4 août 2026
Pour les candidats au Sénat, pas de congés mais une campagne très active sur tout le territoire
Il y ceux qui profitent des vacances pour se balader dans la campagne et ceux qui font campagne sans prendre de vacances ! Sans affiches, sans meetings et sans bains de foule, les candidats aux élections sénatoriales multiplient les rendez-vous, les appels téléphoniques et les déplacements dans les 163 communes du département. Une campagne discrète, presque invisible pour le grand public, mais dont l’enjeu est de taille : le dimanche 27 septembre, cinq sénateurs seront élus pour représenter les Alpes-Maritimes au Palais du Luxembourg pendant six ans.
Contrairement aux autres élections, les sénatoriales ne donnent pas lieu au suffrage universel direct. Les habitants ne voteront pas. Le scrutin est réservé aux « grands électeurs », un collège composé principalement des maires, adjoints, conseillers municipaux, conseillers départementaux, conseillers régionaux, députés et sénateurs. Les délégués des conseils municipaux représentent à eux seuls près de 95 % des électeurs. C’est ce qui explique le visage si particulier de cette campagne.
Plutôt que de convaincre des milliers d’électeurs, les candidats consacrent leurs journées à rencontrer des élus locaux, à participer aux cérémonies communales, aux inaugurations, aux fêtes patronales ou encore aux assemblées d’associations de maires. Les échanges se poursuivent souvent autour d’un déjeuner ou d’un dîner républicain, loin des caméras.
Dans les Alpes-Maritimes, aucune commune n’est négligée. Des villages du haut pays aux grandes villes du littoral, chaque maire et chaque conseil municipal représentent un relais important auprès des grands électeurs. Les élections municipales de mars 2026 ont d’ailleurs profondément renouvelé ce collège électoral. Les nouveaux maires et les nouvelles équipes municipales disposent désormais du pouvoir de désigner une grande partie des électeurs qui choisiront les futurs sénateurs. Les résultats des municipales ont ainsi rebattu les cartes politiques et expliquent pourquoi les candidats sillonnent aujourd’hui l’ensemble du territoire départemental et sont très présents sur les réseaux sociaux..
Si les sénatoriales de 2020 avaient permis à la droite de remporter les cinq sièges du département avec une seule liste conduite par Dominique Estrosi-Sassone, le paysage politique est aujourd’hui bien différent. Depuis six ans, la droite azuréenne s’est profondément recomposée. Cette nouvelle configuration rend le scrutin beaucoup plus ouvert qu’en 2020.
À la fin du mois de juillet, six têtes de liste avaient officiellement déclaré leur candidature :
Alexandra Borchio-Fontimp (LR – UDI – Nouvelle Énergie)
Laurent Castillo (UDR – Rassemblement national)
Dominique Estrosi-Sassone (Les Républicains)
Adrien Nouet (La France insoumise)
Jean-Christophe Picard (Les Écologistes)
Francis Tujague (Parti communiste français – Parti socialiste).
La question n’est plus seulement de savoir si la droite conservera la majorité des sièges, mais comment ceux-ci seront répartis entre ses différentes sensibilités et si la gauche ou les écologistes peuvent profiter de cette fragmentation.
Pourquoi cette élection est-elle importante ?
Souvent moins médiatisés, les sénateurs jouent pourtant un rôle essentiel dans les institutions. Ils examinent les projets et propositions de loi, les modifient, les votent avec l’Assemblée nationale et contrôlent l’action du Gouvernement. Le Sénat représente également les collectivités territoriales, ce qui en fait un interlocuteur privilégié des maires sur les questions de finances locales, d’urbanisme, de logement, de sécurité, de risques naturels ou encore de simplification administrative.
Pour les élus locaux, les sénateurs sont souvent les premiers relais lorsqu’il s’agit de faire évoluer une législation ou d’alerter l’État sur les difficultés rencontrées par les communes.
D’ici au scrutin du 27 septembre, la campagne continuera à se dérouler dans les mairies, les conseils municipaux, les cérémonies officielles ou les rencontres d’élus. Une campagne de proximité où chaque poignée de main, chaque échange avec un maire ou un conseiller municipal peut compter au moment du vote. Parce que les sénatoriales sont une élection des territoires avant d’être une élection des partis, les 163 communes des Alpes-Maritimes sont aujourd’hui, plus que jamais, le véritable terrain de campagne.
Date du scrutin : dimanche 27 septembre 2026.
Nombre de sièges à pourvoir dans les Alpes-Maritimes : 5.
Durée du mandat : 6 ans.
Mode de scrutin : scrutin proportionnel de liste à la plus forte moyenne.
Contrairement à une idée reçue, la liste arrivée en tête ne remporte pas automatiquement les cinq sièges de sénateur attribués aux Alpes-Maritimes.
Le département élisant cinq sénateurs, le scrutin se déroule à la représentation proportionnelle, selon la méthode dite de la plus forte moyenne. Concrètement, les sièges sont répartis entre les différentes listes en fonction du nombre de voix obtenues auprès des grands électeurs. Ainsi, une liste peut obtenir trois sièges, une autre deux, ou encore voir les cinq sièges se répartir entre trois ou quatre listes si les résultats sont suffisamment serrés. Cette règle donne une importance particulière à la campagne 2026. Avec plusieurs listes de droite en compétition, mais aussi des candidatures à gauche et chez les écologistes, chaque voix peut peser dans l’attribution du dernier siège. Le véritable enjeu ne sera donc pas seulement de connaître la liste arrivée en tête, mais de voir comment les cinq sièges seront répartis entre les différentes forces politiques.
Qui vote ? Les grands électeurs : parlementaires, conseillers régionaux, conseillers départementaux et surtout les délégués des conseils municipaux, qui représentent environ 95 % du collège électoral.
Dates et lieu de dépôt des candidatures :
D’autres candidatures pourraient encore être enregistrées lors du dépôt officiel des listes prévu en septembre :
Les dates d’ouverture et de clôture de dépôt des candidatures sont fixées comme suit : Du lundi 7 septembre au jeudi 10 septembre 2026 de 9h00 à 12h00 et de 14h00 à 16h00 et Le vendredi 11 septembre 2026 de 9h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00- A la préfecture des Alpes-Maritimes
Pourquoi les petites communes comptent autant ?
Chaque maire est un grand électeur. Les conseils municipaux désignent également des délégués qui participent au vote. Résultat : les candidats ne peuvent pas concentrer leur campagne uniquement sur Nice, Cannes ou Antibes. Les communes du moyen et du haut pays pèsent elles aussi dans le résultat final et font l’objet d’une attention particulière.
Valérie Noriega