La belle rétrospective Victor Brauner en principauté de Monaco


Culture


21 août 2026

Très bel hommage rendu à Victor Brauner par le Nouveau Musée National de Monaco.

Il n’aura pas échappé aux amateurs l’hommage rendu à Victor Brauner par le Nouveau Musée National de Monaco. Cette aventure se termine le 3 janvier prochain, dans ce lieu magique qui surplombe le Rocher et qu’on appelle aussi la Villa Paloma. L’exposition de l’été !

C’est la première fois, dit-on, qu’est révélée cette collection privée établie à Monaco, tout à fait exceptionnelle car elle couvre l’ensemble de la production de l’artiste, des années 20 aux années 60.
En tout cent soixante œuvres - des esquisses, des dessins, des gravures, des peintures, des sculptures - accompagnées d’une dizaine d’objets d’art que l’homme collectionnait, provenant de civilisations archaïques et des mythologies les plus variées, prêtées par le Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole. Il fallait bien cela pour dévoiler dans son entier une personnalité hors du commun qui est parvenue à se faire un nom au niveau international à partir de sa Roumanie natale.
L’œuvre de Victor Brauner est unique et originale. Fantasmagorique et énigmatique aussi : on s’en rendra compte immédiatement. Chaque dessin, chaque peinture est une signature, empreinte de mystère, d’humour, un laboratoire visuel de métamorphoses, « passant de l’autobiographie au mystère pour tendre à l’universalité » comme l’écrit la commissaire de l’exposition Camille Morando. On ne peut que la croire, elle est une sommité en la matière, qui a consacré plus de vingt ans de recherches à cet artiste. D’ailleurs on regardera l’œuvre de Brauner avec un œil d’autant plus neuf qu’elle dépasse le surréalisme. Est-ce la raison pour laquelle il a été exclu de ce mouvement ?
Le profane admirera la finesse du dessin, la délicatesse des couleurs, restera interdit devant ce bestiaire réinventé, en se demandant dans quels rêves l’artiste aura pu puiser cette source d’invention perpétuelle, ces figures imbriquées les unes dans les autres, ces formes qui sortent de l’inconscient collectif, monde animal, monde humain. Avec un style qui se simplifie au fur et à mesure des années, tendant vers la planéité des figures, finement incisées, et subtilement diluées par la cire, un art qu’il maîtrise totalement.


Marie Lesimple