10 avril 2026
Renaud Muselier a accueilli une délégation du Parlement européen pour promouvoir la décarbonation industrielle de la zone de Fos-Berre.
Le siège de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur à Marseille a été le théâtre, le 31 mars, d’une rencontre stratégique entre son président, Renaud Muselier, et une délégation de la commission ITRE (Industrie, Recherche, Énergie) du Parlement européen. Cette visite, composée de députés issus de divers groupes politiques, s’inscrit dans un déplacement de plusieurs jours sur le territoire régional, axé sur les grands projets qui dessinent l’avenir industriel et énergétique de l’Europe. L’accueil de cette délégation parlementaire par Renaud Muselier, également Président délégué de Régions de France, souligne l’importance que revêt le territoire Sud dans les nouvelles ambitions de souveraineté du continent. Le programme de la commission ITRE, incluant des étapes clés à Marseille, Fos-sur-Mer et Cadarache, témoigne de l’intérêt porté par les institutions européennes aux initiatives locales visant à concilier réindustrialisation et transition écologique. L’objectif de cette mission est d’observer sur le terrain les dynamiques à l’œuvre et de dialoguer avec les acteurs locaux pour mieux appréhender les défis et les opportunités de la décarbonation.
Au cœur des discussions, l’ambition de transformer la zone industrialo-portuaire de Fos-Berre en un pôle d’excellence de l’industrie décarbonée à l’échelle continentale.
Renaud Muselier a présenté ce projet comme un véritable « laboratoire européen de la puissance industrielle décarbonée », capable de catalyser une dynamique économique et sociale sans précédent.
Les chiffres avancés sont à la hauteur de l’enjeu : près de 20 milliards d’euros d’investissements privés et publics sont attendus pour mener à bien cette transformation, avec à la clé la création ou la consolidation de près de 70 000 emplois directs et indirects. Cette vision positionne la Région Sud non plus comme un simple acteur, mais comme un pilote de la réindustrialisation verte en Europe. Le président de la Région a profité de cette rencontre pour adresser un message politique fort aux représentants européens. Il a plaidé pour une Union européenne plus agile et plus volontariste, capable de soutenir efficacement ses territoires les plus dynamiques.
Il a ainsi appelé de ses vœux « une Europe qui finance plus, décide plus vite et protège ses intérêts industriels ».
Cette prise de position s’ancre dans une conviction profonde, martelée lors des échanges : « Pas de décarbonation sans production, pas de souveraineté européenne sans industrie ».
Pour Renaud Muselier, la transition écologique ne peut se faire au détriment de la base productive du continent ; au contraire, elle doit en être le moteur de modernisation.
Cette ambition régionale s’appuie sur un socle industriel solide et une résilience historique. Un chiffre éloquent a été rappelé pour illustrer cette réalité : depuis 1989, alors que l’emploi industriel chutait de 29 % en moyenne en France, il n’a reculé que de 11 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Cet indicateur démontre la capacité du tissu économique local à s’adapter et à se maintenir, constituant un terreau fertile pour les projets d’avenir. La visite de la délégation, qui se poursuit ce mercredi sur le site de Cadarache pour découvrir le projet de fusion nucléaire ITER, vient confirmer le rôle stratégique que la Région Sud est appelée à jouer dans la construction de l’autonomie industrielle et énergétique européenne de demain.
Gilles Carvoyeur