Le refuge des Merveilles va être entièrement rénové dans le Mercantour


Economie


17 août 2026

Les travaux devraient débuter au printemps 2027. La réouverture du nouveau bâtiment est prévue pour 2029.

Installé à 2 130 mètres d’altitude, au cœur du parc national du Mercantour, le refuge des Merveilles doit être profondément transformé. Les travaux, estimés à 3,5 millions d’euros, pourraient débuter à l’été 2027. La réouverture est prévue en 2029.

Perché au bord du lac des Merveilles, le refuge va bientôt changer de visage. Situé à l’entrée de la célèbre vallée des Merveilles, dans la commune de Tende (Alpes-Maritimes), le bâtiment doit faire l’objet d’une rénovation complète portée par la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM).
Le projet prévoit notamment de conserver le bâtiment historique tout en harmonisant les différentes parties construites au fil du temps. Le refuge actuel est composé de trois volumes, datant de 1913, 1970 et 2000. Les façades en pierre de la partie la plus ancienne seront conservées, tandis que les extensions seront habillées de bois. Les toitures, aujourd’hui discontinues, seront également unifiées pour améliorer l’intégration du bâtiment dans le paysage.

Un refuge devenu inadapté

Construit en 1913 pour héberger les ouvriers travaillant sur le barrage du lac, le bâtiment a ensuite connu plusieurs vies. Il a notamment servi de caserne à des soldats italiens pendant la Seconde Guerre mondiale, avant d’être cédé au Club alpin français en 1949.
Aujourd’hui, le refuge accueille environ 8 000 nuitées par an. Mais ses équipements et son organisation ne sont plus adaptés à sa fréquentation. La FFCAM estime également que le bâtiment n’est plus aux normes et que son architecture s’intègre mal dans ce site classé. Le nouveau projet doit permettre de conserver la capacité d’accueil actuelle tout en réorganisant complètement les espaces intérieurs.

Sept dortoirs et davantage d’espace pour les randonneurs

L’aile ouest, orientée vers le lac et la vallée des Merveilles, accueillera les principaux espaces collectifs. La salle commune sera ouverte sur le paysage grâce à de larges baies vitrées, avec une vue notamment sur le lac et le mont Bégo. La cuisine sera réorganisée et bénéficiera de réserves attenantes. À l’entrée, un espace d’accueil sera associé à un vestiaire-séchoir pouvant également servir de local hors-sac.
À l’étage, les randonneurs disposeront de sept dortoirs de six à 22 places. Les sanitaires seront également regroupés à ce niveau.

Moins d’eau et d’énergie consommées

La rénovation doit aussi rendre le refuge plus sobre. Les douches seront supprimées et remplacées par des cabines-lavabos. Selon la FFCAM, ce choix doit permettre de réduire les besoins en eau et en énergie ainsi que la quantité d’eaux grises à traiter. Des toilettes sèches seront installées au rez-de-jardin, également accessibles au public de passage. Pour la production d’énergie, le futur refuge sera équipé de panneaux photovoltaïques et thermiques. Une chaudière à bois doit également être installée afin de permettre le fonctionnement du bâtiment en hiver, période durant laquelle le refuge pourra être gardé pour les activités de neige.

Un chantier à 3,5 millions d’euros

Le coût prévisionnel de l’opération est estimé à 3,5 millions d’euros, en incluant les études, les travaux et l’héliportage des matériaux. Si le calendrier se confirme, le refuge cessera d’accueillir du public à partir de la fin du printemps 2027. Les travaux doivent commencer au début de l’été et la réouverture du nouveau bâtiment est annoncée pour 2029. Ce calendrier reste toutefois conditionné à l’obtention des autorisations administratives, à la disponibilité des entreprises et aux subventions nécessaires. Le chantier devra également tenir compte de la particularité du site. Le refuge se trouve à proximité immédiate de la vallée des Merveilles, un site archéologique classé qui abrite près de 100 000 gravures rupestres datant notamment du Néolithique et de l’âge du Bronze. Le projet architectural a ainsi été travaillé avec les Architectes des bâtiments de France et le parc national du Mercantour.

Projection du nouveau bâtiment © Nicola Spinetto Architectes


Valérie Noriega