Défense spatiale : Thales Alenia Space, Airbus et RADMOR s’allient pour développer un satellite militaire pour la Pologne


Politique


21 avril 2026

Pour développer un nouveau satellite de télécommunications militaires au profit de la Pologne

Les industriels européens de l’espace renforcent leur coopération dans le domaine des télécommunications militaires. Thales Alenia Space a annoncé, le 20 avril à Gdansk, la signature d’un accord de coopération industrielle avec Airbus Defence and Space et la société polonaise RADMOR en vue de développer un satellite géostationnaire de télécommunications militaires destiné au ministère polonais de la Défense.

L’annonce a été officialisée lors d’une cérémonie en présence du ministre polonais de la Défense, Wladyslaw Kosiniak Kamysz, et de la ministre française des Armées, Catherine Vautrin, dans le cadre de la Journée de la fraternité franco-polonaise. L’événement met en avant une coopération industrielle ancienne entre les deux pays, sur fond de renforcement des capacités de défense européennes.
Ce programme s’inscrit dans le plan « Readiness 2030  » lancé en 2025 par la Commission européenne. Le futur satellite doit fournir aux forces armées polonaises des communications « extrêmement sécurisées, fiables et résilientes  », dans un contexte marqué par la montée des conflits de haute intensité et la contestation croissante de l’espace extra-atmosphérique. L’ensemble du système, incluant segments sol et spatial, sera conçu pour être cybersécurisé de bout en bout.

Mutualisation

Les trois partenaires entendent mutualiser leurs expertises, allant des charges utiles de télécommunications militaires à la conception de plateformes satellitaires, en passant par les infrastructures terrestres sécurisées et la cybersécurité.
« Nous sommes fiers de diriger cette coopération industrielle stratégique qui apportera au ministère polonais de la Défense des capacités de télécommunications sécurisées à la pointe de la technologie  », a déclaré Hervé Derrey, Président-Directeur Général de Thales Alenia Space. «  Ce projet de satellite géostationnaire incarnera les plus hauts standards de résilience, cybersécurité et antibrouillage, reflétant notre volonté de renforcer la souveraineté de défense de l’Europe. Conjointement avec Airbus Defence and Space et RADMOR, nous doterons les forces armées polonaises d’une solution globale et robuste répondant aux défis de l’environnement sécuritaire complexe d’aujourd’hui. »
Du côté d’Airbus, Alain Fauré, Directeur de Space Systems au sein d’Airbus Defence and Space, souligne la dimension européenne du projet : «  Ce partenariat reflète ce pourquoi l’Europe est faite : collaborer par-delà les frontières en faveur de l’innovation et de la compétitivité industrielle pour un monde plus sûr et connecté. Il représente également une nouvelle page de l’étroite relation qu’entretient Airbus depuis des décennies avec les forces armées et l’industrie polonaises. »
Pour RADMOR, cette coopération marque une diversification stratégique. «  Nous ouvrons là un nouveau chapitre de la coopération spatiale européenne à une échelle qui permettra de fournir un système ultra fiable aux forces armées polonaises  », a déclaré Bartlomiej Zajac, CEO de RADMOR. «  En tant que société affiliée au Groupe WB, RADMOR est honorée d’oeuvrer aux côtés de partenaires de classe mondiale en apportant son expertise et son expérience de longue date pour fournir des capacités de communication par satellite sécurisées, résilientes et critiques pour les missions. La décision de RADMOR de se lancer dans des activités spatiales découle tout naturellement de l’extension de ses capacités, de son spectre de fréquences et de son portefeuille de solutions de communication. »

Dans un environnement où les infrastructures orbitales sont devenues un élément clé des opérations militaires, l’intégration de capacités satellitaires vise à garantir « une connectivité continue, sûre et résiliente dans tous les domaines opérationnels  ».
Ce projet illustre la montée en puissance des coopérations industrielles européennes dans le spatial de défense, alors que les États membres cherchent à renforcer leur autonomie stratégique face à un environnement géopolitique plus instable.


Valérie Noriega