13 mars 2026
Nicolas Boffi, a prononcé quelques mots d’introduction avant la conférence de Philippe Aghion
Le directeur du MIPIM, Nicolas Boffi, a prononcé quelques mots avant la conférence de Philippe Aghion, contextualisant l’édition 2026 du MIPIM et expliquant la venue du Nobel de l’économie.
« Le marché n’a pas seulement changé, il a été complètement remanié. Pourtant, notre secteur est incroyablement résistant. Nous avons surmonté le choc et accepté une nouvelle réalité. L’incertitude est la nouvelle réalité. Les événements survenus il y a 10 jours au Moyen-Orient nous le rappellent avec force. Nombre de nos amis et partenaires de cette région ont fait le voyage malgré la situation », a assuré le directeur du MIPIM.
« Lorsque nous avons commencé à chercher un conférencier, nous savions que nous ne pouvions pas nous contenter d’une prévision classique », a confié Nicolas Boffi. « Nous avions besoin d’une personne capable de faire le lien entre la géopolitique complexe et les données concrètes de l’économie. Quelqu’un qui puisse comprendre comment l’IA, la technologie et les data centers sont les nouveaux moteurs du développement. En écoutant ses premières interviews brutes et non filtrées à la radio française, j’ai été frappé. L’œuvre de sa vie, la destruction créatrice (…) constitue le modèle parfait pour notre industrie aujourd’hui. Il décrit exactement la situation dans laquelle nous nous trouvons. »
Pour la troisième année consécutive, l’événement Housing Matters ! a été organisé dans le cadre du MIPIM, lundi 9 mars, offrant un espace de réflexions sur l’accroissement de la demande mondiale en logements. Housing Matters !, selon ses organisateurs, « réunit investisseurs, promoteurs, autorités locales, associations et experts urbains pour repenser les bases du logement ». Le ministre français délégué au Logement, Vincent Jeanbrun, y a participé. Il a indiqué que la France disposait « du deuxième parc de logements par habitant de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques ; 38 pays membres). Mais ils ne sont pas tous situés là où on en a besoin. Et le phénomène de décohabitation des ménages ainsi que le vieillissement de la population amènent à des nouveaux besoins jusqu’ici jamais constatés. C’est pourquoi le gouvernement, avec l’ensemble des acteurs, s’est engagé dans un plan de relance afin de construire deux millions de logements supplémentaires d’ici 2030, soit 400 000 nouveaux logements par an. Cela passe par trois leviers, communs à de nombreux pays : le premier étant de redonner confiance aux ménages dans l’investissement locatif ; simplifier et sécuriser l’acte de construire en réduisant son coût ; et enfin, rénover le stock de logements et décarboner le secteur du bâtiment. »
Le ministre a souligné que le budget 2026 avait « consacré un nouveau dispositif fiscal, qui s’appelle le statut du bailleur privé, rendant plus attractif l’investissement locatif pour les particuliers. Le gouvernement souhaite le renforcer dans les prochains mois. L’État facilite et rentabilise l’investissement dans la pierre, en contrepartie de quoi les investisseurs proposent des loyers abordables. Mais il faut garantir (aux investisseurs) qu’ils seront payés. ».
À ce sujet, il a expliqué s’intéresser de près au modèle canadien où « l’entrée dans le logement est facilitée, avec notamment l’absence de garants, mais où le propriétaire peut expulser très facilement le locataire en cas d’impayés. Cela permettrait d’avoir un marché plus fluide. Au-delà de sécuriser les investisseurs, nous avons un challenge commun : celui de simplifier et faciliter l’acte de construire. En France, comme dans de nombreux autres pays, la question de l’obtention des permis de construire est centrale. Je me bats donc pour redonner confiance aux élus, avec la volonté de leur donner davantage la main sur le peuplement des logements, particulièrement des logements sociaux et abordables, pour les inciter à livrer plus de permis. Inversement, et c’est l’ancien maire (de L’Haÿ-les-Roses, de 2014 à 2024) qui vous parle. Quand la volonté est là, c’est un parcours du combattant pour aménager son territoire avec notamment de nombreux recours dilatoires. Beaucoup de blocages juridiques abusifs existent dans notre pays, il faut que nous puissions les surmonter. »
Sébastien Guiné