Transport routier : en région Sud, les organisations professionnelles haussent le ton face à la crise des coûts


Economie


27 mars 2026

Face à l’absence de réponses, les organisations professionnelles annoncent un changement de stratégie.

Les principales organisations du transport routier en région Provence-Alpes-Côte d’Azur annoncent un durcissement de leur mobilisation face à la hausse des coûts, en particulier du carburant, et à ce qu’elles qualifient d’inaction des pouvoirs publics.

Dans un communiqué commun daté du 27 mars, la FNTR Alpes-Maritimes & Var, la FNTR Sud Provence-Alpes-Corse et l’OTRE PACA décrivent une situation « critique  » pour les entreprises du secteur. Elles évoquent une «  crise sans précédent » marquée par une flambée des charges d’exploitation - carburant, pneus, AdBlue, entretien - qui « aggrave un peu plus une équation déjà intenable » pour les transporteurs.

Selon ces organisations, les mesures annoncées jusqu’ici, telles que les reports de charges sociales et fiscales, restent insuffisantes. Elles estiment qu’elles « ne font que repousser les échéances et aggraver l’endettement des entreprises  ». En parallèle, elles pointent un différentiel de réaction avec d’autres pays européens, dénonçant une concurrence jugée défavorable.

Des demandes urgentes

Les acteurs du secteur formulent plusieurs demandes immédiates : la mise en place d’une aide directe par véhicule, la suspension des échéances de prêts et de crédit-bail, une remise ciblée sur le carburant ainsi qu’une augmentation du remboursement de la TICPE pendant la durée de la crise. Ces mesures sont présentées comme «  vitales  » pour la pérennité des entreprises et de l’emploi.

Des actions « graduelles »

Face à l’absence de réponses jugées suffisantes, les organisations professionnelles annoncent un changement de stratégie. Des actions « graduelles » sont actuellement à l’étude à partir du 1er avril, tout en maintenant une volonté affichée de dialogue avec les pouvoirs publics.
Dans un message diffusés Linkedin, la FNTR 06 alerte sur les conséquences économiques d’une absence de soutien au secteur : « Ne pas soutenir le transport dans la crise majeure qu’il traverse est une faute politique dont l’État ne mesure pas les conséquences dramatiques pour le tissu économique tout entier. […] Le transport routier, qui assure 90% des livraisons de marchandises en France, est déterminé à se mobiliser pour défendre l’emploi, la compétitivité, la croissance et le pouvoir d’achats des français. Si nous mourrons, tout s’arrête. Nous voulons des actes. Donc à partir de la semaine prochaine, fini de discuter, nous passons à l’action. »
Les organisations soulignent que le transport routier constitue un maillon essentiel de l’économie nationale, assurant l’essentiel des flux de marchandises. Elles estiment que la poursuite de la dégradation de la situation pourrait entraîner des défaillances d’entreprises, une désorganisation des chaînes d’approvisionnement et des répercussions macroéconomiques plus larges.
Le secteur attend désormais des décisions rapides, alors que la perspective de mobilisations concrètes se précise dans les prochains jours.


Valérie Noriega