5 août 2026
Vence reprend la propriété des terrains Chagall, au cœur d’un bras de fer judiciaire avec Eiffage
La signature de l’acte d’acquisition est intervenue mardi 4 août en présence de la maire, Anne Sattonnet, du directeur délégué de l’Établissement public foncier régional (EPF) et de Me Jérémy Salles, notaire. Cette opération marque une nouvelle étape dans un dossier d’aménagement parmi les plus anciens et les plus sensibles de la commune.
Selon la municipalité, ce transfert de propriété était devenu nécessaire à l’issue de la convention de portage foncier conclue avec l’EPF. Il permet désormais à la Ville d’assurer directement le suivi du contentieux qui l’oppose au groupement Eiffage (voir encadré ci-dessous), tout en conservant la maîtrise du devenir du secteur Chagall et de la seconde phase du projet, revue par l’actuelle majorité municipale.
L’histoire du quartier Chagall remonte à près de trois décennies. Le secteur est inscrit dès 1998 dans le plan d’occupation des sols comme zone destinée à accueillir un important programme d’aménagement. Depuis, six municipalités successives ont retravaillé le dossier au gré des évolutions réglementaires, des besoins en logements et des orientations urbaines. Au fil des années, plusieurs scénarios sont étudiés. La création de logements, d’espaces publics, de commerces, d’équipements et d’un vaste parc paysager s’impose progressivement comme l’axe structurant du futur quartier. En 2007, la Ville signe avec l’EPF PACA une convention de portage foncier afin de permettre l’acquisition progressive des parcelles nécessaires à l’opération.
Après plusieurs années d’études, une concertation publique est organisée en 2017. À son terme, le groupement conduit par Eiffage Immobilier est retenu pour réaliser un programme comprenant environ 13 500 m² de logements, dont une part importante de logements sociaux, des commerces, un parc paysager et plusieurs équipements publics. Le projet est validé par le conseil municipal en 2018.
Une convention de projet urbain partenarial est ensuite conclue afin de répartir le financement des équipements publics entre les différents acteurs.
L’alternance municipale de 2020 modifie toutefois la trajectoire du projet. La nouvelle équipe conduite par Régis Lebrigre estime ne plus pouvoir interrompre juridiquement l’opération déjà engagée mais entreprend d’en réduire la densité et d’en revoir certains aspects architecturaux, financiers et de circulation. La municipalité met notamment en avant les difficultés liées au trafic, au stationnement et au montage économique du programme initial. Le chantier connaît ensuite plusieurs interruptions, notamment en raison d’investigations archéologiques menées en 2022 avant une reprise des travaux autorisée par les services compétents.
En devenant propriétaire des terrains jusqu’alors portés par l’EPF, la commune franchit une étape administrative importante. La municipalité estime que cette acquisition lui permet de sécuriser la gestion du contentieux en cours avec Eiffage (des appels sont encore possible du jugement de mai 2026) et de conserver la maîtrise foncière indispensable à la poursuite d’un projet qu’elle présente désormais comme repensé.
Reste désormais à connaître le calendrier de cette seconde phase et les contours définitifs du futur quartier Chagall, dont l’aménagement est attendu depuis près de trente ans.
Valérie Noriega