Edito hebdomadaire - Le moment ou jamais…


Politique


16 janvier 2026

C’est le moment ou jamais de tenir nous dit JMC dans son edito

Selon des confidences faites à l’AFP et relayées par la presse, Sébastien Lecornu aurait demandé au ministre de l’Intérieur de se préparer à l’organisation de possibles législatives les 15 et 22 mars. Car, pour Matignon, une censure du gouvernement engendrerait une nouvelle dissolution, même si les précédentes n’ont pas vraiment laissé de bons « souvenirs »… En attendant, le toujours Premier ministre dénonce sur X des « postures cyniques partisanes » qui «  retardent les discussions budgétaires ». En faisant fuiter ce genre d’info, il donne aussi matière à réflexion aux députés pour leur propre « survie »…


Les plus anciens d’entre nous ont connu la révolution iranienne à la fin des années 70, qui conduisit à la chute du Shah à Téhéran, à l’ayatollah Khomeini à Neauphle-le-Château, et permit aux mollahs de prendre le pouvoir. Inexorablement tourne la roue du temps, et une quarantaine d’années plus tard, le peuple iranien n’en peut plus de cette théocratie qui l’étouffe et le martyrise. Au point de rappeler aux affaires le fils du Shah ? Un avenir proche le dira. Que Reza Pahlavi retrouve le trône de son père - qui fut chassé au moins autant pour des raisons religieuses que pour son pouvoir brutal - serait cocasse. À coup sûr, Montesquieu y trouverait matière à discourir dans ses Lettres persanes…


Contrairement au général de Gaulle, qui répondait à la question d’un journaliste : « Mais pourquoi voulez-vous qu’à 67 ans je commence une carrière de dictateur  ? », Donald Trump apparaît aujourd’hui comme sans aucune limite. Il s’affranchit du droit international. Il pulvérise l’ordre mondial établi il y a 80 ans par ses prédécesseurs au prix du sang et des larmes. Il méprise et humilie des partenaires jadis fidèles mais qui, par la force des choses, se détournent de l’Amérique. Le bulldozer va continuer à tout renverser jusqu’aux Midterms. Ces élections de mi-mandat sont souvent défavorables au locataire de la Maison-Blanche. Celles de novembre 2026 s’annoncent délicates pour Trump. Les Démocrates voient émerger maintenant des personnalités de premier plan (le gouverneur de Californie, par exemple). Une contestation interne s’installe dans le groupe MAGA, où des Républicains pourtant convaincus sont troublés par le comportement de celui qui n’est plus un champion incontesté. Pour le président autocrate, c’est le moment ou jamais de continuer à « œuvrer », sans véritable opposition.


Pour impressionner les populations de l’Europe de l’Ouest, Vladimir Poutine a eu recours à la diplomatie de l’Orechnick, du nom de ce missile capable, paraît-il, de voler à trois kilomètres par seconde, avec une portée de 4 000 kilomètres, pouvant transporter une charge conventionnelle ou nucléaire. Sur le papier, il y a de quoi faire peur, but recherché par le Kremlin, engagé dans une guerre hybride de désinformation et de propagande, d’attaques cyber, de manipulation des opinions publiques. De ce point de vue, Orechnick est terriblement efficace. Militairement parlant, cela reste à démontrer (ce qu’à Dieu ne plaise !). Forcément, ce missile high-tech coûte bonbon et on imagine qu’il n’existe pas à des milliers d’exemplaires… En Ukraine, les troupes russes n’ont avancé que de 150 kilomètres en quatre ans. C’est le moment ou jamais de tenir.


Jean-Michel Chevalier