Éloquence : quinze collégiens des Alpes-Maritimes ont relevé le défi des « 180 secondes pour convaincre »


Enseignement


19 juin 2026

Le premier prix a été attribué à Nohan Bouvil, élève du collège François-Rabelais de L’Escarène.

Le Conservatoire régional de musique de Nice a accueilli, jeudi 18 juin, la finale départementale du concours d’éloquence « 180 secondes pour convaincre ». Quinze collégiens, représentant autant d’établissements des Alpes-Maritimes, se sont succédé sur scène devant près de 350 personnes, composées de familles, d’enseignants et de partenaires éducatifs.

Créé en 2019 à l’initiative du collège Antoine-Risso de Nice, ce rendez-vous consacré à l’expression orale s’est progressivement imposé dans le paysage éducatif maralpin. Chaque établissement organise d’abord une sélection interne avant de désigner son représentant pour la finale départementale, limitée à quinze candidats.
Sur le principe de Ma thèse en 180 secondes, durant trois minutes maximum, les élèves ont défendu un plaidoyer sur un thème libre, validé en amont par leurs enseignants. Les sujets abordés ont été variés, allant de la pression scolaire à la condition des femmes iraniennes, en passant par les jeux vidéo, l’humour, la guerre en Ukraine ou encore la place de l’imagination dans la société.

Un accompagnement à l’art oratoire

En amont de la compétition, les finalistes ont bénéficié d’un accompagnement spécifique assuré par leurs professeurs mais aussi par des comédiens et des coachs spécialisés en éloquence. Six heures d’intervention ont été proposées dans chaque collège afin de préparer les candidats à la prise de parole en public.
Le jury, présidé par l’ancien bâtonnier Adrien Verrier, réunissait notamment Muriel Mayette-Holtz, directrice du Théâtre national de Nice et marraine de cette édition, ainsi que Frédérique Grégoire, avocate, Christian Guérin, comédien du collectif Mains d’oeuvre, Laurent Vareille, journaliste ICI Côte d’Azur, Alexandra Djivas, inspectrice de l’Éducation nationale - Lettres et un représentant du Conseil départemental des Alpes-Maritimes.

Le collège François-Rabelais remporte l’édition 2026

À l’issue des délibérations, le premier prix a été attribué à Nohan Bouvil, élève du collège François-Rabelais de L’Escarène. Son intervention consacrée à la politesse a convaincu le jury. Premier prix de l’édition 2026, Nohan Bouvil, élève du collège François-Rabelais de L’Escarène, a choisi de défendre un sujet du quotidien : la politesse. Dans un discours mêlant humour, exemples concrets et références littéraires, le jeune orateur s’est interrogé : « La politesse est-elle démodée ? »
Dès les premières minutes, il a affirmé que « la politesse ne sert point uniquement à faire joli  », rappelant qu’elle possède aussi une dimension pratique dans la vie de tous les jours. Selon lui, les bonnes manières favorisent avant tout le respect mutuel : « La politesse permet aussi de se sentir respecté. » Face à ceux qui considèrent les formules de courtoisie comme une forme d’hypocrisie, le collégien a répondu sans détour : «  La politesse permet avant tout de se respecter les uns les autres ; même si certains l’utilisent de manière hypocrite, cela ne veut pas dire qu’il faut en faire une généralité. »
Dans la conclusion de son plaidoyer, il a défendu la politesse comme «  un art de vivre » qui «  rend le vivre-ensemble durable et agréable », avant d’ajouter qu’elle constitue «  l’un des piliers fondamentaux de la vie en société ». Le jeune lauréat a terminé sur une citation de Taha-Hassine : «  Qui sème la politesse, récolte la considération », avant de remercier le public avec une formule qui a fait sourire la salle : « Je vous suis infiniment, profondément et absolument reconnaissant de votre aimable, admirable et sublime écoute. Merci. » Une prestation saluée par le jury pour son aisance, son humour et la qualité de son argumentation.

 Le deuxième prix est revenu à Sofiatou Kebe Khouma, du collège Antoine-Risso de Nice, pour un discours dénonçant les mutilations génitales féminines. Maram Alaya, du collège Les Campelières de Mougins, a obtenu le troisième prix avec une prise de parole consacrée aux femmes iraniennes.

 Deux distinctions spéciales ont également été décernées à Léo Azzopardi, du collège de l’Archet à Nice qui se demandait si l’on peut rire de tout : le prix de la marraine et le prix des collèges.

Le palmarès 2026

1er prix : Nohan Bouvil (collège François-Rabelais, L’Escarène) ;
2e prix : Sofiatou Kebe Khouma (collège Antoine-Risso, Nice) ;
3e prix : Maram Alaya (collège Les Campelières, Mougins) ;
Prix spécial de la marraine : Léo Azzopardi (collège de l’Archet, Nice) ;
Prix des collèges  : Léo Azzopardi (collège de l’Archet, Nice).
Les cinq lauréats ont reçu un iPad. L’ensemble des participants s’est vu remettre un Pass Excellence06, donnant accès à diverses activités culturelles, artistiques et sportives proposées par le Département des Alpes-Maritimes.

Cette édition 2026 réunissait les collèges Albert-Camus (Mandelieu), Antoine-Risso (Nice), Arnaud-Beltrame (Pégomas), Auguste-Blanqui (Puget-Théniers), César (Roquefort-les-Pins), des Baous (Saint-Jeannet), La Bourgade (La Trinité), l’Archet (Nice), l’Eganaude (Biot), Les Campelières (Mougins), Les Vallergues (Cannes), Pierre-Bonnard (Le Cannet), René-Cassin (Tourrette-Levens), Roger-Carles (Contes) et François-Rabelais (L’Escarène).


Valérie Noriega