10 février 2026
Alors que les marchés agricoles mondiaux demeurent instables, le réseau des magasins de producteurs de Provence-Alpes-Côte d’Azur met en avant des résultats probants pour l’année 2025, confirmant que la vente directe génère d’importantes retombées financières locales.
Face aux incertitudes pesant sur le commerce mondial des denrées alimentaires, une « troisième voie » continue de gagner du terrain en France et dans le Sud. Dernièrement, le réseau des magasins de producteurs de la région a présenté un bilan qui dépasse la simple tendance de consommation : il s’agit d’un modèle économique structurant pour les territoires.
Loin d’être anecdotique, ce modèle repose sur une gestion collective et autonome. Dans ces points de vente, ce sont les agriculteurs eux-mêmes qui assurent l’approvisionnement et la gestion, sans intermédiaire. Pour le producteur, l’avantage est double : il conserve la maîtrise de la commercialisation et sécurise une rémunération plus juste.
Pour le consommateur, la promesse est celle de la transparence. Fruits, légumes, viandes, produits laitiers ou vins vendus en rayons proviennent directement des fermes voisines. Ce système « gagnant-gagnant » permet de maintenir une agriculture vivrière dynamique face à la grande distribution classique.
L’argument principal avancé par le réseau ne relève pas uniquement de la qualité des produits, mais de l’impact financier sur la zone d’implantation. S’appuyant sur une étude menée par l’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) et le réseau Trame, les acteurs de la filière soulignent l’effet levier de ce mode de consommation. Selon cette étude, chaque euro dépensé dans un magasin de producteurs génère entre 2 et 2,5€ sur le territoire, dans un rayon de 30 kilomètres. Contrairement aux circuits longs où la valeur ajoutée s’évapore hors de la zone de production, l’argent circule ici entre les consommateurs, les producteurs et les salariés des magasins. Cette boucle vertueuse favorise le maintien de l’emploi agricole et commercial en zone rurale et périurbaine.
En région Sud, ce modèle atteint désormais une taille critique. Créé en 2016, le réseau régional fédère 17 magasins adhérents. Ces points de vente ne sont pas de simples étals, mais de véritables structures commerciales dont la surface varie de 50 à 300 m², employant au total une quarantaine de salariés.
Les chiffres de l’année 2025 témoignent de cette vitalité : le volume de vente cumulé des magasins du réseau représente environ 20 millions d’€. Derrière ce chiffre d’affaires, ce sont 350 fermes et près de 500 agriculteurs qui trouvent des débouchés directs pour leurs productions.
Gilles Carvoyeur