La villa du Jardin botanique Val Rahmeh retrouve son éclat à Menton


Economie


10 juin 2026

Le jardin Val Rahmeh abrite une exceptionnelle palette végétale, sa villa est aujourd’hui rénovée

Après cinq années de travaux menés en plusieurs étapes, le Muséum national d’Histoire naturelle vient d’achever la restauration de la villa historique du Jardin botanique Val Rahmeh, à Menton. Une opération destinée à préserver ce témoin du patrimoine de la Riviera tout en renforçant son attractivité.

Au cœur du Jardin botanique Val Rahmeh, l’une des adresses les plus singulières de la Côte d’Azur, la villa historique a retrouvé son apparence originelle. Le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), gestionnaire du domaine depuis 1966, a conduit entre 2020 et 2025 un vaste programme de réhabilitation du bâtiment.


Gilles Bloch Président du Muséum national d’Histoire naturelle ©MNHN A. Iatzoura

Le chantier s’est déroulé en deux phases. Entre 2020 et 2021, les interventions ont porté sur les éléments structurels, notamment la toiture et la gestion des eaux pluviales. Une seconde campagne, engagée de 2023 à 2025, a permis de restaurer les façades et de restituer plusieurs décors disparus.
Parmi les réalisations les plus emblématiques figure la remise en état de la structure en ferronnerie qui marque l’entrée de la villa. Déposée puis restaurée par des artisans spécialisés, elle a retrouvé ses motifs végétaux d’origine ainsi que l’angelot qui la surmontait autrefois. Une lanterne historique, disparue au fil du temps, a également été recréée grâce à des documents d’archives.
Les quatre médaillons décoratifs des façades ont fait l’objet d’une restauration minutieuse, tandis que deux nouveaux portails en ferronnerie ont été installés sur les façades est et ouest afin de renforcer la mise en valeur architecturale du bâtiment.

L’inauguration officielle de la villa rénovée s’est tenue lundi 9 juin. © MNHN A. Iatzoura

Une réhabilitation au long cours

Cette réhabilitation s’inscrit dans une démarche plus large de préservation du patrimoine bâti du site. Ces dernières années, le grand bassin historique du jardin a été rénové, les restanques en pierre sèche consolidées et plusieurs aménagements réalisés selon des techniques traditionnelles privilégiant les savoir-faire locaux et la maîtrise de l’impact environnemental.
Le projet a bénéficié du soutien de plusieurs partenaires. Le programme européen Interreg ALCOTRA « Nature et Culture pour tous 2 » a apporté une contribution de 102 000 euros afin de favoriser la coopération entre les grands jardins de la Riviera franco-italienne et d’améliorer l’accueil du public.
La restauration de la villa a également été accompagnée par trois entités du groupe Crédit Agricole - la Fondation d’entreprise Crédit Agricole Provence Côte d’Azur, la Fondation Crédit Agricole-Pays de France et Crédit Agricole S.A. -tandis que le Fonds de dotation Muséum pour la Planète – Fonds Van Cleef & Arpels a financé la rénovation du bassin historique.

Avec l’achèvement de ces travaux, le Jardin botanique Val Rahmehrenforce encore son identité, à la croisée du patrimoine, de la recherche scientifique et de la valorisation des collections végétales.

Val Rahmeh, un jardin d’exception sur la Riviera

Bassin © MNHN - A. Iatzoura

Créé autour de la villa édifiée en 1875, le domaine de Val Rahmeh fête cette année ses 150 ans d’existence. Passé entre les mains de plusieurs propriétaires britanniques avant son acquisition par l’État en 1966, il est ouvert au public depuis 1967. Situé dans la baie de Garavan, à Menton, ce jardin bénéficie d’un microclimat particulièrement doux qui favorise l’acclimatation d’espèces venues du monde entier. Il abrite aujourd’hui près de 1 800 espèces végétales, réparties entre flores méditerranéennes, subtropicales et tropicales, représentant 160 familles et 700 genres botaniques. Parmi ses collections figurent des agrumes, des plantes aquatiques, des espèces rares ou menacées ainsi qu’un patrimoine végétal hérité de l’histoire du domaine, notamment des oliviers pluricentenaires et les palmiers plantés dans les années 1920.
Labellisé « Jardin remarquable  » depuis 2014 et « EcoJardin » depuis 2024, Val Rahmeh est aussi un site de recherche et de conservation reconnu. Plus de cent espèces qu’il abrite figurent sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).


Valérie Noriega