16 juillet 2026
Au total, 85 047 plaintes pour violences sexuelles sur mineurs ont été recensées sur l’ensemble du territoire
Le garde des sceaux, Gérald Darmanin, a annoncé mercredi 15 juillet le premier bilan de la revue nationale des procédures concernant des crimes et délits sexuels commis sur des mineurs, ordonnée fin juin après l’affaire Lyhanna.
Au total, 85 047 plaintes ont été recensées sur l’ensemble du territoire. Parmi elles, 69 626, soit 82 % du stock national, ont été examinées par les procureurs de la République et leurs équipes, avec le concours des services de police et de gendarmerie.
Cette opération avait été lancée après la mort de Lyhanna, 11 ans, disparue à la sortie de son collège à Fleurance, dans le Gers, avant que son corps ne soit retrouvé quelques jours plus tard. Le principal suspect, mis en examen dans cette affaire, avait déjà été concerné par plusieurs procédures pour des faits de nature sexuelle impliquant des mineurs. L’affaire avait suscité de nombreuses interrogations sur le traitement des procédures antérieures visant le principal suspect, notamment une plainte pour viol sur mineur déposée en août 2025 non encore étudiée. Une mission interministérielle a été chargée d’examiner le traitement judiciaire de cette procédure et d’identifier d’éventuels dysfonctionnements. Le garde des sceaux avait reconnu, au début du mois de juin, un « terrible échec de l’action de l’Etat et de la justice » et demandé une mobilisation générale pour rechercher d’éventuelles situations comparables.
Selon le bilan communiqué par le ministre de la justice, 61,5 % des procédures examinées portent sur des faits délictuels et 38,5 % sur des faits criminels. Dans 83,5 % des dossiers, la personne mise en cause est identifiée ; dans 16,5 % des cas, elle ne l’est pas. Parmi les procédures dans lesquelles un auteur est identifié, 91,4 % des personnes mises en cause n’ont pas de casier judiciaire, contre 9,6 % qui ont déjà fait l’objet de condamnations. Les victimes sont encore mineures dans 36 % des dossiers examinés et sont devenues majeures dans 64 % des cas.
Le ministère a identifié 970 plaintes comme prioritaires. Il s’agit des procédures dans lesquelles la victime est toujours mineure et où un auteur ayant déjà fait l’objet d’une condamnation est identifié. Ces dossiers représentent 1,14 % des plaintes examinées. détaille le ministre.
Les procédures recensées ont une ancienneté moyenne de 14,2 mois. La moitié ont moins d’un an, 80 % moins de deux ans et 97 % moins de trois ans.
La revue nationale a également entraîné l’ouverture de 1 350 informations judiciaires pour des crimes et délits sexuels sur mineurs, soit une hausse de 309 % par rapport à la normale, selon les chiffres communiqués par le garde des sceaux.
675 personnes ont par ailleurs été incarcérées pour des faits de cette nature, soit une hausse de 173 % par rapport au niveau habituel, indique Gérald Darmanin.
15 421 plaintes restent encore à examiner. Le ministre a annoncé qu’il échangerait, jusqu’à la fin du mois de juillet, avec chacun des 36 procureurs généraux afin de poursuivre l’examen des stocks locaux et d’affiner le traitement des procédures.
Valérie Noriega