26 juin 2026
Le 22 juin à Marseille, le Réseau Régional « Une Seule Santé » a été lancé pour lier santé humaine, animale et environnementale.
Face aux crises sanitaires et écologiques qui se multiplient, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur franchit une étape décisive en adoptant une approche intégrée de la santé. Le lundi 22 juin, l’Institut Méditerranéen de la Ville et des Territoires (IMVT), à Marseille, accueille la journée de lancement officielle du Réseau Régional « Une Seule Santé » (« One Health »). Cette initiative, portée par un consortium d’acteurs majeurs, vise à concrétiser le principe selon lequel la santé humaine est indissociable de celle des animaux, des végétaux et des écosystèmes qui nous entourent.
L’événement est le fruit d’une collaboration entre l’Agence Régionale de la Biodiversité et de l’Environnement (ARBE), l’Agence Régionale de Santé (ARS PACA), la Région Sud et la Direction Régionale de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement (DREAL).
L’approche « Une Seule Santé », promue à l’échelle mondiale par les institutions des Nations Unies, s’impose comme un cadre de référence pour aborder des problématiques complexes et interconnectées. Changement climatique, érosion de la biodiversité, émergence de zoonoses (maladies transmises de l’animal à l’humain), pollutions diffuses ou encore sécurité alimentaire : tous ces défis requièrent une vision globale et décloisonnée.
En plaçant la santé comme un prisme d’analyse des enjeux écologiques, cette démarche offre un levier fédérateur pour accélérer les transitions nécessaires. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, cette vision est déjà inscrite dans des cadres stratégiques comme le 4ème Plan Régional Santé Environnement (PRSE4) et la Stratégie Régionale pour la Biodiversité (SRB) 2025-2035.
Le lancement de ce réseau s’appuie sur des initiatives locales et sur une prise de conscience croissante, récemment illustrée par le « One Health Summit » tenu à Lyon en avril dernier. L’objectif est de passer à la vitesse supérieure : amplifier cette dynamique, structurer les coopérations entre les différents secteurs et accompagner le déploiement d’actions concrètes sur l’ensemble du territoire régional.
Suite à une étude de préfiguration, la coordination et l’animation de ce nouvel outil de coopération ont été confiées à l’ARBE, qui a pour mission de tisser des liens durables entre les acteurs.
La journée de lancement rassemble un public varié, incluant chercheurs, techniciens de collectivités, gestionnaires d’espaces naturels, professionnels de santé humaine et vétérinaire, services de l’État (DRAAF, DREAL), aménageurs et associations. Un point presse se tiendra en présence d’Anne Claudius-Petit, présidente de l’ARBE, et de Yann Bubien, directeur général de l’ARS. Les discours d’ouverture seront suivis de tables-rondes et de présentations avant des ateliers thématiques en après-midi, destinés à faire émerger des projets collaboratifs.
L’Agence Régionale de la Biodiversité et de l’Environnement (ARBE), qui pilote le réseau, est une agence publique régionale œuvrant pour la préservation et la restauration de la biodiversité.
La journée du 22 juin sera l’occasion d’identifier des pistes d’action prioritaires. Plusieurs thématiques illustrent l’application pratique de l’approche « Une Seule Santé » :
– La gestion des zoonoses : Face à des maladies comme le virus du West Nile, la Dengue ou le Chikungunya, transmises par les moustiques, il est crucial d’améliorer les systèmes de surveillance et d’alerte en faisant dialoguer les experts de la santé humaine, vétérinaire et environnementale.
– La prescription de nature : Cette pratique, qui consiste pour les professionnels de santé à encourager les patients à passer du temps dans la nature pour lutter contre des pathologies comme le diabète ou les troubles psychiques, suscite un intérêt grandissant. Le réseau cherchera à encadrer et pérenniser son développement en région.
– La nature en ville : Végétalisation, désimperméabilisation des sols, lutte contre les îlots de chaleur urbains. Ces aménagements sont essentiels mais soulèent des questions de cohabitation avec le vivant non-humain et de prévention des risques sanitaires associés.
Pour plus d’informations, consultez le site.
Gilles Carvoyeur