20 janvier 2026
Cet article met en lumière l’émergence du risque dit phygital (kidnapping, extorsion, contraintes physiques)
La sécurité des systèmes est aujourd’hui si forte qu’elle impose un retour aux méthodes traditionnelles. C’est le risque « phygital » : l’extorsion physique redevient une méthode efficace pour contourner les protections numériques.
Par Diego Ascone,
Étudiant Master 2 Droit Bancaire et Fintech
Membre de l’Association Niçoise des Étudiants Juristes d’Affaires (ANEJA)
et membre de l’AFJE06
Publication proposée dans le cadre du Master 2 Droit Bancaire et Fintech à l’Université Nice Côte d’Azur - Cycle " Droit des assurances approfondi, thème du risque cyber"
Face à ce risque croissant, l’une des seules réponses assurantielles viables réside dans les polices spécialisées "Kidnap & Ransom" Historiquement conçues pour les industriels en zones de guerre, elles deviennent aujourd’hui un outil indispensable.
Les polices Cyber traditionnelles sont déclenchées par un fait générateur technique : une intrusion dans le système, un déni de service ou une violation de données via le réseau.
Elles permettent notamment :
– De couvrir la perte financière liée à l’extorsion.
– La gestion de crise (négociateurs, mise en sécurité).
– La prise en charge les dommages corporels ou psychologiques de la victime.
Les polices Cyber traditionnelles sont déclenchées par un fait générateur technique : une intrusion dans le système, un déni de service ou une violation de données via le réseau. Or, dans un scénario d’extorsion physique : Le système informatique fonctionne parfaitement (pas de "bug"). Les codes sont donnés "volontairement" par la victime sous la contrainte. L’effraction est humaine, non numérique.
Ce vide de garantie laisse les entreprises et les particuliers fortunés démunis, car l’assureur Cyber peut légitimement refuser l’indemnisation au motif que le sinistre relève de la sûreté des personnes et non de la sécurité des systèmes.
Si les polices Cyber ne sont pas obsolètes, elles sont désormais insuffisantes pour les profils à haut risque détenant des actifs numériques sensibles. L’avenir de la protection réside dans une approche hybride, combinant la couverture technique du Cyber et la protection humaine du Kidnap & Ransom, pour faire face à une criminalité qui ne connaît plus de frontière entre le réel et le virtuel. Mais attention au retour de bâton : assurer la victime revient, indirectement, à assurer le salaire du criminel.
Diego Ascone