29 mai 2026
Cannes finance le permis de conduire pour quinze jeunes Cannois en échange de 70 heures d’engagement citoyen
La scène est devenue familière dans de nombreuses collectivités : aider les jeunes à financer leur permis de conduire en échange de quelques heures de bénévolat. Mais à Cannes, où la municipalité reconduit pour la onzième année son dispositif de « bourse au permis », l’initiative prend une dimension plus politique : celle d’un contrat civique local assumé.
Jeudi 28 mai, quinze jeunes Cannois âgés de 17 à 25 ans ont signé à l’Hôtel de Ville une convention tripartite avec la mairie et leur auto-école. À la clé : jusqu’à 900 euros de prise en charge pour financer le permis de conduire. En contrepartie, les bénéficiaires devront effectuer 70 heures de mission d’intérêt général auprès d’associations ou de services municipaux. Depuis son lancement en 2015, le dispositif a bénéficié à 149 jeunes. Un chiffre modeste à l’échelle d’une ville comme Cannes, mais qui illustre une tendance croissante des collectivités à conditionner certaines aides à une forme d’engagement citoyen.
Car derrière l’aide à la mobilité se dessine un objectif plus large. Pour la municipalité dirigée par David Lisnard, également président de l’Association des maires de France, le permis n’est pas seulement un outil d’insertion professionnelle : il devient aussi un levier de responsabilisation civique. « Cette solidarité municipale repose sur une logique de réciprocité et d’engagement civique », a souligné l’édile lors de la cérémonie organisée dans le salon Marianne de l’Hôtel de Ville.
Le dispositif s’adresse aux jeunes Cannois inscrits dans une auto-école partenaire. Les candidats sont sélectionnés sur dossier selon plusieurs critères : motivation, parcours personnel ou encore projet associatif envisagé. Une fois retenus, ils doivent respecter un parcours strict : assiduité aux cours de code, examens blancs, formation à la sécurité routière dispensée par la police municipale, suivi régulier avec les services jeunesse de la ville et réalisation effective des 70 heures de mission. L’initiative intervient dans un contexte où le coût du permis constitue toujours un frein majeur pour les jeunes. Selon les auto-écoles, une formation complète peut désormais dépasser les 1 500 euros, particulièrement dans les grandes agglomérations. Or, pour de nombreux étudiants, apprentis ou jeunes actifs, le permis reste indispensable à l’accès à l’emploi, notamment dans les secteurs nécessitant des horaires décalés ou une mobilité quotidienne.
À Cannes, la municipalité assume ainsi une approche fondée sur le « donnant-donnant » : une aide publique, mais adossée à une contrepartie concrète. Une philosophie qui séduit de plus en plus de collectivités confrontées à la hausse des demandes d’aides sociales et à la nécessité de valoriser l’engagement local.
Pour l’édition 2026, le jury a retenu quinze lauréats, parmi lesquels six jeunes femmes et neuf jeunes hommes.
Valérie Noriega