Edito hebdo - Avons-nous le choix ?


Politique


17 avril 2026

JMC se penche sur les conséquences de la nouvelle loi électorale du 21 mai 2025.

Maintenant que les municipales sont passées et que la fièvre est enfin (un peu) retombée, il est intéressant de se pencher sur les conséquences de la nouvelle loi électorale du 21 mai 2025. Appliquée pour la première fois en mars, elle a instauré le mode de scrutin de liste paritaire dans toutes les communes, y compris pour celles, les plus nombreuses, comptant moins de 1 000 habitants.
D’abord, on ne peut que regretter qu’il ait fallu passer par une loi pour que les femmes soient représentées à parité dans les conseils municipaux. C’était nécessaire, mais cela n’est toujours pas suffisant : si elles sont désormais à égalité en nombre avec les hommes, elles sont encore bien moins nombreuses qu’eux à occuper le siège de maire. Cherchez l’erreur… En revanche, la parité s’applique aussi pour l’élection des adjoints, mais encore faut-il qu’elles ne soient pas cantonnées à la petite enfance, aux jumelages et aux festivités plutôt qu’aux postes à lourdes responsabilités comme le budget ou les travaux. On manque encore sur cette question de statistiques pour connaître les attributions par genre dans les nouveaux conseils.
Malgré ses ambitions, cette loi de 2025 montre quand même des limites dans la représentation démocratique. Au soir du premier tour, parce qu’il n’y avait qu’une seule liste en compétition, 96 % des communes avaient déjà élu leur maire. Conséquence directe des nouvelles conditions électorales : dans un patelin de 100 habitants, comment trouver deux fois sept candidats, dont la moitié de femmes, pour offrir un véritable choix aux électeurs ? Dans un village de 500 habitants comment trouver deux fois onze candidats ? etc. Dans 33 326 communes, les électeurs ne disposaient que d’un seul bulletin de vote. C’est un vrai problème. Il n’y eut de second tour que dans 1 526 communes en France, les plus importantes, où plusieurs listes se présentaient, ce qui semble pour le moins normal dans un pays démocratique.
Très logiquement, la participation était en baisse dans les communes où il n’y avait qu’un seul candidat en lice : quelle légitimité pour un maire, élu disons avec 50 % de votants parmi les inscrits (un cas fréquent), mais avec aussi 10 ou 20 % de bulletins blancs ou nuls ?
Il faut dès maintenant se pencher sur ces questions si l’on ne veut pas détourner davantage les citoyens de la chose publique. Il faut déjà penser à une réforme de cette réforme de 2025 pour que chacun, dans l’isoloir, puisse retrouver une pluralité des candidatures.


C’est quand le roi est nu qu’il découvre sa vulnérabilité. Encore tout puissant il y a peu sur Nice et la Métropole, Christian Estrosi ne dispose plus aujourd’hui que d’un strapontin au conseil régional PACA. Libéré à l’insu de son plein gré de ses mandats maralpins, il pouvait espérer retrouver le fauteuil de cette collectivité qu’il présida de 2015 à 2017. Mais son successeur Renaud Muselier, pris d’une envie irrépressible de Sénat, a désigné un autre dauphin, le Varois François de Canson, à qui il attribue toutes les qualités pour ce poste. Il voit plutôt pour son « ami » l’ancien maire de Nice un avenir « national ». Dit plus brutalement, c’est une invitation polie à aller se faire voir ailleurs.
C’est la dure règle en politique, qui n’aime pas les perdants. Christian Estrosi l’a souvent pratiquée avec ses opposants. Pour lui, aux manettes de grandes collectivités depuis tant d’années, le retour du boomerang est violent : « Tu quoque mi fili » pourrait-il dire à ses bons « amis » Muselier et Ciotti.


Jean-Michel Chevalier