2 juillet 2026
Laurent Hottiaux Préfet des Alpes-Maritimes, a présenté le plan départemental de relance du logement
Face à une crise du logement qui pèse désormais sur l’économie locale autant que sur la cohésion sociale, le préfet des Alpes-Maritimes a présenté mercredi 1er juillet un plan départemental articulé autour de la production de logements, de la mobilisation du foncier et de la simplification des procédures.
Depuis l’écoquartier Cœur de Carnolès, à Roquebrune-Cap-Martin, aménagé sur l’ancienne base aérienne 943, le préfet des Alpes-Maritimes, Laurent Hottiaux, a dévoilé mercredi le premier plan départemental de relance du logement.
Déclinaison territoriale de la stratégie nationale présentée par le gouvernement, ce programme entend répondre à une crise immobilière devenue, selon les acteurs économiques comme les collectivités, un frein au développement du territoire.
Le diagnostic dressé par l’État est sévère. Dans les Alpes-Maritimes, le prix médian d’un logement atteint désormais 240 000 euros pour une surface de 57 m², tandis que près d’un quart du parc est constitué de résidences secondaires. Le département recense plus de 60 000 demandeurs de logement social pour environ 66.800 logements disponibles, avec un niveau de tension particulièrement marqué dans la métropole niçoise où près de vingt demandes se disputent une attribution.
Cette pression dépasse désormais le seul champ social. Selon les données reprises par la préfecture, neuf entreprises sur dix déclarent rencontrer des difficultés pour loger leurs salariés, faisant du logement un enjeu de compétitivité autant que d’attractivité. Le recul démographique, illustré par une baisse de près de 24 % des naissances en quinze ans et la perspective de plus de 20.000 élèves en moins d’ici 2035, est également présenté comme l’une des conséquences de cette situation.
Pour répondre à cette tension, le plan départemental s’articule autour de quatre priorités : fédérer les acteurs, simplifier les procédures, construire davantage et accélérer la rénovation du parc existant.
L’État entend notamment créer, d’ici la fin de l’année, une Commission Urbanisme État destinée à examiner en amont les projets les plus structurants afin de réduire les délais d’instruction et les risques contentieux. Un « Dire de l’État en matière de logement » accompagnera également les collectivités dans l’élaboration de leurs documents d’urbanisme.
– Le volet foncier constitue l’un des principaux leviers. Alors que les autorisations de construire sont tombées à 4 035 logements en 2025, contre près de 7 900 par an avant 2020, la préfecture annonce une mobilisation accrue des terrains publics ainsi qu’un recours renforcé aux outils prévus par la loi SRU. Dans les communes déficitaires en logements sociaux, l’État se dit prêt à utiliser son droit de préemption, voire à reprendre la délivrance des permis de construire lorsque les objectifs ne sont pas atteints. Dix-sept secteurs représentant un potentiel estimé à environ 900 logements sociaux ont d’ores et déjà été identifiés.
– Le plan mise également sur la transformation du bâti existant. La reconversion de bureaux, d’hôtels ou d’immeubles obsolètes en logements sera encouragée par les nouveaux dispositifs nationaux, avec des aides pouvant atteindre 35.000 euros par logement très social. L’opération du Campus des Amandiers à Biot, qui transformera un ancien site tertiaire en 413 logements, est présentée comme un modèle de cette stratégie de renouvellement urbain.
– Au-delà de la production neuve, la préfecture souhaite agir sur les déséquilibres du marché résidentiel. Les communes seront accompagnées pour utiliser les nouveaux outils de régulation des meublés touristiques, tandis que le développement du bail réel solidaire et du logement locatif intermédiaire doit permettre de répondre aux difficultés rencontrées par les classes moyennes.
– Le plan comporte enfin un volet consacré aux publics prioritaires, avec l’ouverture de 94 nouvelles places en pensions de famille, la création d’une bourse d’échange entre bailleurs sociaux pour fluidifier les parcours résidentiels et la constitution de réserves de logements destinées aux quelque 90.000 agents publics du département.
En choisissant le site de Carnolès pour cette présentation, l’État entend également illustrer sa stratégie de « reconstruction de la ville sur elle-même ». Cet ancien foncier militaire accueille aujourd’hui un programme de plus de 400 logements, dont 150 logements sociaux, complété par un groupe scolaire, des commerces, des équipements publics et un vaste parc paysager.
– Création d’une Commission Urbanisme État pour accélérer l’instruction des projets de logements.
– Mobilisation accrue du foncier public et recours renforcé aux outils de la loi SRU dans les communes déficitaires.
– Identification de 17 secteurs susceptibles d’accueillir environ 900 logements sociaux.
– Développement de la transformation des bureaux et bâtiments obsolètes en logements, avec des aides pouvant atteindre 35.000 euros par logement très social.
– Renforcement de la régulation des meublés touristiques et promotion du bail réel solidaire pour favoriser l’accession à la propriété.
– Création d’une bourse d’échange inter-bailleurs pour fluidifier le parc social et ouverture de 94 nouvelles places en pensions de famille.
– Constitution de réserves de logements destinées aux agents publics, afin de faciliter leur installation à proximité de leur lieu de travail.
– « Construire la ville sur la ville » : privilégier les friches, les anciens sites publics et la transformation du bâti plutôt que l’étalement urbain.
– Le logement est devenu un enjeu économique : selon le préfet, il constitue désormais « le premier frein à l’attractivité du département ».
– Produire plus vite : l’État veut réduire les délais administratifs et mobiliser davantage le foncier public pour relancer la construction.
– Ne pas sacrifier les générations futures : au-delà des objectifs de construction, le plan est présenté comme une réponse au recul démographique et aux difficultés d’installation des jeunes ménages.
Valérie Noriega