18 février 2026
Un sondage réalisé pour Politico a annoncé hier Éric Ciotti en tête au soir du premier tour des municipales
C’est le sondage qui a mis en ébullition le « microcosme » niçois le 17 février. Réalisé entre le 11 et le 15 février pour le compte du site « Politico », il annonce Éric Ciotti largement en tête au soir du premier tour des municipales avec 41 % des intentions de vote contre 31 % seulement au maire sortant Christian Estrosi.
Et encore une courte avance (51 % contre 49 %) au second tour en faveur du député. Celui-ci et ses amis de l’UDR boivent du petit lait en voyant dans cette consultation un effet gagnant de la réunion des droites et une victoire possible le 22 mars. Dans le camp d’en face, chez les Estrosistes, on prend avec des pincettes les prévisions de ce sondage. En faisant valoir que la société chargée de mener l’enquête, Cluster 17, « est régulièrement critiquée pour ses biais méthodologiques et sa tendance à surestimer les positions les plus radicales ». Les supporters du maire sortant donnent pour exemple la dernière présidentielle, lorsque Jean-Luc Mélenchon avait été crédité par Cluster 17 de 9 % de voix de plus que son résultat réel dans les urnes. Les Estrosistes critiquent des enquêtes « exclusivement réalisées en ligne, sur des échantillons restreints. Nous disposons de témoignages de personnes sondées qui ne sont pas électeurs à Nice ». Ils remettent donc formellement en cause ces augures de ‘malheur’.
Car on sait que les consultations d’un panel d’électeurs appelés à se prononcer avant le vote est toujours à prendre avec des pincettes, que la formulation des questions peut influencer les répondants, bref qu’il existe une marge d’erreur et que sondage ne vaut pas élections (Balladur et Jospin peuvent en témoigner). Mais il en est des sondages comme des bikinis : certes, ils cachent l’essentiel, mais donnent des indications sur les tendances de fond. À cet égard, les Ciottistes peuvent se réjouir de la consultation de Cluster 17 qui confirme que la candidature de leur champion a bien pris. Il capitalise sur les voix du RN et grignote à l’évidence sur celles des LR tentés par une forte droitisation. Pour autant, Éric Ciotti n’est pas encore élu... Dans cette configuration (pas de candidat RN) et plusieurs listes en piste, Christian Estrosi marque forcément le pas. Ce n’est pas une surprise, mais il n’est pas encore battu...
Le sondage de « Politico » donne en tous cas une nouvelle occasion aux deux ‘principaux’ candidats niçois de s’écharper, comme s’ils en avaient besoin…
Jean-Michel Chevalier