L’antisémitisme n’est pas une opinion, c’est un poison


Politique


22 janvier 2026

Dernièrement, une exposition, par la Ville de La Londe-les-Maures et le Mémorial de la Shoah, était consacrée à Simone Veil : « Simone Veil, un destin 1927 – 2017 ».

Une exposition qui retraçait la vie et l’engagement de cette figure politique emblématique.

Comme l’a rappelé François de Canson, le maire de La Londe-les-Maures, lors de l’inauguration : « La Londe-les-Maures ne se contente pas d’accueillir une exposition. Elle accueille une figure morale. Une trajectoire de France. Une lumière dans un siècle d’ombre. « Nous honorons Simone Veil. « Il faut transmettre », disait-elle. Alors transmettons. Transmettons la vérité, la dignité, l’exigence.
Transmettons sans trembler, car certaines vies appellent non pas l’éloge, mais la fidélité (...). Car Auschwitz, c’est la nuit absolue. La négation de l’humanité, la destruction de la dignité, l’expérience du néant
 ».

LE CHOIX DE LA JUSTICE

Elle savait que la Shoah n’était pas un chapitre du passé, mais une fracture spirituelle dans l’histoire humaine. Une blessure qui ne cicatrise pas, mais qui peut éclairer — comme ces cicatrices qui deviennent des lignes de force. Elle dira plus tard : «  Il y a des choses qu’on ne doit jamais accepter, jamais justifier, jamais expliquer ». Cette phrase est un repère moral. Elle nous oblige. Elle traverse les générations  », a, encore insisté François de Canson.

Tandis que la France vient de commémorer les 80 ans de la Shoah, et que reviennent des insinuations, des falsifications, des réécritures de l’Histoire, il faut redire ce que Simone Veil savait mieux que quiconque.

« L’antisémitisme n’est pas une opinion, ce n’est pas un débat : c’est un poison. C’est le poison le plus ancien de l’Europe, le marqueur universel de l’effondrement moral des sociétés. Et ce poison que nous pensions dilué, aujourd’hui il flambe. Il flambe dans les écoles quand un enfant est insulté pour un prénom. Il flambe dans la rue, sous prétexte d’un conflit déclenché par le Hamas. Il flambe dans les rumeurs, les amalgames, les colères mal dirigées. Il flambe dans les manipulations d’influenceurs qui transforment leur ignorance en dogme. Il flambe dans ces petites lâchetés, dans ces renoncements quotidiens, dans les silences commodes qui, mis bout à bout, fabriquent les désastres. Il flambe dans la récupération politique, dans les instrumentalisations indignes, dans ces confusions entretenues qui minent la cohésion nationale  », a conclu François de Canson.


Gilles Carvoyeur