26 juin 2026
Panini, l’indémodable, affiche un succès record ! Rencontre avec Isabelle Fillon directrice marketing
Pour cette nouvelle Coupe du monde de football, l’album Panini est déjà sur les bases d’un record historique en France. Les passionnés se sont rués dans les points de vente. La maison d’édition italienne a procédé à cinq réassorts de stickers pour la France.
L’album Panini, c’est pour les uns « un marqueur d’enfance », pour d’autres « une madeleine de Proust, un objet de souvenirs, un catalyseur d’émotions à l’ouverture d’un nouvel étui de stickers : attente, joie, déception, frustration… » et à chaque Coupe du monde de football, des chiffres qui s’affolent ; un engouement qui ne se dément pas.
C’est de Nice, siège social français de l’éditeur de Modène, que tout est piloté pour
l’Hexagone. Trente personnes travaillent sur le site : marketing, édition, service commercial. Isabelle Fillon, directrice marketing, vingt ans de maison, détaille la méthode utilisée pour que les pages de l’album soient le copié-collé le plus fidèle des sélections du Mondial : « Dans toutes les filiales du groupe, on a des responsables éditoriaux sport qui ont un background de journaliste sportif ; ils suivent les différentes sélections. Pour la France, par exemple, on a entériné la liste fin novembre en se basant sur la trame des deux matchs de qualification d’octobre et de novembre et, à partir de là, on se projette un peu, sachant que dans la collection, on n’a que 18 joueurs sur une double page qui sont imprimés sur un effectif de 23, donc il y a déjà un choix à faire par rapport à cela. » La double page de la sélection française est ensuite envoyée à la Fédération : « La FFF se prononce sur l’utilisation des éléments graphiques (logo, photos des joueurs), mais en revanche elle ne nous dit rien sur les noms de la liste. » C’est donc un pari : « Sur cet album, on a trois joueurs qui ne participent finalement pas à la compétition : Ekitiké en raison d’une blessure, Camavinga et Coman. » Tous les quatre ans, l’histoire se répète, difficile d’avoir l’équipe juste à 100 %, alors pour y pallier : « On a un set de mise à jour sur notre site internet de 120 nouveaux stickers dans lequel on a corrigé les “erreurs” de la collection. Pour l’équipe de France, on aura trois nouveaux autocollants pour permuter : Marcus Thuram, N’Golo Kanté et Rayan Cherki. »
En France, les résultats de l’équipe tricolore impactent le marché de la maison d’édition, mais la grande mixité de la population renforce le rayonnement de l’album dans le pays : entre les supporters portugais, marocains, algériens… le succès de Panini est garanti. Cette édition, le format XXL de la compétition avec 48 sélections, lui confère un caractère exceptionnel accentué par les histoires singulières : « Cette Coupe du monde est extraordinaire car on a des mythes qui, a priori, jouent leur dernière compétition comme Messi, Ronaldo et Modric. » Leurs stickers, imprimés en même quantité que ceux des autres joueurs (sur chaque feuille d’impression, les joueurs apparaissent tous une fois), ne sont pas une denrée rare : « Messi, Mbappé, Dembélé… sont imprimés dans la même quantité que des joueurs moins connus. S’il y a rareté, elle vient des collectionneurs qui gardent certains doubles pour les coller sur des cahiers ; ils ne sont donc pas remis dans le circuit de l’échange. » L’éditeur a tout de même prévu un petit bonus addictif : les extra-stickers : « Ils ne sont pas numérotés, cadrés or, argent ou bronze. Ils sont présents en moyenne une fois toutes les cent pochettes. Les collectionneurs ont vraiment perçu le côté premium de ces stickers qui commencent à se revendre à des tarifs un peu plus élevés sur le marché secondaire. »
La prochaine Coupe du monde aura lieu en Europe (Espagne, Portugal) et au Maroc et aura une saveur particulière puisqu’elle sera la dernière pour Panini, qui a perdu la licence de la FIFA au profit de l’américain Fanatics : « Ça a été un gros choc car tout se passait très bien avec la FIFA depuis les années 70. Ce sont les frères Panini qui avaient initié cette collaboration, donc on a vraiment eu l’impression de se faire voler notre bébé. Mais bon, ce n’est pas la première fois que ce concurrent nous prend une licence et nous avons toujours réussi à nous
renouveler. Panini, ce n’est pas que du foot, c’est toute une stratégie de diversification. On sait suivre les tendances et rebondir. »
Marine Einaudi