Construction : « L’année de tous les dangers et de tous les possibles »


Economie


30 janvier 2026

Éclaircie espérée en 2026 grâce au plan annoncé par le gouvernement.

La situation du BTP reste difficile dans les Alpes-Maritimes même si le bilan 2025 est moins sinistre que prévu. Éclaircie espérée en 2026 grâce au plan annoncé par le gouvernement.

À l’approche de la conférence de presse précédant la cérémonie des vœux de la Fédération du BTP des Alpes-Maritimes, lundi 26 janvier, son président Patrick Moulard se voyait, comme l’année dernière, lister les points négatifs : absence de budget de l’État, effondrement de la construction de logements neufs et pas de statut du bailleur privé en vue. 
« Mais, miracle, vendredi (23 janvier) le vent a tourné. Le Premier ministre et le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, ont annoncé que ce statut de bailleur privé serait bien intégré dans le budget 2026 au sein d’un grand plan en faveur du logement  », a-t-il exposé. «  Le dispositif devrait s’appliquer dès le vote du budget 2026. Ce plan logement est positif car cela fait trois ans qu’on tire la sonnette d’alarme. On pourra construire 2 millions de logements d’ici à 2030, ce qui fait 400 000 logements par an, dont 125 000 logements sociaux. L’annonce est là, la volonté politique est là. »
Même si rien n’est encore acté, le nouveau dispositif est intéressant pour le président de la FBTP 06 car il ne concerne pas que le neuf, avec toutefois une condition pour l’ancien : réaliser des travaux pour un montant équivalent à 30 % du prix du logement. Avant d’évoquer cette éventuelle bouffée d’oxygène pour le secteur de la construction, Patrick Moulard avait dressé un bilan de l’année écoulée « plus mesuré » qu’attendu. «  Nous envisagions un recul sensible de l’activité du BTP dans les Alpes-Maritimes et nous évoquions le risque d’une perte pouvant aller jusqu’à 2 000 emplois, intérim compris. (…) Selon nos dernières sources disponibles, fin juin, et sur un an glissant, nous enregistrons 600 salariés en moins dans nos entreprises, intérim compris. (…) Dans le même temps, le nombre de défaillances d’entreprises du BTP s’est réduit : 380 défaillances en 2024 et 320 défaillances à ce jour, sur un an glissant. »

Questionnaire

Patrick Moulard a rappelé que le neuf était toujours en crise malgré une légère reprise. « On peut considérer qu’on a touché le fond », a-t-il indiqué, soulignant que le volume d’activité demeurait « faible » avec 4 280 logements sur les 12 derniers mois. « Une enquête récente de la Fédération française du bâtiment, basée sur les derniers éléments de l’INSEE, évalue le besoin en constructions neuves dans le 06 à près de 6 000 unités par an pour les 10 prochaines années. » Et le secteur de l’entretien et de la rénovation, qui bénéficiait d’une «  croissance régulière de l’ordre de 1 à 2 % chaque année  », a connu un coup d’arrêt avec une croissance de +0,4 % seulement en 2025. Parmi les causes évoquées par Patrick Moulard, les réformes ratées du dispositif MaPrimeRénov qui ont « complètement désorienté particuliers et professionnels  ». Ces aspects négatifs et la perspective d’une amélioration avec le plan Lecornu-Jeanbrun font dire au président de la FBTP 06 que 2026 sera «  l’année de tous les dangers et de tous les possibles  ».

Après la conférence de presse, Patrick Moulard s’est exprimé devant les adhérents de la FBTP 06, des élus du territoire et des présidents d’instances représentatives lors de la cérémonie des vœux ©SG

En ce qui concerne les travaux publics et routiers, le président de section, Jérôme Ivanez, a expliqué que le rythme de croissance avait pu être maintenu grâce au « développement du nombre d’appels d’offres dans le département  », remarquant que « l’activité s’est principalement faite sur les travaux d’entretien et de maintenance des infrastructures existantes » et que « les gros projets font toujours défaut ». En outre, il s’inquiète de la sobriété annoncée dans les programmes de candidats pour les municipales. La FBTP 06 entend poursuivre son dialogue avec tous les élus du territoire et notamment les maires élus ou réélus.
La fédération a d’ailleurs fait parvenir un questionnaire aux candidats têtes de liste dans le département et elle fera connaître les réponses à ses adhérents. Parmi les sujets discutés : aménagement et développement du territoire, construction neuve et rénovation énergétique des bâtiments.


Sébastien Guiné