8 mai 2026
À Beaulieu-sur-Mer, la Villa Kérylos a présenté sa nouvelle saison
À Beaulieu-sur-Mer, la Villa Kérylos a présenté sa nouvelle saison culturelle. Une offre enrichie qui mise sur la médiation, la diversité des visites et un ancrage renforcé dans la vie locale.
« Les nouveautés sont la multiplication des visites avec différents thèmes », explique Agnès Marandon, la nouvelle directrice d’exploitation de la Villa Kérylos.
Construite au début du XXe siècle au bord de la Méditerranée, cette demeure d’exception entame un nouveau chapitre de son histoire. Depuis le 1er janvier, la société Edeis Culture a été sélectionnée par l’Institut de France pour assumer, pendant huit ans, la gestion et la mise en valeur de ce joyau de la Côte d’Azur. Sous cette nouvelle impulsion, le site propose désormais trois visites guidées par jour, toute l’année : deux parcours classiques et une visite thématique évoluant au fil des saisons.
L’expérience de visite se veut plus intimiste et diversifiée. Des visites VIP destinées aux clients des palaces de la Riviera, ainsi que des formats apéritifs en petits groupes, font leur apparition. « Une visite un peu privée qui finirait par une coupe de champagne », résume la directrice. Elle ajoute : « On ne manque pas de lieux à privatiser sur la Côte d’Azur, mais ici, il y a une certaine sérénité, une certaine simplicité qui démarquent beaucoup des autres établissements. »
Cette programmation, encore en construction, sera prochainement complétée par des conférences et des ateliers.
L’autre évolution majeure concerne la médiation culturelle. L’audioguide a été intégralement repensé pour sortir des sentiers battus. « Ce n’est plus un audioguide où on récite ce que sont les pièces », précise Agnès Marandon.
L’outil prend désormais la forme d’un dialogue entre Gustave Eiffel et le mécène Théodore Reinach, à l’origine de cette demeure conçue avec l’architecte Emmanuel Pontremoli. Ce dialogue est décliné en plusieurs langues, dont le russe, et s’accompagne d’une version ludique pour enfants sous forme d’énigmes.
Par ailleurs, les visites guidées permettent désormais d’accéder à certains espaces habituellement fermés au public en visite libre. « Ce n’est quand même pas pareil qu’un audioguide », insiste la directrice, soulignant la présence de médiateurs dans les salles pour accompagner le public.
Au-delà de la simple contemplation patrimoniale, la Villa Kérylos renforce son ouverture aux acteurs locaux. La réouverture du site aux événements privés est l’un des piliers de cette nouvelle stratégie. « On essaye d’avoir des partenariats avec des restaurants pour quelques privatisations et on est ouvert aux séminaires d’entreprises », souligne Agnès Marandon.
Ce maillage local s’étend également au monde de l’image avec un partenariat noué avec le cinéma de Beaulieu pour organiser des projections en plein air cet été.
S’inspirant entièrement de la Grèce antique, la bâtisse Belle Époque demeure un havre de paix. « Tout est pensé comme une villa grecque : le plan, les salles, le péristyle », rappelle la directrice.
Le jardin, bien que méditerranéen aujourd’hui, devrait à terme retrouver son essence hellénique originelle. Agnès Marandon insiste sur le caractère unique du lieu : « Plus qu’un musée, il s’agit d’un monument et d’un jardin classés. »
Cette saison sera également marquée par l’art contemporain avec une exposition annoncée de l’artiste Arumi Klausowska de Rola. Malgré ces ambitions, la jauge reste volontairement limitée pour garantir une expérience de haute qualité. « C’est toujours une visite tranquille, apaisante, avec des équipes présentes pour accompagner le public », conclut-elle.
Manon Laniel