21 avril 2026
Les dirigeants doivent analyser leur organisation et leurs dépenses afin d’identifier des pistes d’amélioration
Dans les entreprises du bâtiment, la maîtrise des coûts est un enjeu permanent. Jean-Michel Laidin, associé Walter France, explique pourquoi les dirigeants doivent régulièrement analyser leur organisation et leurs dépenses afin d’identifier des pistes d’amélioration.
Fluctuation des prix des matériaux, variation de l’activité selon les chantiers, investissements matériels ou gestion des équipes : de nombreux facteurs influencent directement la rentabilité. Dans un contexte économique marqué par la hausse des charges et la pression sur les marges, les entreprises du BTP doivent porter une attention particulière à leur structure de coûts. Chaque décision – qu’il s’agisse de fixer un prix, d’acheter du matériel ou de recruter – a un impact direct sur la rentabilité des chantiers. La question se pose alors naturellement pour de nombreux dirigeants : faut-il ajuster ses prix pour préserver ses marges, ou bien chercher à réduire certaines dépenses ?
Cette réflexion conduit les entreprises à analyser en détail leurs différents postes de coûts. Revoir ses achats, adapter l’organisation du travail, arbitrer entre investissement et location ou encore mieux connaître le coût réel de la main-d’œuvre sont autant de pistes permettant d’optimiser le fonctionnement de l’entreprise et d’améliorer sa performance économique.
Un premier levier consiste à revoir en détail les conditions d’achat des matériaux. Il peut être utile d’analyser poste par poste les tarifs appliqués par les fournisseurs afin de vérifier s’ils restent compétitifs ou s’il existe des possibilités de négociation.
Le dirigeant doit également avoir une vision claire de ses volumes d’achat habituels : palettes, mètres linéaires, ou quantités régulières de certains matériaux. Cette connaissance lui permet de mieux valoriser son pouvoir de négociation. En s’appuyant sur des fournisseurs soigneusement sélectionnés et en leur garantissant un volume d’activité récurrent, il devient souvent possible d’obtenir des conditions tarifaires ou logistiques plus avantageuses.
Dans le secteur du BTP, les équipes permanentes ne correspondent jamais parfaitement aux besoins fluctuants des chantiers. Certaines périodes sont plus calmes, tandis que d’autres entraînent une forte activité.
Lorsque la charge de travail augmente, plusieurs options s’offrent au dirigeant. L’embauche constitue une solution, mais elle implique de réussir le recrutement puis de former le nouveau collaborateur. Une autre approche consiste à faire appel à un sous-traitant expérimenté. Ce professionnel est immédiatement opérationnel et connaît parfaitement son rythme de travail. Par exemple, pour réaliser un carrelage dans une pièce donnée, il pourra estimer précisément le temps nécessaire. Le coût de la prestation est alors connu à l’avance, ce qui facilite le calcul de la marge.
La question des équipements suit une logique similaire. Lorsqu’un outil est nécessaire ponctuellement, la tentation peut être forte de l’acquérir rapidement. Pourtant, un investissement important n’est pas toujours justifié si le matériel n’est utilisé que quelques fois dans l’année.
Prenons l’exemple d’une mini-pelle : son achat représente un coût conséquent. Si elle ne sert que six fois par an, la location peut s’avérer plus pertinente. Dans ce cas, l’entreprise transforme un coût fixe en coût variable et conserve davantage de flexibilité financière. Cette approche permet aussi de s’adapter plus facilement aux variations d’activité.
La masse salariale constitue un autre élément majeur de la structure de coûts. Il est essentiel pour le dirigeant de connaître précisément le coût horaire chargé de chaque collaborateur. Ces informations peuvent être fournies par le responsable paie ou par l’expert-comptable.
Grâce à ces indicateurs, il devient possible de calculer le prix de revient d’une heure de travail et de déterminer le tarif de vente nécessaire pour préserver la rentabilité. Cette analyse est également précieuse lors d’un projet de recrutement : le chef d’entreprise peut alors comparer les options entre embauche en CDD, recours à l’intérim ou prestation externe.
Pour Jean-Michel Laidin : « Optimiser sa structure de coûts nécessite une vision globale et des données fiables. Pour prendre les bonnes décisions, le dirigeant d’une entreprise du BTP a donc tout intérêt à échanger régulièrement avec son expert-comptable. Celui-ci peut fournir des analyses objectives, des indicateurs financiers pertinents et accompagner l’entreprise dans l’amélioration durable de sa rentabilité. »
Jean-Michel Laidin, associé Walter France