1er mai 2026
Entre producteurs locaux, stands gourmands et ambiance familiale, la fête confirme son ancrage dans le territoire.
Chaque année, la fraise attire les foules à Carros. Entre producteurs locaux, stands gourmands et ambiance familiale, la fête confirme son ancrage dans le territoire.
C’est sous un soleil printanier que la foule s’est pressée ce week-end dans les allées de la Fête des fraises à Carros. Dès le début d’après-midi, ce samedi 25 avril, les visiteurs affluent, panier à la main, à la recherche du fruit star du canton. Sur les étals, les barquettes se vident rapidement, preuve d’un engouement toujours intact pour cette production locale.
Pour beaucoup, c’est une découverte. « C’est la première fois, pourtant j’habite à côté », confie Evelyne, venue presque par hasard avec sa belle-sœur. Résultat : un kilo et demi de fraises dans le panier. « Elles sont nickel, bien sucrées. » Même constat pour Anne, également novice : « On m’en avait parlé, alors je suis venue. » Comme beaucoup de visiteurs, elle repart avec des fraises de Gattières, réputées dans le secteur. « On nous a dit que c’était les meilleures, alors on a suivi », sourit-elle. La fête attire aussi des habitués venus de plus loin. Gladys, venue de Moulinet dans le Mercantour avec ses enfants, ne manque pas le rendez-vous : « On trouve de bonnes fraises, et il y a aussi tout un marché d’artisans. » Pour les plus jeunes, difficile de résister : « J’en ai mangé beaucoup », lance Dilla, 10 ans, tandis que Gabriel, 7 ans, classe la fraise « deuxième meilleur fruit du monde à ses yeux après le melon, et devant la pastèque ! ». Au-delà du fruit, l’événement séduit par son ambiance. « C’est agréable, il y a beaucoup d’animations, même pour les enfants », souligne Jean-François, déjà présent l’an dernier.
Parmi les exposants, une auto-entrepreneure traiteur à Vence, Drifa Falfali, propose des créations autour du fruit. Elle présente notamment « des fraises enrobées aux différents chocolats, des cookies à la fraise, des cookies pralines et roses et des cookies basiques, noisettes, chocolat au lait ». Drifa explique avoir adapté son offre pour l’événement.
Derrière le succès de la fête, il y a surtout le travail des producteurs. Lucie Clerici, agricultrice à Gattières, sur la Baronne, perpétue une tradition familiale. « La fraise, c’est un produit très périssable : on ramasse et on vend dans la foulée. Ce que vous achetez a été cueilli il y a deux heures. » Si la fête est un temps fort, elle ne résume pas la saison. « On produit de mars à juillet. La fête, c’est important, mais ce n’est qu’un moment parmi d’autres. » La demande, elle, ne faiblit pas : « Les gens sont toujours autant demandeurs… et toujours aussi frustrés quand il n’y en a plus », sourit-elle. Dans le canton, les producteurs se font plus rares, mais restent mobilisés pour valoriser une production locale. « On parle de fraise de Carros, mais c’est toute la zone autour : Gattières, Le Broc, La Gaude… »
Une filière qui cherche aujourd’hui à se structurer pour mieux protéger et valoriser son identité. Surtout, dans un contexte compliqué pour l’agriculture : concurrence étrangère mais aussi augmentation des prix à cause notamment de la guerre au Moyen-Orient.
Pour le maire de Carros, Stéphane Revello, cette fête revêt une dimension particulière. « C’est ma première en tant que maire organisateur, mais personnellement c’est ma quarantième », souligne-t-il avec attachement.
Un symbole fort pour la commune : « C’est une fierté de faire rayonner Carros. » Et le succès semble au rendez-vous : « Dès le matin, il y avait énormément de monde. » Célébrée depuis le milieu des années 70 sur la place des Plans, à l’origine, les producteurs profitaient de cette "fête de Pâques" pour offrir leurs fraises gratuitement afin de faire connaître le produit. Le succès a été tel que la célébration a fini par changer de nom. Désormais, ce sont les producteurs eux-mêmes qui fixent la date en fonction de la maturité du fruit pour garantir la qualité.
Manon Laniel