11 août 2026
Les animaux sont utilisés pour entretenir les espaces naturels et limiter le recours aux moyens mécaniques
Des moutons dans des espaces verts, des ânes au pied des massifs forestiers ou sur des parcelles communales : dans les Alpes-Maritimes, les animaux sont utilisés par plusieurs collectivités pour entretenir la végétation. Une pratique qui relève à la fois de l’éco-pâturage et, sur certains secteurs, de la prévention du risque incendie.
À Cannes, à Antibes ou encore à Villeneuve-Loubet, cette méthode permet de limiter le recours aux engins mécaniques sur certaines parcelles. Dans les espaces naturels, le pâturage peut également contribuer à maintenir une végétation moins dense, et donc limiter les risques d’incendie.
À Cannes, l’expérience remonte à 2015. La Ville avait alors lancé une opération de débroussaillement par pâturage dans le parc naturel forestier de la Croix-des-Gardes, avec deux ânes suivis par l’association Anestérel. Le pâturage devait intervenir en complément du débroussaillement mécanique, notamment pour s’occuper des repousses après les opérations réalisées par les services. Le dispositif s’est inscrit dans la durée. En 2025, Cannes indiquait que trois ânes « débroussailleurs » étaient régulièrement déployés dans le massif de la Croix-des-Gardes pour réaliser de l’éco-pâturage et contribuer à la lutte contre le risque incendie. La Ville compte près de 300 hectares de zones boisées, réparties entre les massifs de la Californie et de la Croix-des-Gardes ainsi que les îles de Lérins. Elle mène parallèlement des opérations classiques de débroussaillement sur ses terrains communaux. Le rôle des ânes reste évidemment complémentaire. Dès la mise en place de l’expérimentation, la Ville précisait que les animaux ne pouvaient pas intervenir dans les secteurs les plus boisés et envahis par le mimosa, mais pouvaient contribuer à l’entretien des repousses après les travaux mécaniques.
À Antibes, l’utilisation des équidés concerne également l’entretien des espaces verts. La Ville a développé un partenariat avec l’association Defend Horse, qui recueille des chevaux et des ânes maltraités ou en fin de vie. La commune met à disposition de l’association certains terrains ainsi que le matériel nécessaire afin que les animaux puissent y pâturer. La municipalité présente cette pratique comme un moyen d’assurer un entretien naturel de ces parcelles. Cette pratique est complétée par de l’éco-pâturage ovin. La Ville indique ainsi entretenir quatre terrains grâce à un troupeau de moutons, notamment afin d’éviter certaines interventions mécaniques. Les animaux sont notamment installés dans le bassin de rétention du pôle d’échange d’Antibes et à l’arrière de l’école Jean Moulin.
Ici, l’objectif est avant tout celui de la gestion des espaces verts.
À Villeneuve-Loubet, les ânes sont utilisés régulièrement pour certains débroussaillages. La commune indique travailler avec l’association Anestérel pour l’entretien de certaines parcelles communales. La présence d’équidés doit permettre de limiter le recours aux moyens mécaniques. En règle générale les ânes de l’association Anestérel sont présents de mai à septembre. Douguy, Désiré, Fanfan et Grisou pâturent sur différents sites de la commune afin de participer au débroussaillage naturel des parcelles. La municipalité indique que cette méthode permet notamment d’intervenir dans des secteurs plus difficiles d’accès pour les services techniques. La pratique est présentée comme une composante de la politique environnementale de la commune, aux côtés de la fauche tardive, de la réduction des produits phytosanitaires et d’autres actions en faveur de la biodiversité.
À Menton, l’éco-pâturage est notamment utilisé au parc du Pian, à Garavan. Cette oliveraie de trois hectares, qui compte plusieurs centaines d’oliviers, accueille chaque printemps des troupeaux de moutons. La Ville présente cette pratique comme un mode d’entretien écologique du site. Le pâturage s’inscrit dans la gestion de cette ancienne oliveraie aménagée en restanques, aujourd’hui ouverte au public.
Dans les Alpes-Maritimes, le Département a intègré le pastoralisme à sa politique de gestion des espaces naturels et de prévention des incendies. Le service FORCE 06 réalise notamment chaque année des opérations de brûlage dirigé dont l’objectif est double : diminuer le risque incendie et préparer des alpages de qualité pour les éleveurs et leurs troupeaux. Ces opérations sont menées avec plusieurs partenaires, dont les communes, la Chambre d’agriculture, la DDTM, l’ONF, l’OFB et le CERPAM. Le principe ensuite est de faire pâturer des animaux sur des secteurs où la végétation doit être contenue. En consommant une partie de la strate herbacée et arbustive, les troupeaux contribuent à réduire la quantité de combustible disponible pour le feu. Le pâturage ne remplace toutefois pas le débroussaillement mécanique ou manuel : il peut en revanche en espacer les interventions. Au Plan des Noves, à Vence, le Département des Alpes-Maritimes a par exemple conclu une convention pluriannuelle de pâturage avec le GAEC Mont d’Azur, portant sur des terrains départementaux situés dans ce parc naturel. Le pastoralisme contribue à limiter la fermeture des milieux, à préserver la biodiversité et à réduire le risque incendie. La convention court sur la période 2024-2029.
Valérie Noriega