25 août 2026
À Rousset, près de Marseille, la deeptech Nanoz allie IA et capteurs miniatures pour détecter gaz et odeurs, ouvrant la voie à des innovations de pointe.
Fondée en 2012, l’entreprise française Nanoz s’impose comme un acteur clé de la deeptech grâce à sa technologie de rupture dans le domaine des capteurs de gaz. Spécialisée dans la conception de dispositifs miniaturisés et intelligents, la société provençale a développé une solution capable d’analyser des mélanges complexes de gaz et d’odeurs en s’appuyant sur l’intelligence artificielle. Cette innovation ouvre des perspectives majeures pour des secteurs aussi variés que la santé, l’industrie, l’automobile ou l’environnement.
L’aventure de Nanoz a débuté sur une observation simple. Face à l’obligation d’installer des détecteurs de fumée, le fondateur Thibaud Sellam et son père, tous deux issus de cette industrie, ont regretté l’aspect volumineux et peu esthétique des dispositifs disponibles. L’idée a alors germé de créer des capteurs suffisamment petits pour être intégrés discrètement dans les luminaires, seuls éléments véritablement intégrés à l’architecture d’une pièce.
Cette intuition initiale a servi de catalyseur. Après plus d’une décennie de recherche et développement, menée en collaboration avec des laboratoires de premier plan, Nanoz a industrialisé une technologie de « nez électronique » (e-nose) capable de détecter non seulement la fumée, mais aussi une large gamme de gaz, d’odeurs et même de biomarqueurs.
La force de Nanoz réside dans la taille de ses capteurs, qui mesurent environ 2 millimètres, et leur très faible consommation énergétique. Ces caractéristiques leur permettent d’être intégrés là où les capteurs traditionnels ne peuvent l’être, démultipliant les champs d’application.
Dans le domaine de la santé, l’analyse de l’haleine permet de détecter des biomarqueurs associés à certaines pathologies, ouvrant la voie à des diagnostics précoces et non invasifs. L’entreprise collabore notamment avec l’université d’Indianapolis sur la surveillance du diabète.
Pour l’automobile, les capteurs surveillent la qualité de l’air de l’habitacle et renforcent la sécurité des batteries des véhicules électriques. Ils peuvent également s’intégrer dans les objets connectés et l’électronique grand public pour mesurer la pollution ou analyser des odeurs.
Dans l’industrie, ils assurent une détection précoce des fuites de gaz, optimisent la maintenance prédictive et renforcent la sécurité des installations et des salariés.
Le cœur de l’innovation de Nanoz est un capteur nanogaz sélectif basé sur la technologie MOx (Metal Oxide Semiconductor), mis au point avec l’Institut Matériaux Microélectronique Nanosciences de Provence (IM2NP – CNRS / Aix-Marseille Université). La société se distingue en associant ces capteurs à l’intelligence artificielle et à des bases de données propriétaires, ce qui permet d’identifier avec une grande précision des signatures olfactives complexes. Protégée par un brevet mondial exclusif du CNRS, cette technologie offre une fiabilité durable sans nécessiter de recalibration.
« La plupart des capteurs de gaz miniaturisés perdent en précision lorsqu’ils sont réduits en taille. Nous avons réussi à résoudre ce défi technologique en développant des capteurs MOx à la fois miniaturisés et sélectifs », explique Thibaud Sellam, fondateur et CEO de Nanoz. « Associée à l’intelligence artificielle et à nos bases de données propriétaires, cette technologie permet également de reconnaître des signatures d’odeurs ou des biomarqueurs liés à certaines maladies, ouvrant la voie à de nouvelles applications dans la santé, l’industrie ou l’analyse de la qualité de l’air », ajoute-t-il.
Gilles Carvoyeur