Maîtrise des finances publiques : Alexandra Borchio Fontimp appelle à la vigilance sur les conséquences pour les collectivités territoriales


Politique


29 avril 2026

L’éventualité de 6 milliards d’euros d’économies, suscitent de fortes inquiétudes parmi les élus locaux

À la suite de la réunion du Comité d’alerte des finances publiques* du 21 avril, la sénatrice des Alpes-Maritimes Alexandra Borchio Fontimp a exprimé ses inquiétudes quant aux conséquences des orientations budgétaires envisagées par le gouvernement pour les collectivités territoriales. Dans un communiqué diffusé du 28 avril, l’élue souligne que, si la maîtrise des finances publiques s’impose dans un contexte économique et international jugé dégradé, les annonces gouvernementales relatives à un objectif de 6 milliards d’euros d’économies suscitent de fortes interrogations parmi les élus locaux.

La sénatrice indique avoir adressé un courrier à la ministre de l’Aménagement du territoire et de la décentralisation, Françoise Gatel, afin d’obtenir des clarifications sur les modalités de répartition de cet effort budgétaire.

« Le redressement des finances publiques ne peut reposer sur les collectivités »

Dans ce courrier, elle écrit : «  À ce stade, l’absence de clarification sur la ventilation des 6 milliards d’euros d’économies annoncées entretient une incertitude préoccupante pour les collectivités territoriales. Cette situation est d’autant plus difficilement compréhensible qu’elle ne permet pas aux exécutifs locaux de se projeter avec la visibilité nécessaire a une gestion responsable et inscrite dans le temps long. »
La parlementaire rappelle également que les collectivités territoriales participent déjà, selon elle, à l’effort national de redressement budgétaire. Dans son courrier, elle affirme : « Je tiens, avec gravité mais aussi avec clarté, à rappeler que les collectivités territoriales ne sauraient être présentées comme insuffisamment contributrices de l’effort de redressement des finances publiques. Elles y prennent, au contraire, toute leur part depuis de nombreuses années  ». Elle insiste aussi sur le rôle des collectivités dans l’investissement public local : « les collectivités, dont les budgets doivent être équilibrés, ne contribuent pas à la détérioration du déficit public et demeurent les premiers acteurs de l’investissement public, à hauteur d’environ 70 %. »

Dans ce contexte, la sénatrice formule plusieurs demandes au gouvernement : une transparence accrue sur la ventilation des économies annoncées, des garanties quant à l’absence d’impact indirect sur les budgets locaux, ainsi qu’une compensation effective des nouvelles charges pesant sur les collectivités.
Elle alerte également sur l’hypothèse de trajectoires de dépenses imposées aux collectivités. Dans son courrier, elle estime qu’« une telle orientation, si elle venait a se confirmer, soulèverait des difficultés majeures au regard du principe de libre administration  ».
Enfin, Alexandra Borchio Fontimp appelle à renforcer le dialogue entre l’État et les collectivités dans la préparation du projet de loi de finances pour 2027. Elle plaide pour que les élus locaux soient pleinement associés à la définition des orientations budgétaires à venir, afin de préserver leur capacité d’investissement et de maintien des services publics de proximité.

Qu’est-ce que le Comité d’alerte des finances publiques ?
Lancé en avril 2025, le comité d’alerte rassemble l’ensemble des acteurs concernés par les finances publiques du pays : parlementaires, représentants des élus locaux, représentants des caisses de sécurité sociale, représentants des partenaires sociaux et représentants institutionnels (Cour des comptes, Banque de France, INSEE, Haut Conseil des Finances publiques). Ce comité a été réuni le 21 avril à Bercy par Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, aux côtés de Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées et Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation. Ce premier Comité d’alerte avait pour objectif de faire un point d’étape sur les impacts de la guerre au Moyen-Orient et d’ajuster les prévisions pour l’année en cours.


Valérie Noriega