Prison au Muy : Les élus de la Dracénie s’opposent à l’État


Politique


22 juillet 2026

Les élus de la Dracénie s’opposent à un projet de seconde prison au Muy, défendant un pôle économique jugé vital pour le territoire.

Le bras de fer est engagé entre l’État et les élus locaux. Réuni en conseil d’agglomération, Dracénie Provence Verdon agglomération (DPVa) a adopté à l’unanimité une motion réaffirmant son opposition ferme à l’implantation d’un second centre pénitentiaire sur son territoire, sur la commune du Muy. Les élus dénoncent un projet qui sacrifierait l’une des dernières grandes réserves foncières économiques du Var au détriment d’un projet de développement jugé indispensable pour l’avenir de la Dracénie.

FONCIER STRATEGIQUE

Au cœur du litige se trouve le site dit « Arc Sud », une zone de 75 hectares au Muy, à la croisée des autoroutes A8, RDN7 et du réseau ferroviaire. Pour les élus, ce terrain représente une opportunité de développement économique à l’échelle régionale. Ils y projettent la création d’un pôle d’excellence capable de générer entre 3 000 et 4 000 emplois directs, majoritairement qualifiés.
Cette ambition s’appuie sur des investissements déjà consentis. Une convention avec l’Établissement Public Foncier Provence-Alpes-Côte d’Azur (EPF PACA) a mobilisé près de 5 millions d’€ pour la maîtrise foncière du secteur. Selon les projections de l’agglomération, le développement économique du site pourrait générer 1,5 million d’€ de recettes fiscales annuelles, un gain jugé crucial pour un territoire aux finances fragiles.

ATOUT MAJEUR

Une étude stratégique, confiée à risingSUD, l’agence de développement de la Région Sud, a confirmé le fort potentiel du territoire pour structurer une filière spécialisée dans la Défense et la Sécurité. La Dracénie dispose d’atouts rares : la présence des Écoles Militaires de Draguignan (EMD), pôle majeur de formation de l’armée de Terre, et la proximité immédiate du camp de Canjuers, le plus grand terrain d’entraînement d’Europe occidentale (35 000 ha).
Avec plus de 9 300 militaires et personnels civils répartis sur 14 sites, cet écosystème offre un terrain propice au développement d’activités à forte valeur ajoutée : cybersécurité, robotique, simulation, maintenance spécialisée ou encore développement technologique. Un tel projet s’inscrirait en cohérence avec les objectifs nationaux de réindustrialisation et de souveraineté stratégique.


Gilles Carvoyeur