Le nautisme durable, levier économique important pour la Côte d’Azur


Economie


27 mars 2026

Les acteurs du secteur du nautisme ont échangé sur cet enjeu devenu majeur pour le territoire

À l’occasion de la 1re édition du Nice Boating Tomorrow (19-22 mars), salon dédié à un nautisme plus respectueux de l’environnement, des acteurs économiques ont échangé sur un enjeu devenu majeur pour le territoire.

« Ce qui au départ aurait pu être perçu comme une contrainte, c’est-à-dire la protection de notre cadre maritime ou l’engagement dans la transition écologique, devient en fait une force et une perspective de développement économique pour notre territoire  », a analysé, en guise de conclusion à une table ronde tenue sur le sujet, Emilie Collignon, chargée de mission « Études économiques et modélisation prospective » de la chambre de commerce et d’industrie Nice Côte d’Azur.

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Auparavant, elle avait présenté les grandes lignes d’une étude de la chambre réalisée fin 2025 sur l’économie bleue dans les Alpes-Maritimes. L’étude avait un double objectif : «  dresser un état des lieux, notamment en terme de poids économique et traiter de la question de la transition écologique et de sa mise en œuvre dans une filière qui peut souvent être pointée du doigt pour son impact environnemental  ». Il résultait de l’étude quatre enseignements clés, énoncés par Emilie Collignon : que « la Côte d’Azur est un haut lieu de la plaisance internationale  », que « l’économie bleue contribue fortement à l’économie locale (avec 2 120 établissements, 5 000 emplois et 1,2 milliards de chiffre d’affaire) », que « la filière ne se résume pas uniquement au nautisme  » et que «  la transition écologique, au-delà d’être une nécessité pour assurer la pérennité de la filière et d’être une conviction pour deux tiers des entreprises interrogées, constitue aussi un levier de performance économique pour les entreprises ». Surtout, a-t-elle précisé, que «  l’ensemble des acteurs a conscience de la montée en puissance de nouvelles destinations yachting », notamment en mer Rouge.

Virage

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Fabien Arnoux, de Riviera Yachting Network, estime qu’il y a tout sur le territoire pour faire face à la concurrence internationale. «  Il y a un potentiel énorme et on est capable de l’assumer. Tous les voyants sont au vert. A nous de faire en sorte que tout reste au vert et de devenir, sans mauvais jeu de mots, plus verts », souligne-t-il. « Avec des solutions simples, on peut améliorer grandement les choses », explique Fabien Arnoux, prenant l’exemple de Monaco Marine, qui avec le passage à de l’éclairage LED pour l’ensemble du dispositif électrique et d’éclairage d’un bateau de 50 mètres, a permis une économie de carburant de 55 000 litres en un an. Pierre Marlinge, du Pôle Mer Méditerranée, a de son côté mis en avant les nombreuses innovations du secteur allant dans le sens de la décarbonation, citant notamment Moby Fly (bateaux hydrofoil zéro émission) et SeaZen (bateaux 100 % électro-solaire en kit), des innovations présentées au premier Nice Boating Tomorrow. « Le monde de la plaisance a pris ce virage (du verdissement) à la fois sur les plans d’eau mais aussi dans les ports  », a confirmé Arnaud Bonnin, directeur des activités portuaires et maritimes de la métropole Nice Côte d’Azur. « Il y a une multitude de projets qui vont transformer le monde du nautisme et j’espère qu’on en parlera en mieux. »


Sébastien Guiné