« PPI TOULON 2026 » : un exercice de sécurité civile autour d’un sous-marin nucléaire les 1er et 2 avril


Politique


30 mars 2026

Un exercice nucléaire à dominante sécurité civile est programmé les mercredi 1er et jeudi 2 avril 2026 à Toulon. Il vise à tester le plan particulier d’intervention (PPI) du port militaire, dispositif prévu en cas d’événement radiologique.

Organisé conjointement par la Marine nationale, le préfet du Var et l’Autorité de sûreté nucléaire de défense, cet exercice s’inscrit dans l’obligation réglementaire de mise à l’épreuve des PPI tous les cinq ans, conformément à l’article R741-32 du code de la sécurité intérieure. Il complète les exercices d’état-major conduits plusieurs fois par an.

Baptisé « PPI Toulon 2026 », le scénario - tenu secret pour les participants -repose sur un accident majeur fictif affectant la chaufferie d’un sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) stationné dans la zone protégée Missiessy, au sein de la base navale de Toulon. L’hypothèse retenue est celle d’un événement à cinétique lente, laissant s’écouler plus de dix heures entre l’incident initial et d’éventuels rejets radioactifs.

L’exercice prévoit, dans un premier temps, le déclenchement des plans d’urgence interne (PUI) par le commandant du sous-marin et par les autorités de la base navale. Dans un second temps, le préfet du Var pourra activer le plan particulier d’intervention.

Plusieurs dispositifs d’alerte seront testés.
 Pour cet exercice, la préfecture du Var testera donc la mise en œuvre du dispositif « FR-Alert » en envoyant un message sur les téléphones mobiles de toutes les personnes situées dans un rayon de 5 km autour de la base navale.
 Les Sirènes d’Alerte et d’Information de la Population (SAIP) seront également déclenchées sur les 4 communes concernées par le PPI : Toulon, La Seyne-sur-Mer, Saint-Mandrier-sur-Mer et Ollioules.
Plus d’information sur ces alertes à la population en cliquant ICI

La première journée sera consacrée aux opérations techniques internes et à la gestion des victimes sur le site militaire. Les équipes devront notamment tester la chaîne de commandement, porter secours aux blessés, organiser d’éventuelles mises à l’abri et simuler la maîtrise d’un accident nucléaire. L’évaluation des rejets potentiels et de leurs conséquences sanitaires fera également partie des objectifs, tout comme la communication de crise, y compris face à une pression médiatique simulée.
La seconde journée intégrera un scénario de rejet - ou de menace de rejet - de substances radioactives dans l’environnement. Elle mobilisera davantage les autorités civiles, avec pour objectifs de tester la coordination entre les dispositifs PUI et PPI, la circulation de l’information entre centres de décision, ainsi que les mesures de gestion des flux de transport. Les actions de communication vers le public et les médias seront également mises à l’épreuve.

Au-delà de l’entraînement des services, cet exercice vise aussi à sensibiliser la population aux risques nucléaires et radiologiques, et à rappeler les comportements à adopter en cas d’alerte.

Le Plan Particulier d’Intervention (PPI)
Tous les sites industriels ayant une activité à risque doivent disposer d’un Plan Particulier d’Intervention. Le PPI s’inscrit dans la logique du plan ORSEC (Organisation de la Réponse de Sécurité Civile), il définit l’organisation et l’intervention des secours pour assurer la protection des populations et la sauvegarde de l’environnement en cas d’accident à caractère radiologique dont les conséquences s’étendraient à l’extérieur des installations militaires.
Le PPI est élaboré par le préfet de département qui prépare, selon les risques identifiés, les mesures de protection, la mobilisation et la coordination de tous les acteurs concernés :
 L’exploitant, responsable des installations, qui, en plus des mesures de maîtrise des risques, organise un plan d’urgence interne (PUI) afin de lutter contre le sinistre et de ramener l’installation à un état sûr ;
 L’ensemble des services d’urgence et de l’Etat, (sapeurs-pompiers, SAMU, forces de l’ordre, préfecture, services de contrôle des installations…) qui mettent en œuvre les mesures d’information, de protection, de sauvegarde, de secours aux populations et de lutte contre le sinistre ;
 Les communes avoisinantes puisque le PPI leur impose la réalisation d’un Plan Communal de Sauvegarde (PCS) afin de préparer le soutien aux services de secours, l’alerte, l’information et l’accompagnement de la population ;
 Les médias qui seront mobilisés pour garantir l’information ;
 Les exploitants de réseaux de transport, d’énergie, de télécommunications… ;
 L’éducation nationale qui assure la formation des enseignants et la mise en place de Plans Particuliers de
Mise en Sûreté (PPMS) au sein de chaque établissement scolaire pour assurer la sécurité de ses occupants.
Compte-tenu de la nature des activités nucléaires conduites au sein de la base navale de Toulon, seuls des. événements nucléaires à cinétique lente sont pris en compte. Comme son nom l’indique, un événement à cinétique lente est un phénomène qui laisse, à l’exploitant et aux pouvoirs publics, un laps de temps suffisant avant d’envisager un éventuel rejet de radioéléments dans l’environnement. Dans le cas du port militaire de Toulon, le PPI serait mis en œuvre au moins 6 heures avant un éventuel rejet dans l’atmosphère qui interviendrait, au plus tôt, 20 à 30 heures après le début d’un éventuel accident.


Valérie Noriega