1er juillet 2026
Ces dernières semaines ont confirmé une réalité : nos villes souffrent de plus en plus du réchauffement climatique et deviennent vulnérables.
Pourtant, des solutions existent. Simples, sobres, efficaces. C’est ce que défend l’architecte Corinne Vezzoni, dont les réalisations démontrent qu’il est possible de bâtir des lieux confortables, adaptés aux fortes chaleurs, sans artifices énergivores. À travers trois grands principes – faire avec l’inertie, faire circuler l’air, faire avec le végétal – elle propose une architecture résiliente, prête à faire face aux enjeux climatiques d’aujourd’hui et de demain.
En Méditerranée, le relief peut être un allié. En s’insérant dans la pente, les bâtiments exploitent la masse thermique de la terre : fraîcheur en été, chaleur restituée en hiver, avec très peu d’énergie consommée. Restanques, murs épais, creusement dans la roche…
Autant de stratégies mobilisées dans des réalisations telles que le lycée Simone Veil à Marseille, projet sélectionné pour représenter la France à la Biennale d’architecture de Venise 2025, ou le bâtiment Supméca-SeaTech dans le Var.
Quand le climat le permet, un simple abri, léger, qui protège les volumes nécessaires (pièces à vivre, bureaux, espaces communs) des intempéries et du soleil et laisse l’air circuler. Une architecture épurée, sans couloirs, ni halls fermés, qui favorise la ventilation naturelle, la lumière, le lien au paysage. Le projet Alula en Arabie Saoudite et le campus The Camp, à Aix-en-Provence, illustrent cette approche : un ensemble de modules coiffés par un gigantesque parasol pour une ventilation naturelle et un rapport direct avec la nature. Cette solution allie légèreté, efficacité énergétique et simplicité constructive : plus besoin de systèmes mécaniques complexes, les espaces deviennent respirants, vivants, ouverts sur leur environnement.
Le végétal n’est plus un simple décor. Qu’il soit enraciné en pleine terre, grimpant sur les façades ou installé en toiture, il constitue l’un des meilleurs climatiseurs naturels : il ombrage, filtre et rafraîchit l’air par évapotranspiration, favorise la biodiversité et adoucit l’expérience urbaine, même sous un climat rude. L’enjeu est donc de planter partout où cela est possible, de préserver les sols perméables, d’éviter le tout-minéral, et surtout de construire autour du végétal existant, qui a mis des années à s’enraciner.
Gilles Carvoyeur