2 juillet 2026
La Galerie du musée de la Photo accueille la photographe italienne Claudia Bevilacqua
Du 4 juillet au 6 septembre, la galerie du musée de la Photographie Charles Nègre, à Nice, consacre une exposition à la photographe italienne Claudia Bevilacqua. Intitulée « La Dolce Nizza » cette série en noir et blanc propose une lecture contemporaine de l’imaginaire méditerranéen, entre mise en scène photographique et références au cinéma italien.
Sous l’objectif de Claudia Bevilacqua, Nice devient le théâtre d’une succession de scènes où les figures féminines occupent le premier rôle.
Les photographies montrent des femmes déambulant sur la Promenade des Anglais, partageant un repas face à la mer, traversant les allées du cours Saleya ou les ruelles du Vieux-Nice. Chapeaux à larges bords, robes emportées par le vent, maillots de bain d’inspiration rétro : les éléments visuels convoquent une esthétique familière sans pour autant relever de la reconstitution historique.
Les images, soigneusement composées, revendiquent leur caractère fictionnel. Ni reportage documentaire ni photographie de mode, elles mettent en scène des situations ordinaires transformées en tableaux empreints de légèreté. Le noir et blanc renforce cette dimension intemporelle, évoquant autant les grands classiques du cinéma italien que certaines photographies humanistes du XXI siècle.
Cette approche s’inscrit dans le parcours singulier de Claudia Bevilacqua. Originaire de Gallinaro, dans le Latium, elle quitte l’Italie à l’âge de 25 ans pour s’installer en France. Après une première carrière dans la finance, puis plus de treize années passées sur la base spatiale de Kourou, en Guyane, où elle devient la première femme à diriger une entreprise sur le site, elle opère un tournant décisif en 2019 pour se consacrer entièrement à la photographie. Depuis, son travail explore différentes cultures à travers une approche centrée sur les individus. Sa série Cordes Sensibles, réalisée dans plusieurs pays d’Afrique, d’Asie et d’Europe, rassemble des portraits de femmes, d’hommes et d’enfants sautant à la corde. Un geste universel qui devient, sous son regard, un révélateur de présence et d’humanité.
La proximité culturelle entre la ville et son Italie natale, la lumière méditerranéenne, les marchés, les façades colorées ou encore le rythme de la vie quotidienne nourrissent progressivement une nouvelle série. Installée à proximité du cours Saleya, Claudia Bevilacqua fait de la cité azuréenne le décor d’un récit visuel où la notion de dolce vita est moins un cliché touristique qu’un langage photographique.
Présentée à la galerie du musée de la Photographie Charles Nègre, dédiée à la création photographique régionale, l’exposition offre ainsi le regard d’une artiste qui interroge la fabrication des images autant que leur pouvoir d’évocation. Entre réalisme et fiction, ses compositions invitent à redécouvrir Nice sous l’angle d’une mémoire collective nourrie par le cinéma, la culture italienne et l’idée persistante d’une douceur méditerranéenne.
Valérie Noriega