10 juillet 2026
Cette semaine « Ça se passe à La Colle-sur-Loup et nulle part ailleurs » !
Vincent Pomparat a posé ses valises à La Colle-sur-Loup en 2017, date à laquelle il devient directeur de l’office de tourisme. Valoriser cette destination, il s’y emploie avec enthousiasme et créativité. Son truc à lui, c’est de faire rimer marketing territorial, innovation et authenticité.
Vincent Pomparat a 35 ans d’expérience dans le secteur du tourisme. Il a commencé au Club Med : « J’ai eu l’opportunité d’aller jouer du piano et de faire du ski gratos, d’être logé, nourri et, de fil en aiguille, j’ai été directeur de villages vacances. » Au Club, Vincent a côtoyé des personnalités douées, créatives, qui l’ont inspiré : « Le Club, c’est un état d’esprit, du vivre-ensemble, on s’éclate, on déconnecte. J’ai hérité de cet hédonisme. L’essentiel de ma carrière, je l’ai faite dans un village vacances ; maintenant, je suis dans un gros village dont les premiers clients sont les habitants. »
Et de son passage au Club, Vincent a gardé un esprit inventif, décalé et assumé. Une de ses premières trouvailles quand il prend le poste : une référence, en clin d’œil à l’émission dont il est fan et qui donnera le tempo aux années qui suivront : « Ça se passe à la Colle-sur-Loup et nulle part ailleurs ! » Un hommage à l’émission d’Antoine de Caunes et désormais une signature sur les réseaux sociaux, un élément de langage que le maire utilise à la fin de ses éditos et que la population s’est approprié. « L’idée, en revanche, c’est : quand tu signes comme ça, il faut garder cette ligne de conduite. » Et tout mettre en œuvre pour que ce soit vrai !
Innover…
Et la machine était lancée. Ce qui est au cœur de la pratique de l’ancien GO (gentil organisateur), c’est de rendre les vacances plus belles par un moyen qui n’est pas une fin en soi : l’innovation. Car, au pays où les destinations rivalisent d’arguments (patrimoine, environnement, paysages) pour attirer le visiteur, il faut raconter des histoires. « Pour se différencier, il faut faire vivre des expériences les plus immersives possibles et c’est là qu’intervient l’innovation ; être imaginatif, créatif, avoir envie d’essayer autrement. »
Il y a trois ans, l’office de tourisme de La Colle-sur-Loup a été le premier en France à utiliser un chatbot alimenté par l’IA : « C’est un e-conseiller qui répond en 50 langues, 24 h/24. Aujourd’hui, c’est devenu à la mode, mais quand on l’a sorti, c’était un outil peu utilisé. D’ailleurs, on a gagné le Territoria d’Or (prix qui valorise l’innovation publique), alors que nous étions en concurrence avec la ville de Paris, Bordeaux, les départements du Bas-Rhin, du Nord-Pas-de-Calais… »
À La Colle, on réussit à rivaliser avec les grands malgré un budget d’exploitation très serré, qui tourne autour de 400 000 euros pour l’année, là où des villes comme Nice culminent à plus de 20 millions. « Comme on disait dans les années 70 : "En France, quand on n’a pas de pétrole, on a des idées." Eh bien, à La Colle, quand on n’a pas d’argent, on a des idées. » Et cela sans jamais se prendre au sérieux, mais en faisant les choses sérieusement, Vincent continue à puiser dans son patrimoine génétique pour lancer en 2025 le tube de La Colle : « Au Club Med, il y a cette culture des Crazy Signs, on danse tous les soirs, c’est l’âme du Club, de la marque. Nous avons fait la chanson "Viens à La Colle" dans cet esprit-là. » Une chanson 100 % colloise qui met en scène artisans, commerçants, restaurateurs… Décalé mais authentique…
À La Colle, on mise aussi sur la douceur de vivre et sur les choses simples, mais toujours en innovant. Dans cette zone géographique hyperconcurrentielle, qui regorge d’activités touristiques, à La Colle-sur-Loup, on invite plutôt à faire une pause et à « Respirez l’Air vrai ». C’est le slogan de la dernière campagne de promotion touristique : une bande-son des paysages et des instants de vie, comme l’eau du Loup qui court, le crépitement du four à pizza, le vent dans les arbres, les cloches de l’église qui tintent dans la chaleur de l’été…
« L’idée n’est pas de proposer des activités du matin au soir, mais plutôt de découvrir les gens qui font le territoire, le patrimoine, l’histoire, d’écouter les oiseaux, d’observer la nature. On essaie de passer un message en faveur d’un slow tourisme ou d’un écotourisme. »
Dans la même veine, l’office de tourisme avait enregistré des podcasts : La Colle se la raconte : les principaux personnages de la cité interviewés, comme le curé qui parle de son église.
Les Collois ont un fort sentiment d’appartenance ; certains circulent notamment en arborant fièrement le sticker « I Love La Colle » sur leur voiture. Ils sont les ambassadeurs d’une destination que les touristes fréquentent de plus en plus, comme en témoigne la hausse constante des recettes de taxe de séjour (en augmentation de 70 % en dix ans). Ils répondent peut-être ainsi à l’appel irrésistible d’un air qui s’apprend vite : « Viens à La Colle… »
Marine Einaudi