18 juillet 2026
Coup d’oeil rapide sur les actualités juridiques de la semaine écoulée
Pour des violences en ligne ayant précédé la mort en direct de Jean Pormanove, le streamer Owen Cenazandotti, 27 ans, connu sur la toile sous le nom de « Naruto », a vu la procureure Maud Marty requérir contre lui une peine de 30 mois de prison, dont 18 avec sursis probatoire, et une amende de 30 000 euros. Et 18 mois avec sursis probatoire et 15 000 euros d’amende contre son « collègue » Safine Hamadi, 24 ans, dit « Safine ». La magistrate a aussi demandé le « bannissement numérique » après ce « système de maltraitance humaine » en direct sur la toile. Les deux hommes ont été jugés à Nice pour violences en réunion, abus de faiblesse, diffusion d’images violentes, provocation à la haine ou à la violence, pour les coups et les humiliations infligés pendant des années à Jean Pormanove et à un autre adulte, « Coudoux », placé sous curatelle.
En délibéré au 5 août.
Lors de la marche blanche organisée en hommage à Louis, le jeune homme de 17 ans lynché à mort à Narbonne, la mère du jeune homme a pris la parole en public pour dire « ne plus vouloir entendre parler d’excuse de minorité. Ce n’est pas entendable que tes assassins ne fassent que huit ou dix ans de prison. Je me battrai pour qu’ils prennent tous trente ans de peine ferme, incompressible, définitive. Nous allons redonner tout le sens au mot "perpétuité". » Son discours a été prononcé en présence de la tante de la victime, Marie-Julie Marteau, assistante parlementaire d’un député RN du Var, et de représentants de la droite nationaliste, Marion Maréchal et Éric Zemmour.
À l’invitation du président du Département 06 et du préfet des Alpes-Maritimes, une réunion a rassemblé les parquets et les présidences des tribunaux judiciaires de Nice et de Grasse, la Protection judiciaire de la jeunesse, les forces de police et de gendarmerie et les services départementaux de l’Aide sociale à l’enfance (ASE). But : étudier l’accueil et l’accompagnement des mineurs confiés au Département. « Cette réunion a permis de dresser un constat partagé : qu’il s’agisse de la prise en charge de droit commun ou de celle des mineurs non accompagnés issus de l’immigration, elles sont devenues plus complexes et nécessitent une réponse collective plus réactive et mieux coordonnée », indiquent les participants dans un communiqué. 1 845 enfants sont actuellement confiés au Département.
« Ces cinq dernières années, les moyens consacrés à cette politique ont progressé de 30 % afin de renforcer les capacités d’accueil, d’accompagnement et de protection des mineurs confiés à l’Aide sociale à l’enfance », précise Charles-Ange Ginésy. « Une minorité concentre des situations particulièrement complexes, marquées par des problématiques de violences, d’addictions, de prostitution ou d’emprise de réseaux de délinquance. Ces situations fragilisent les structures d’accueil, mobilisent fortement les professionnels et appellent des réponses spécifiques. » Plusieurs axes de travail ont été identifiés, parmi lesquels le renforcement du partage d’informations entre acteurs, une meilleure articulation entre le champ social, médico-social, judiciaire et psychiatrique, ainsi qu’une adaptation des modalités de prise en charge aux profils les plus complexes.
Jean-Michel Chevalier