Dernier round au Moyen-Orient ?


Politique


19 juin 2026

Trump sait être fort avec les faibles, mais il est bien faible avec les forts nous dit JMC

Qualifiée de « combat du siècle » en 1971, la rencontre au Madison Square Garden de New York entre Joe Frazier et Mohamed Ali est restée dans les mémoires des amateurs de boxe. Elle devrait pourtant faire bientôt figure d’anecdote historique si Donald Trump réussit à rencontrer comme il le souhaite le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei. Un événement « probable » pour le président américain, qui ajoute quand même « selon ce qui va se passer  ». En effet…

Pas sûr que le mollah en chef ait une envie irrépressible de serrer la cuillère au représentant du « grand satan » qui l’a fait bombarder dès l’ouverture des hostilités entre les deux pays. Cette nouvelle fanfaronnade de l’hôte de la Maison-Blanche en dit long sur sa façon de mener ses affaires par des revirements permanents qui décrédibilisent son action aussi sûrement que ses mensonges éhontés. Il a annoncé 39 fois pour rien (!) la conclusion d’un accord de paix avec l’Iran.
Cette fois-ci semble la bonne. Il était temps.
Les États-Unis ne savaient plus comment achever cette guerre avec l’Iran qui, comme l’Ukraine avec la Russie, a résisté de façon inattendue à une puissance militaire largement supérieure, au moins sur le papier. La théocratie qui devait être abattue est toujours en place, mais il y eut sans doute des avancées sur le nucléaire et sur le Liban. À moins de six mois des élections de mi-mandat, un accord même a minima était indispensable pour le président américain.
Moins visible, un autre revers est tout aussi conséquent pour Trump : le cavalier seul qu’Israël fait au Liban. Là encore, les États-Unis ne contrôlent plus leur allié traditionnel qui ne répond plus aux injonctions (et ne tient aucun compte des condamnations internationales pour les victimes innocentes de ces destructions massives). La perte d’autorité et de prestige se traduit aussi dans les pays du Golfe avec le parapluie américain percé qui n’a pas réussi à les protéger de la pluie de drones et de missiles.

Fort heureusement, l’Europe s’est tenue à distance de ces guerres ouvertes sans la légitimité d’un mandat international. Trump a beau tempêter que l’Otan est un ramassis de lâches, le droit et la morale sont du côté de ceux qui respectent les lois. L’Histoire pardonne souvent les excès des vainqueurs, et de ce côté, Trump n’a pas grand-chose à attendre. Le guide suprême Khamenei n’est pas un Maduro que l’on peut aller chercher manu militari… La Maison-Blanche aura aussi cassé les assiettes avec ses alliés européens qui, désormais, ne font plus du tout confiance à la solidité de son engagement à leurs côtés au moment où Moscou se montre pressant aux frontières.
À l’évidence, Trump sait être fort avec les faibles, mais il est bien faible avec les forts. Il prend soin d’éviter de fâcher Poutine et Xi qui pourtant ne se cachent pas de soutenir l’Iran et la Corée du Nord.

Il n’y a évidemment aucun risque que le Number One américain prenne un jour prochain le thé avec Khamenei : les deux personnages ont toujours leurs gants de boxe à portée de poing.
Il nous reste à espérer une paix durable, ce qui n’est pas garanti...


Jean-Michel Chevalier