Alpes-Maritimes : une feuille de route à l’horizon 2035 pour adapter la forêt au changement climatique


Politique


15 juin 2026

Présentation de la feuille de route des Assises de la Forêt dans les Alpes-Maritimes

La préfecture des Alpes-Maritimes a dévoilé vendredi les conclusions des Assises de la forêt lancées en février dernier. Face au dépérissement croissant des massifs méditerranéens, l’État entend structurer une stratégie de long terme conciliant préservation de la biodiversité, gestion de la ressource et développement de la filière bois.



Avec près de 67 % de son territoire couvert de forêts, les Alpes-Maritimes figurent parmi les départements les plus boisés de France. Mais ces espaces naturels, qui jouent un rôle essentiel dans la régulation des eaux, la prévention des risques naturels et la captation du carbone, sont aujourd’hui fragilisés par les effets du changement climatique.

L’aridification progressive du climat méditerranéen provoque en effet des phénomènes de dépérissement des peuplements forestiers, mettant sous tension un patrimoine naturel particulièrement riche en biodiversité. C’est dans ce contexte que le préfet des Alpes-Maritimes, Laurent Hottiaux, avait lancé en février 2026 les Assises de la forêt afin de bâtir une stratégie départementale à long terme. «  Notre forêt est en danger. Elle est notre bien commun et nous devons la protéger. Cette feuille de route des Assises de la Forêt repose sur deux convictions. La première : la forêt, c’est la biodiversité, et la biodiversité, ce sont des services écosystémiques qui nous sont rendus (qualité de l’air, qualité de l’eau, captation du carbone, prévention des risques naturels...). La seconde est l’interdépendance de nos territoires. Tous les Maralpins en sont les bénéficiaires ; tous, donc, en sont comptables. Les services de l’État sont pleinement mobilisés pour porter la politique forestière avec la mise en oeuvre d’actions concrètes et accompagner les projets locaux. » a souligné le préfet des Alpes-Maritimes

Une gouvernance élargie

Pendant plusieurs mois, la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) a réuni l’ensemble des parties prenantes du secteur : services de l’État, Office national des forêts, Parc national du Mercantour, collectivités locales, associations environnementales, représentants du monde agricole, professionnels du bois et acteurs des activités de pleine nature. Au total, 95 participants issus d’une cinquantaine d’organisations ont contribué aux travaux au travers de quatre ateliers consacrés à la biodiversité, au renouvellement des peuplements forestiers, à la filière bois ainsi qu’à l’éducation à l’environnement. L’objectif étant de dépasser les approches sectorielles pour faire émerger une vision commune de la forêt et des services qu’elle rend aux territoires.

Adapter les massifs aux nouvelles conditions climatiques

La feuille de route présentée vendredi fixe un horizon à 2035 et s’articule autour de quatre axes et de dix actions opérationnelles. Le premier enjeu concerne l’adaptation des forêts aux conséquences du changement climatique. Les acteurs souhaitent favoriser le renouvellement des peuplements les plus vulnérables et restaurer l’équilibre entre la forêt et les populations d’ongulés sauvages, dont la pression peut compromettre la régénération naturelle des essences.
La stratégie met également l’accent sur les interactions entre la forêt et la ressource en eau, dans un département particulièrement exposé aux épisodes de sécheresse.

Structurer la filière bois locale

Au-delà de la protection des écosystèmes, les Assises visent aussi à renforcer la valorisation économique des ressources forestières. L’État souhaite dynamiser l’exploitation du bois dans une logique de gestion durable et mieux organiser la filière à l’échelle départementale. L’enjeu est de trouver un équilibre entre les capacités de production locales et les besoins d’approvisionnement, tout en favorisant les complémentarités entre les territoires de montagne et les zones plus urbanisées du littoral.

Sensibiliser les usagers

La fréquentation croissante des espaces naturels constitue un autre défi identifié par les participants. La feuille de route prévoit ainsi des actions de sensibilisation du grand public et des campagnes de communication communes afin de diffuser les bonnes pratiques en forêt.
Pour les services de l’État, la préservation des massifs forestiers dépasse désormais le seul cadre environnemental. Elle touche également à la qualité de l’eau, à la prévention des risques naturels, à l’attractivité touristique et à la résilience des territoires face au réchauffement climatique.

La version définitive de la feuille de route sera publiée en septembre 2026, après une phase de concertation complémentaire avec les partenaires. La mise en œuvre des premières actions sera assurée sous la coordination de la DDTM, dans le cadre d’une gouvernance collégiale associant l’ensemble des acteurs mobilisés lors des Assises.


Valérie Noriega