteint 6.5 milliards d’euros en 2024. Toujours plus innovants, les projets de nouveaux systèmes informatiques de paiement(5) aggravent d’autant un risque face auquel l’utilisateur moyen n’est pas suffisamment vigilant.
Les établissement financiers, indispensables à une économie stable et pérenne, doivent donc s’armer en appliquant les mécanismes de prévention rendus obligatoires par la BCE(6), tel le return to operation (RTO) qui permet un rétablissement de la sécurité financière sous deux heures de la réalisation du risque. Les infrastructures bancaires doivent être ou rester résilientes.(7) Les renforcements purement internes(8) se conforment aux obligations du règlement DORA de 2022.(9)
La prévention du risque cyber implique donc une attention accrue des établissements bancaires qui doivent intégrer dans leur organisation interne des mécanismes de surveillance réguliers.
En outre, les assureurs se sont réinventés pour créer un système assurantiel millimétré et proportionné à ce risque, permettant de sécuriser la continuité d’accès et un accompagnement immédiat en cas de crise. La couverture financière, bien que prévue, doit malgré tout rester minime pour un souci de sécurité publique. Ce système assurantiel prend en ligne de compte les enjeux des institutions financières et est donc en perpétuelle sophistication pour être le plus proche et robuste face aux innovations techniques et de leurs risques et répondre aux exigences réglementaires DORA et NIS2. L’assurance cyber, innovation dans le secteur assurantiel, est en passe de devenir le pilier de la résilience contre les cyber menaces en aide aux établissements bancaires préparés. Son rôle n’est donc pas celui de supporter les établissements bancaires défaillants et n’ayant pas mis en œuvre toutes les préventions possibles contre ce risque. On pourrait valablement penser qu’un établissement qui ne se conformerait pas aux recommandations de résilience face à ces risques pourrait se voir opposer son manque de vigilance.
Emeline GINESTE CARLES