Faire appel à l’activité partielle en cas de difficultés économiques


Paroles d’expert


1er avril 2026

Vous pouvez réduire l’activité de vos salariés tout en préservant leur emploi

Face à une baisse de votre entreprise, vous souhaitez réduire l’activité de vos salariés tout en préservant leur emploi ? Plusieurs dispositifs ont été mis en place pour soutenir les entreprises, qu’il s’agisse de l’activité partielle, de l’activité partielle de longue durée ou encore de l’activité partielle de longue durée rebond. En quoi consistent-ils ? Lesquels pouvez-vous encore solliciter ? Le point avec Bercy.

Activité partielle

Appelée aussi « chômage partiel », l’activité partielle permet à une entreprise en difficulté de réduire l’horaire de travail de ses salariés tout en préservant leur emploi. Elle leur verse alors une indemnité pour compenser la perte de salaire liée à la réduction de leur temps de travail. En contrepartie, elle bénéficie d’une allocation prise en charge par l’État et l’Union nationale interprofessionnelle pour l’emploi dans l’industrie et le commerce (Unédic) pour les heures chômées.
L’activité partielle peut être sollicitée lorsque les salariés ont une perte de salaire due à une réduction du temps de travail ou à une fermeture temporaire de tout ou partie de l’établissement. Pour pouvoir en bénéficier, l’entreprise en difficulté doit faire face à l’un des cas de figure suivants : conjoncture économique, difficultés d’approvisionnement, sinistre ou intempéries de caractère exceptionnel, transformation, restructuration ou modernisation de l’entreprise ou toute autre circonstance de caractère exceptionnel.
L’employeur peut alors percevoir pour ses salariés une allocation d’activité partielle dans la limite de 1 000 heures par an et par salarié quelle que soit la branche professionnelle, 100 heures par an et par salarié si l’activité partielle est due à des travaux de modernisation des installations et des bâtiments de l’entreprise.
Les salariés concernés par l’activité partielle perçoivent une indemnité à hauteur de 60 % minimum de leur rémunération antérieure brute, dans la limite de 60 % de 4,5 Smic. Le taux de l’allocation horaire versée à l’employeur est de 36 % du salaire brut antérieur du salarié, dans la limite de 36 % de 4,5 Smic. Pour pouvoir en bénéficier, l’employeur doit adresser une demande d’autorisation d’activité partielle à la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS) de son département. À partir de 50 salariés au sein de l’entreprise, le comité social et économique (CSE) doit être consulté au préalable de la demande à la DDETS.

L’activité partielle de longue durée (APLD)

Depuis le 1er mars 2026, le dispositif d’activité partielle de longue durée (APLD) « rebond » ne peut plus être mis en place mais les dispositifs installés avant cette date peuvent continuer à s’appliquer jusqu’au 30 avril 2028 au plus tard.

L’activité partielle de longue durée (APLD) était une mesure temporaire du plan France Relance cofinancée par l’État et l’Union nationale interprofessionnelle pour l’emploi dans l’industrie et le commerce (Unédic), destinée aux entreprises qui rencontraient une réduction durable de leur activité, sans compromettre leur pérennité. Elle permettait de réduire le temps de travail des salariés avec une indemnisation partielle financée par l’employeur et remboursée en partie par l’État. En échange, l’entreprise s’engageait sur le maintien dans l’emploi et la formation professionnelle de ses salariés.

Depuis le 1er janvier 2023, il n’est plus possible de mettre en place de nouveaux accords APLD. En revanche, les dispositifs déjà existants continuent à s’appliquer jusqu’au 31 décembre 2026, et peuvent être modifiés sous conditions.
Dans le cadre de l’activité partielle de longue durée, il est possible de réduire l’horaire de travail d’un ou plusieurs salariés, sans dépasser 40 % de l’horaire légal. Le salarié concerné perçoit alors une indemnité minimale équivalente à 70 % de sa rémunération brute, plafonnée à 4,5 fois le Smic.
L’employeur, quant à lui, peut percevoir une allocation équivalente à 60 % de la rémunération horaire brute du salarié. Ce dispositif peut être activé pour une durée maximale de 36 mois, qu’ils soient consécutifs ou non, sur une période de quatre ans.

L’activité partielle de longue durée rebond (APLD-R)

La loi de finances pour 2025 a créé un dispositif temporaire baptisé « activité partielle de longue durée rebond » (APLD-R). Ce dispositif pouvait être mis en place jusqu’au 28 février 2026, et il n’est désormais plus possible d’en bénéficier. En revanche, les entreprises bénéficiant d’un accord validé ou d’un document unilatéral homologué avant cette date peuvent conclure des avenants modificatifs de l’accord ou du document unilatéral après le 28 février 2026.
Ce dispositif était un prolongement plus encadré que l’APLD, avec des engagements renforcés notamment en matière de maintien dans l’emploi et de formation professionnelle. L’APLD rebond pouvait être mise en place par accord collectif ou par un document unilatéral élaboré par l’employeur.
L’activité partielle de longue durée rebond (APLD-R) est limitée à 24 mois, avec une indemnisation possible sur 18 mois. Elle peut être mise en œuvre par période renouvelable de six mois maximum.

Textes de référence
Articles R5122-1 à R5122-26 du code du travail sur l’aide aux salariés placés en activité partielle
Article 193 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025
Décret n° 2020-926 du 28 juillet 2020 relatif au dispositif spécifique d’activité partielle en cas de réduction d’activité durable
Décret n° 2025-338 du 14 avril 2025 relatif au dispositif d’activité partielle de longue durée rebond


Jean-Michel Chevalier