IMSEE Monaco : malgré un ralentissement en 2025, l’économie conserve des fondamentaux solides


Economie


29 juin 2026

L’économie monégasque a marqué le pas en 2025 après plusieurs années de croissance exceptionnelle

L’économie monégasque a marqué le pas en 2025 après plusieurs années de croissance exceptionnelle. C’est le principal enseignement de la nouvelle édition de Monaco en Chiffres, présentée le 23 juin par l’Institut monégasque de la statistique et des études économiques (IMSEE). Si plusieurs indicateurs reculent par rapport à 2024, l’Institut invite à replacer ces résultats dans leur contexte : la fin de grands chantiers, notamment Mareterra, explique l’essentiel de ce ralentissement, sans remettre en cause les fondamentaux de l’économie de la Principauté.

Devant plus d’une centaine de chefs d’entreprise et de représentants des institutions, le directeur de l’IMSEE, Alexandre Bubbio, a rappelé que « 2024 a été exceptionnelle sur de nombreux aspects ». Une année de comparaison particulièrement élevée qui rend les replis de 2025 moins préoccupants qu’ils ne pourraient le paraître. Les finances publiques illustrent cette dynamique. L’excédent budgétaire de l’État diminue mais demeure élevé, à 179,7 millions d’euros. Surtout, il reste positif pour la cinquième année consécutive, une série inédite depuis la crise sanitaire. Même constat pour le chiffre d’affaires global de l’économie : en recul sur un an, il constitue néanmoins le troisième niveau le plus élevé jamais enregistré.
Le commerce extérieur confirme par ailleurs l’ancrage européen des échanges monégasques. L’Italie, le Royaume-Uni et l’Allemagne demeurent les principaux fournisseurs de la Principauté, tandis que la Chine poursuit sa montée en puissance et s’impose désormais à la quatrième place. À cette occasion, l’IMSEE enrichit ses outils statistiques avec une nouvelle rubrique consacrée aux relations internationales, proposant pour chaque pays des données détaillées sur les résidents, les salariés, les dirigeants d’entreprises ainsi que les flux commerciaux.
Sur le marché immobilier, l’activité reste portée par les programmes de prestige livrés ces dernières années. Ces opérations ont toutefois eu pour effet de tirer artificiellement vers le haut le prix moyen du mètre carré. Afin de mieux refléter les réalités du marché, l’IMSEE fait évoluer sa méthodologie de calcul. Désormais, celle-ci intègre aussi bien les ventes dans le neuf que les reventes, tout en tenant compte de l’ancienneté des immeubles.
Le tourisme continue, lui, de contribuer favorablement à l’activité économique. Le taux d’occupation des hôtels progresse de 1 %, tandis que le chiffre d’affaires de l’hébergement-restauration augmente de 6,3 % par rapport à 2024. Les visiteurs français demeurent les plus nombreux, devant les Américains, les Italiens et les Britanniques, ces quatre nationalités représentant près de la moitié de la clientèle.
Les difficultés se concentrent principalement sur les secteurs directement liés aux grands travaux. La construction et les activités de services administratifs et de soutien, qui comprennent notamment le travail temporaire, enregistrent les baisses les plus marquées. L’IMSEE relativise toutefois cette évolution en soulignant que les niveaux d’activité restent supérieurs à ceux observés avant 2022, malgré la normalisation en cours.

Cette tendance se retrouve sur le marché du travail

L’emploi salarié recule légèrement (-0,7 %) pour s’établir à 77 866 postes, une baisse essentiellement imputable aux métiers de la construction. Dans les autres secteurs, l’emploi demeure stable ou progresse. Pour la première fois, Monaco en Chiffres publie également des données sur les rémunérations. Le salaire brut médian atteint 3 475 euros mensuels, contre un salaire brut moyen de 5 195 euros. L’étude relève un salaire médian légèrement supérieur pour les femmes, tandis que les hommes affichent un salaire moyen plus élevé, sous l’effet des très hautes rémunérations.
Les premiers indicateurs de 2026 prolongent cette phase de normalisation. Les secteurs affectés par l’arrêt des grands chantiers restent orientés à la baisse, tandis que la plupart des autres activités poursuivent leur progression. Le nouveau secteur des arts, sports et activités récréatives, créé à la faveur de la réforme de la nomenclature économique, affiche ainsi une hausse de 5 % de son chiffre d’affaires.
L’IMSEE met également en avant deux indicateurs jugés particulièrement révélateurs de la bonne santé économique de la Principauté : l’emploi progresse de 2 % au premier trimestre 2026 par rapport au trimestre précédent, tandis que le solde entre créations et radiations d’entreprises demeure largement positif, avec 73 entreprises supplémentaires.
Au-delà du recul ponctuel de certains agrégats, le message délivré par l’Institut est celui d’un retour à un rythme plus soutenable après plusieurs années exceptionnelles. Une normalisation davantage qu’un retournement de cycle, dans une économie dont les principaux moteurs demeurent orientés favorablement.


Valérie Noriega