À Hyères, « La souveraineté de la filière horticole passera par la production


Politique


6 mai 2026

Le 14 avril à Hyères, l’ancien ministre Arnaud Montebourg a tracé les contours d’un plan pour relancer la filière horticole française, misant sur l’investissement et la production.

Animant un groupe de travail sur les productions spécialisées, il a réuni la filière horticole du bassin hyérois, cœur battant de la fleur coupée française. Producteurs, représentants institutionnels et experts se sont penchés sur les leviers pour renforcer une production locale stratégique, confrontée à la concurrence internationale et à de nombreux défis réglementaires et techniques.

La rencontre s’est tenue en présence d’acteurs majeurs du secteur, notamment des représentants de la SICA Marché aux Fleurs, de FranceAgriMer, de la DRAAF PACA et de l’interprofession VAL’HOR, avec son dixième président, Max Bauer, issu du collège production. Des producteurs locaux emblématiques tels que Clément Bruno et l’EARL Francis Fourmillier, ont participé aux débats, qui se sont poursuivis lors d’une visite de terrain. Le message est unanime car pour assurer l’avenir, il faut produire plus et investir mieux.

PERSPECTIVES

L’ancien ministre a insisté sur la nécessité d’établir des perspectives de marché à dix ans, qui devront se traduire par des objectifs concrets en termes d’hectares à planter. Ainsi, le renforcement de la filière est un enjeu de souveraineté.
« La souveraineté passera par la production, la production par l’investissement, et l’investissement par des structures solides comme la SICA MAF », a-t-il martelé.
Avec 80 % des fleurs coupées françaises provenant de son territoire, Hyères est naturellement désignée comme le fer de lance de cette reconquête pour consolider sa position de premier centre horticole national.
« Au-delà des visions stratégiques, les échanges ont mis en lumière les difficultés quotidiennes des producteurs. Les « impasses phytos » constituent un frein majeur à la production. L’exemple des nématodes, qui affectent sévèrement les cultures de pivoines, a été particulièrement discuté » raconte Max Bauer.

Il ajoute : « Face à cette problématique, il a soutenu la mise en place de mesures réglementaires pragmatiques et rapides. Il a plaidé pour une homologation accélérée de solutions déjà éprouvées et autorisées pour d’autres cultures, comme le maraîchage. Il a insisté sur l’importance d’étendre les Autorisations de Mise sur le Marché (AMM) pour les usages mineurs et d’accélérer la reconnaissance mutuelle des autorisations au niveau européen, afin de doter les horticulteurs français des mêmes outils que leurs concurrents ».

La SICA MAF, PIVOT DE LA STRATEGIE

La visite des installations de la SICA (Société d’Intérêt Collectif Agricole) Marché aux Fleurs d’Hyères a souligné son rôle central dans l’écosystème horticole local. La coopérative est un outil essentiel pour les producteurs, offrant des aides à l’investissement, un suivi technique pointu et une diversification des variétés pour mieux répartir les risques et lisser les revenus sur l’année. Grâce à un système de déclarations de culture, elle permet d’ajuster les volumes mis en marché à la demande, évitant ainsi l’effondrement des cours.


Gilles Carvoyeur