Sécheresse : le préfet déclenche des restrictions d’eau dans 30 communes


Politique


10 juillet 2026

Laurent Hottiaux déclenche des mesures de restrictions des usages de l’eau dans 30 communes

Face à la dégradation de la ressource en eau, le préfet des Alpes-Maritimes, Laurent Hottiaux, annonce la mise en place les premières mesures de restriction des usages de l’eau de l’été. Elles entreront en vigueur à compter du samedi 11 juillet et concernent 30 communes du département

Vingt-cinq communes sont placées en niveau d’alerte

Il s’agit des communes situées sur les secteurs de la Siagne aval, de la Brague et des Paillons. Sont concernées Théoule-sur-Mer, Mandelieu-la-Napoule, Cannes, Le Cannet, Vallauris, Mougins, La Roquette-sur-Siagne, Pégomas, Auribeau-sur-Siagne, Mouans-Sartoux, Antibes, Biot, Bendejun, Berre-les-Alpes, Blausasc, Cantaron, Châteauneuf-Villevieille, Coaraze, Contes, Drap, L’Escarène, Lucéram, Peille, Peillon et Touët-de-l’Escarène.
Dans ces communes, le lavage des voitures à domicile est interdit, tout comme le remplissage des piscines individuelles. L’arrosage des espaces verts, des massifs fleuris, des jardins potagers et des golfs est interdit entre 8 heures et 20 heures.

Cinq communes du bassin versant de la Cagne passent en alerte renforcée

Il s’agit de Vence, Saint-Paul-de-Vence, Saint-Jeannet, La Gaude et Cagnes-sur-Mer. Pour cette dernière, les usages alimentés par le réseau d’eau potable provenant intégralement du bassin du Loup ne sont pas concernés par ces restrictions.
Dans ces communes, le lavage des voitures à domicile, le remplissage des piscines individuelles ainsi que l’arrosage des espaces verts et des massifs fleuris sont interdits de jour comme de nuit. L’arrosage des golfs doit être réduit de 60 % et ne peut avoir lieu que durant la nuit. Les douches de plage devront également être fermées.
Des mesures spécifiques s’appliquent également aux activités agricoles, industrielles et artisanales afin de réduire les prélèvements et préserver la ressource.
Selon la préfecture, cette décision intervient dans un contexte de sécheresse qui s’aggrave depuis plusieurs mois. Depuis septembre 2025, le déficit de précipitations atteint près de 15,5 % à l’échelle du département, avec des secteurs enregistrant jusqu’à 20 % de pluie en moins. Les zones littorales ont connu en juin des déficits compris entre 40 % et 80 %.
La situation est accentuée par des températures particulièrement élevées. Le mois d’avril 2026 a été le deuxième mois d’avril le plus chaud observé depuis 1947 et le mois de juin a présenté une anomalie thermique de 2,9 °C, dans un contexte marqué par plusieurs épisodes de canicule.
Les conséquences se font déjà sentir sur les cours d’eau, dont les débits poursuivent leur baisse, avec l’apparition précoce d’assecs sur certains secteurs. Les nappes phréatiques sont également fragilisées puisque 81 % des nappes suivies dans le département affichent un niveau inférieur aux normales saisonnières.
Les prévisions de Météo-France annonçant un été plus chaud que la normale, le préfet n’exclut pas de renforcer les restrictions dans les prochaines semaines ou d’étendre ces mesures à d’autres secteurs actuellement placés en vigilance si la situation venait à se dégrader.


Valérie Noriega