Tortues marines : six espèces sur sept menacées alerte la Fondation de la Mer


Environnement


19 mai 2026

La Fondation de la Mer appelle à une mobilisation urgente pour les protéger.

À l’approche de la Journée mondiale de la Tortue, célébrée le 23 mai, la Fondation de la Mer publie une tribune pour sensibiliser à la situation préoccupante des tortues marines, dont plusieurs espèces sont aujourd’hui menacées d’extinction.

Présentes dans les océans depuis plus de 110 millions d’années, les tortues marines occupent une place clé dans les équilibres écologiques. Les tortues vertes participent à la préservation des herbiers marins, essentiels à de nombreuses espèces, tandis que les tortues luth régulent les populations de méduses. En rejoignant les plages pour pondre, elles contribuent également au transfert de nutriments entre les milieux marins et côtiers, enrichissant les sols dunaires via les résidus organiques issus des œufs. Malgré ce rôle écologique majeur, leur survie est fragilisée.

Six espèces sur sept menacées

Sur les sept espèces recensées dans le monde, six figurent désormais sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), dont deux classées en danger critique d’extinction.
La Fondation de la Mer identifie plusieurs facteurs de déclin  : pollution plastique, captures accidentelles liées à la pêche, destruction des plages de ponte, artificialisation des littoraux, réchauffement climatique, braconnage et prédation naturelle. Chaque minute, rappelle l’organisation, 18 tonnes de plastique seraient déversées dans la nature avant de rejoindre les océans, où les tortues confondent régulièrement sacs plastiques et méduses.
Le dérèglement climatique constitue une autre menace structurelle. La hausse des températures modifie les zones de ponte et perturbe le ratio entre femelles et mâles à la naissance, le sexe des nouveau-nés dépendant en partie de la température du sable durant l’incubation.

Appel à la mobilisation

Dans ce contexte, la Fondation de la Mer met en avantles actions financées tout au long de l’année en Méditerranée ainsi qu’en Afrique, notamment au Congo et dans le Golfe de Guinée. Ces soutiens permettent la surveillance des plages de ponte, la protection des nids, le suivi scientifique des populations, le développement de techniques de détection et des campagnes de sensibilisation auprès du grand public, des pêcheurs et des acteurs du tourisme.
En 2025, la Fondation indique avoir contribué à l’observation de cinq espèces (tortue caouanne, tortue verte, tortue olivâtre, tortue imbriquée et tortue luth) à la protection de 801 nids et à la prospection de 575 kilomètres de plages.
« Protéger les tortues marines, c’est contribuer au maintien de l’équilibre des écosystèmes marins. Leur déclin entraîne des répercussions majeures sur la biodiversité marine et la santé globale de l’Océan  », souligne Anaïs Massé, directrice scientifique de la Fondation de la Mer, appelant à réduire la consommation de plastique, préserver les espaces naturels littoraux et encourager une pêche durable.


Valérie Noriega